Le Liban abandonné à son sort

Complètement enclavé par le puissant frère syrien ainsi que par l’agressif voisin sioniste, le Liban, et à l’instar de ses voisins arabes, est un pur produit des très secrets arrangements de Sykes-Bicot entre la Grande Bretagne et la France, en vue de se partager le legs ottoman des Turcs. Et bien sûr, préparer l’avènement spectaculaire de l’Entité sioniste dont l’on avait déjà décidé son implantation dans ce coin chaud du monde arabe. Le Liban a été instauré par la France, avec ses frontières, en vue de servir, d’ailleurs comme le cas de la Jordanie, d’Etat tampon entre les pays arabes et l’Entité sioniste. D’ailleurs, c’est l‘unique pays avec ensuite l’Irak où sévissait «une démocratie des quotas», c'est-à-dire toutes les communautés confessionnelles du pays – je crois au nombre de 17 communautés- représentées dans le gouvernement ou dans le parlement selon la puissance démographique de chacune d’elles. Cette représentativité était mauvaise pour une raison quand par exemple un chrétien est plus chrétien que libanais et idem pour les autres. Ici, le Liban n’est plus une patrie, mais une sorte de société industrielle par actions où les plus forts, ce sont ceux qui possèdent les plus gros des actions. Un destin géographique aurait voulu que le pays du cèdre devienne adjacent à l’Entité sioniste et pour des raisons sécuritaires de ce dernier, le Liban a été conçu – avec intention- pour être et rester un Etat faible. Après la grande Nekba et les replis de milliers de Palestiniens vers le Liban qui est devenu une base de repli pour les résistants palestiniens et leurs frères libanais de différentes confessions, ce choix aurait fait du Liban un pays cible pour le gouvernement sioniste. Cette situation va, justement, s’aggraver avec l’émergence de Hezbollah, un parti politique militarisé, d’obédience chiite, s’affichant comme une formation de résistance politico-militaire face à Israël. Jusqu’à là, c’est parfait et aucun inconvénient ne paraissait sur la toile. Cependant, cette redoutable force de résistance avait un «péché mignon», c’est d’être complètement inféodée à une puissance étrangère. Dire cela autrement, le Hezbollah est une force sur place dont la mission principale est de concrétiser sur le tas, la volonté et les ambitions d’une puissance étrangère. Cette double allégeance aurait mis le Hezbollah dans un sérieux dilemme. La politique du gouvernement libanais ne s’accordait forcement pas toujours avec celle de l’Iran. Pas mal de Libanais, notamment la communauté chiite, quelques sunnites et encore peu de chrétiens, voyaient dans cette organisation paramilitaire «salvatrice», un rempart contre les agressions sionistes. Avec l’actuelle guerre américano-sioniste contre l’Iran, les choses avaient pris une autre tournure que l’on n’avait jamais vue auparavant. Et ainsi, ce petit pays sans défense a été abandonné à son sort.


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