Mostaganem. Le soulèvement du 11 Décembre 1960 a mûri la révolution armée

La mémoire révolutionnaire de Mostaganem est jalonnée de dates tragiques qui font la trame d’une lutte héroïque contre un colonialisme sanguinaire. Comme dans toute les villes et villages d’Algérie, le 11 Décembre 1960 fut une journée d’un soulèvement populaire, commandité par le Front de Libération Nationale (FLN). Une journée où le peuple a occupé la rue pour contester contre la répression mais c’était une journée endeuillée par des drames et du sang versé. En effet, pour la liberté et l’indépendance, aucun marchandage ne fut possible pour le plan de l’Algérie française. Une date qui allait marquer un tournant décisif pour l’avenir d’un peuple qui par son soulèvement contre l’occupant français a mûri la révolution armée. Ce dimanche 11 décembre 1960 et conformément au mot d’ordre lancé, d’Est en Ouest comme au Sud et sur les hauts plateaux, des manifestations massives démontreront au monde entier, ce dimanche 11 Décembre 1960, le déni de l’image coloniale et les tueries qui en sont la pratique. À Mostaganem, à partir du quartier populaire de Tigditt, voire de son centre ‘’Souika‘’, cette matinée voit, très tôt, la masse de gens anonymes émerger, marchant vers une destination dictée par les militants du FLN. Compacte, peu bruyante, avec un pas rapide et sûr, elle remonte ‘’Qadousse el meddah’’, la grande et unique voie qui relie Tigditt au centre de la ville, en longeant l’oued Ain Sefra. La foule avance et débouche sur la place Gambetta, à l’orée du quartier habité par les Français. Aussitôt, les forces colonialistes se lancent dans une chasse féroce sur ces ouvriers sans travail, ces paysans sans terre, ces citadins sans espoir et ces enfants sans avenir. La population de la ville musulmane ‘’Tigditt’’ a bien répondu à l'appel du 11 Décembre pour un irrésistible souffle de la liberté, donnant à l'occupant une leçon magistrale. Selon certains témoignages, c'était par un jour nuageux où les drapeaux algériens ont été brandis bien haut et les manifestants défiant le danger, encouragés, au passage, par les youyous stridents des femmes. Le passage du cortège à travers les SAS de l'armée française était à redouter, sous l'œil barbare des officiers Casanova et Gandolfo. Le barrage suivant a été franchi au niveau de Bab Medjaher jusqu'à l'arrivée au centre-ville où commençait une répression farouche de l'armée française, la police, les colons, les pieds noirs contre des manifestants. Des tirs de bombes lacrymogènes et usage d'armes à feu. Cet épisode mémorable de la guerre de libération était le symbole du sacrifice où certains sont tombés sous les balles de la police française et de celles de l’OAS.


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