Rue du lion. De commerce informel à la clochardisation
Par Y.Zahachi
Depuis les années 70, le commerce informel a envahi tous les espaces publics de Mostaganem. Escaliers, trottoirs, places, squares, entrées d'immeubles, rien n'échappe à cette prolifération sauvage. Ce phénomène, qui s'est étendu aux villages alentour, entrave la circulation des piétons et des véhicules, et crée un sentiment d'insécurité chez les habitants. Rappelons quand même que durant cette période, l’ancienne poissonnerie officielle de la ville a été convertie en marché couvert pour articles d'habillement. Depuis, cet espace a évolué dans la densité et la proximité au point d’être devenu exigu le rendant difficile d’accès et étouffant pour le visiteur; curieusement, cette situation insupportable se retrouve également au niveau de l’ancien «Garage Peugeot», appelé improprement «l’hangar». Pour en revenir à la «rue du Lion» qui a gagné le statut de pionnière du commerce informel de rue, en commençant son développement par l’installation de nombreux «bijoutiers de table». Avec le temps et l’insouciance de la municipalité, cette rue s’est prolongée en long et en large jusqu’à devenir une véritable gangrène au cœur d’un tissu urbain constituant un goulot d’étranglement de la circulation générale :piétons et véhicules. Au menu de chaque jour, c’est aussi une gêne pour les riverains, une dégradation du cadre de vie, une entrave au développement économique et touristique de la ville avec des conséquences imprévisibles pouvant être désastreuses (risque d'incendie, d'épidémie...) avec un impact sur l’environnement (déchets, pollutions…). En effet, le cas d’espèce de la rue du Lion et de ses environs donne à penser que la municipalité feint ignorer, c’est que Mostaganem est une ville résidentielle caractérisée par une voirie de petit gabarit et un habitat ne supportant pas toute occupation disproportionnée de ses espaces primaires. Le chômage grandissant d’une jeunesse de plus en plus importante est l’un des facteurs aggravant de la colonisation des voies de circulation réservée et c’est un problème inquiétant, source d’inquiétudes grandissantes pour la population autochtone. Les commerçants informels, profitant d'un laxisme persistant, étendent leurs activités sur les voies publiques, créant un véritable chaos urbain. Les tentatives pour libérer ces espaces ont toutes échoué, et l'informel s'est même organisé en véritables "clusters", renforçant ainsi sa présence un peu partout, comme au quartier de «Tigditt», par exemple. Cette situation empire de jour en jour et interpelle les pouvoirs publics à faire un «audit du développement urbain» sérieux pour envisager un plan d’assainissement et de réhabilitation de la ville qui tienne compte des perspectives de son développement futur. Il est établi que la croissance de la population suit une courbe exponentielle et, sur cette base ainsi que celle du constat immédiat, les autorités locales gagneraient à plancher rapidement sur un plan rationnel d’assainissement et de réhabilitation fonctionnelle des rues, ruelles et espaces publics des tissus urbains. Les tentatives pour libérer les espaces publics ont échoué, et l'informel continue de prospérer, notamment dans des zones stratégiques comme «la rue du Lion» et les «anciens garages» transformés en centres commerciaux. Au cœur de la ville, les trottoirs sont occupés par des commerces illégaux, même les escaliers de l’immeuble «Colisée» et des environs du «marché couvert» sont envahis par des vendeurs ambulants, ainsi que les abribus de la place du 17 octobre, ou encore la billetterie et la vespasienne, ont été transformées en kiosques. La situation est particulièrement critique dans certains quartiers, comme la "rue du Lion», la zone des 3 ponts, et les anciens garages qui se sont transformés en centres commerciaux «formels» induisant de nombreux petits commerces ''informels", s’étendant jusqu’à l’avenue Mohamed Khemisti . Ailleurs, des escaliers et trottoirs (sous le pont du 17 octobre, face à l'îlot de police) sont occupés par du commerce «informel en dur», par des herboristes et autres vendeurs de fruits alors que les anciens abris-bus sont devenus des kiosques. De toutes les manières, il faudra bien, tôt ou tard, rendre les espaces publics à leur destination légitime et il vaut mieux y aller maintenant, pendant qu’il est encore temps. Cette situation chaotique, rappelle les quartiers pauvres des grandes métropoles, serait le résultat d'une gestion défaillante de la ville. Le problème est que l’informel a pris une telle ampleur qu’il étouffe la ville de manière insidieuse. Les conséquences à prendre en considération sont l’entrave à la circulation, l’insécurité, et la dégradation de l’image de la ville. Les habitants, exaspérés, pointent du doigt la gestion défaillante de la ville et réclament un plan d'assainissement urbain audacieux capable de redonner à leur ville un visage plus agréable et plus sûr, d’autant plus que Mostaganem est devenue un pôle touristique. Mais pas que, car les habitants estiment qu’il est nécessaire de faire assurer la ville contre sa clochardisation, par l’omniprésence d’une police municipale aux ordres du premier élu de la commune faute de quoi, tous efforts entrepris seraient vains. Enfin, il faut dire que les habitants estiment que Mostaganem a urgemment besoin d'un plan d'assainissement urbain pour rétablir l'ordre et redonner à la ville son attrait.
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Oiseaux migrateurs. Des espèces menacées de disparition
Par L.Benharrath
Beaucoup d'espèces d'oiseaux migrateurs ont été, lors de ces dernières années, en voie de disparition au niveau des zones humides et barrages et autres retenues collinaires. Cette menace de disparition de ces espèces d'oiseaux habitués de ces endroits propices à leur vie durant les saisons automnale et hivernale voire également printanière serait, selon des spécialistes de la nature, due au manque de pluie et au changement climatique ainsi qu'à leur régime alimentaire recherché. Il est de même que cette disparition qui fut constatée depuis belle lurette a été également causée par la déstabilisation du climat et leur mode de vie lors de ces saisons de l'année suscitée. Pour ce qui est des zones humides dont celle d'EL MACTAA où ces espèces appelées Anatidés comme le Flamant rose, les canards col vert, les oies, les cygnes ainsi qu'autres espèces apparentées pouvant s'appeler à la fois fuligule à collier et Mosilla à bec cerclé. Ces mêmes espèces nichent en eau douce à la recherche des vers et des petits herbivores stricts qui resteraient désormais leur régime alimentaire et leur nourriture préférés. Malheureusement, ce régime et cette nourriture furent perdus de vue dans ces endroits lors de ces dernières années, et ce, à cause du phénomène de la montée en surface de la salinité laissant ces mêmes endroits humides asséchés et manquant d'eau. Ce phénomène de disparition d'oiseaux migrateurs avait également concerné d'autres espèces d'oiseaux migrateurs dont on peut citer la Cigogne, le chardonneret, le rouge gorge, la grive, entre autres. Ainsi donc, ces espèces d'oiseaux fréquentaient autrefois en de grands nombres venant des pays d'outre-mer en colonies en quête d'endroits propices notamment ceux situés dans la région du Dahra. Lors de chaque saison de l'hiver et du Printemps, leur nombre se multipliait pour redonner d'une manière magnifique un nouveau paysage naturel au niveau de ces endroits de la région du Dahra avant de diminuer progressivement lors de chaque saison pour disparaître de la vue en raison du manque de la pluviométrie, de la sécheresse et du manque de leur nourriture spéciale.
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Niché au bord de la falaise surplombant le Port. L’ancien phare de Mostaganem
Par Y.Benguettat
D’après Etienne Vernaz, dans son livre intitulé «le Vieux Mostaganem», nous donne des indications sur sa position géographique et en apportant une autre précision que cet édifice était une Mosquée. Quelques années après le début de la colonisation, elle a été transformée en fortin de la marine puis en phare et se trouve dans le quartier de la Marine niché au bord de la falaise surplombant le Port. Voici ce qu’il dit (Page 16) : "on assurait en même temps la communication de la ville avec la plage de débarquement située à l’embouchure du ruisseau d’Aïn Sefra, par la construction d’une redoute dite redoute de la plaine des trois petits blockhaus échelonnés le long de la route. De plus, une ancienne Mosquée située sur un mamelon dominant la plage était organisée défensivement et entourée d’un mur d’enceinte destiné à former le fortin de la marine. Le deuxième livre, celui de Marcel Bodin, est très riche en informations avec des dates précises qui nous permettent de faire ressortir en partie l’historique du lieu qui a abrité Sidi Maazouz. Ce lieu qui est devenu indélébile dans la mémoire collective des habitants de la ville. Alors commençons par une visite guidée à travers le temps pour connaître son historique et revisiter la mémoire des lieux de ce site oublié. Lors de l’occupation de Mostaganem par le général Desmishels, en 1833 en ce lieu-dit : la butte de Sidi Maazouz, il y a eu un haut fait d’armes par L’Emir Abdelkader sur les attaques incessantes contre les troupes françaises, d’une compagnie du 66e de ligne qui été retranchée dans la quobba. Sans donner des détails exacts sur ce sujet. Ce qui est évidemment, pour des raisons que l’on connaît et facile à comprendre et à déduire, qui sont ces Arabes. C’est après ces attaques que la décision d’occuper les lieux- dits : « La butte de Sidi Maazouz. » L’endroit convenant à l’installation d’un poste de défense, on y construisit un fortin en utilisant l’enceinte de la quobba. Jusqu’en 1870, un détachement de tirailleurs, commandé par un officier, occupa ce poste. A partir de cette date le projet de la réalisation d’un port à Mostaganem nécessitant plus d’espace, une autre décision fut adoptée pour le concrétiser, qui consistait au dérasement de la majeure partie du monticule occupé par le fortin, constitué de la quobba- mosquée et le cimetière y attenant. Toutes les tombes ont été exhumées et les restes déplacés au cimetière de Sidi Bensaber à Tidjditt. Voilà la mémoire d’un lieu aussi vénéré et visité, disparaître à jamais sans que l’on puisse connaître ce qu’il constituait avec exactitude comme patrimoine cultuel ainsi que les datations exactes de tout ce qui se trouvait sous-sol et hors sol. Le reste de l’écrit de Marcel Bodin n’est que littérature et n’apporte en rien à la chronologie historique de cette histoire. Autre document édité par Claude Marcellin. Algérie – Tournée de Son Excellence le Gouverneur duc de Magenta dans les provinces. Visite du fortin-asile de la marine à Mostaganem. Le maréchal de Mac-Mahon, Duc de Magenta, fut gouverneur général de l’Algérie de 1864 à 1870. Document retrouvé dans le premier tome : dans les mémoires du général du Barail. La réalité sur sa construction primaire utilisée comme mosquée est tout autre, son explication est simple : tout édifice avec un minaret pour le colonisateur français, c’est une mosquée et cataloguée comme telle. Or Il s’agit d’une construction datant de l’époque Turc utilisé comme poste de guet et en même temps, donner la position de Mostaganem en allumant un fagot de bois pour être visible de la mer étant donné qu’il existait à cette époque plusieurs minarets disséminés le long de la côte. Par la suite, il est devenu un poste de transmission par miroir, qui renvoyait le rayon solaire vers un autre poste sur la côte ou en mer. La particularité de ce poste avancé, il servait comme point fixe et repérable de très loin en mer ou sur terre. Donc dès le début de la colonisation, cette construction appelée à tort une mosquée a été transformée et incorporée au fortin de la marine. Par la suite, ce fortin a été rasé pour laisser de la place à d’autres constructions d’utilité publique en gardant la structure de ce poste de guet construit du temps des Turcs, en le modifiant pour devenir un phare qui se trouve dans le quartier de la Marine niché au bord de la falaise surplombant le Port.