Le ministre de l'Industrie à Sidi Bel-Abbès. Le sursaut industriel sous l’égide de la performance et de l’intégration

La wilaya de Sidi Bel-Abbès, berceau historique de la technologie et du machinisme agricole en Algérie, a été ce jeudi le théâtre d’une visite de terrain capitale menée par le ministre de l’Industrie, Monsieur Yahia Bachir. Accompagné du premier responsable de l'exécutif, Kamel Hadji, du président de l’APW et des autorités locales, le ministre a tracé les contours d’une nouvelle doctrine économique, celle d’une industrie non plus de simple assemblage mais de création de valeur souveraine. Le périple ministériel a débuté par l’examen de l’extension de la zone industrielle de Sidi Bel-Abbès. Avec une enveloppe de 1,508 milliard de dinars pour 54,75 hectares, ce projet n’est pas qu’une simple extension foncière; il est le socle d’un futur pôle d’investissement. Le ministre a été péremptoire: l’accès au foncier industriel doit être conditionné par la valeur ajoutée. Il ne s’agit plus d’occuper l’espace, mais de densifier le tissu économique par des projets capables de générer une croissance endogène et des emplois durables. L’étape chez «Sonalika Famag» a illustré la résilience du secteur. Après une éclipse de six ans, la reprise de la production de tracteurs en 2025 marque un tournant. Avec une ambition de 5.000 unités d’ici la fin de l’année, l’enjeu est désormais celui de l’intégration. Le responsable du secteur de l'industrie, Yahia Bachir, a fixé un cap ambitieux, à savoir atteindre un taux d’intégration de 70 % sous cinq ans. Cette exigence vise à transformer l'industrie algérienne en un acteur compétitif, capable de se projeter vers les marchés continentaux, notamment la zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAF). Cette vision a trouvé un écho retentissant au sein du Complexe de Machinisme Agricole (CMA). Véritable fleuron de l’industrie nationale, le complexe affiche déjà un taux d’intégration remarquable de 71 %. Le partenariat avec le finlandais Sampo prouve que le transfert technologique, lorsqu'il est maîtrisé, permet de produire des équipements de pointe tels que les moissonneuses-batteuses à réglage automatique, répondant aux standards internationaux. Au cœur de l’Entreprise Nationale des Industries Électroniques (ENIE), le ministre a pu constater la diversification stratégique de l’entité. Des panneaux photovoltaïques aux terminaux de paiement électronique (TPE), l’ENIE se positionne sur les segments d’avenir. Ici encore, la consigne est claire: l’excellence technologique doit passer par des partenariats de haut niveau et une montée en charge de l’intégration locale (visant 60 à 70 % pour les solutions monétiques). Tout au long de cette visite, le discours du premier responsable du secteur de l'industrie, Yahia Bachir, a convergé vers une idée force, la fin du modèle rentier au profit d’une base industrielle durable. L’appel à la formation continue des cadres et à l'adoption des technologies de l'industrie 4.0 souligne une volonté de hisser le «Made in Algeria» au rang de label de qualité. Le ministre a réaffirmé, en conclusion de sa visite, le soutien indéfectible de l’État aux opérateurs audacieux. La présence de Kamel Hadji et des autorités locales témoigne de la cohésion entre les orientations centrales et l’exécution territoriale. Sidi Bel-Abbès, par son expertise et ses infrastructures, s'affirme plus que jamais comme le poumon industriel de l'Ouest algérien, prêt à relever le défi de la diversification économique.


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