Nouvelle feuille de route en faveur de la classe moyenne en Algérie. 22 mesures pour la protection du pouvoir d’achat

Comment vit la classe moyenne en Algérie? Comment préserver son pouvoir d’achat? Les ménages algériens attendent un soutien économique de quoi faire face aux impondérables. Durant le Ramadhan dernier, le marché local a vécu une certaine flambée des prix des fruits et légumes ainsi que des viandes rouges et blanches, avant que l’Etat ne décide de faire appel aux importations et au soutien des agriculteurs. Lors de l’Aïd El Fitr, les prix des carottes, navets et autres tomates, pour ne citer que ces légumes, ont atteint des sommets inquiétants. Les premiers produits cités ont été cédés à 150 DA le kilo. Dame tomate n’est guère descendue au dessous de 200 DA le kilo avec en plus, une instabilité des prix des viandes de volaille proposée entre 450 et 480 DA le kilo et ce, malgré l’abondance de l’offre. Comment se défaire de telles «pratiques» qui ont la peau dure à chaque échéance sacrée? Il est vrai que les solutions économiques sont légion mais il est quasi certain que le contrôle économique et le volet social continuent de dominer ces solutions. De nouvelles mesures sont édictées après le plan d’action du gouvernement pour le Ramadhan 2026, dans un contexte d’ébullition du front social, du reste impacté par les hausses des prix vertigineuses et du commerce informel, même si dans le fond, ces mesures ne prévoient pas une réduction des coûts de l’énergie fortement dépendante de la conjoncture économique et des aléas internationaux. Des mesures donc qui favorisent une hausse des salaires et des primes ainsi que des allègements et des exonérations d’ordre fiscal, en plus des revalorisations ciblées. Il est une mesure qui suscite un engouement assez particulier car il s’agit de la suppression de l’impôt sur le revenu modeste pour le travailleur, touchant moins de 30.000 DA par mois. Cependant, est-elle la seule? Tout compte fait, dans une période marquée par des ajustements économiques progressifs et une volonté affichée de consolidation sociale, les autorités publiques décortiquent un «Plan Marshall» pour la classe moyenne algérienne afin de la prémunir des flambées. Le document du ministère des Finances met en avant une série d’actions. Ces dernières sont inédites tant elles allient hausse des revenus, allégements fiscaux, soutien social massif et relance de l’investissement. Une configuration globale des équilibres socioéconomiques est ainsi préconisée avec un penchant sur la protection du pouvoir d’achat et la revitalisation du marché de l’emploi. Une stratégie qui s’appuie sur 22 mesures structurantes, présentées dans une correspondance officielle du ministre des Finances, Abdelkrim Bouzerd. Le document a été adressé à un député de l’Assemblée populaire nationale. Selon la correspondance du ministère des Finances, la démarche engagée repose sur un ensemble de mesures immédiates et de réformes structurelles couvrant les salaires, la fiscalité, le soutien public, l’investissement et le logement. Le dispositif présenté met l’accent sur l’amélioration du revenu disponible des ménages. Plusieurs mesures sont détaillées dans la correspondance officielle: Révision de la grille des salaires dans la fonction publique, amélioration des régimes indemnitaires, revalorisation des pensions et allocations de retraite, augmentation progressive du salaire national minimum garanti, fixé à 24.000 dinars, exonération de l’impôt sur le revenu global pour les salaires inférieurs à 30.000 dinars, révision de la grille indiciaire des salaires et revalorisation de diverses primes et indemnités, touchant plus de deux millions de fonctionnaires. Selon le document, ces mesures auraient un effet direct sur le revenu net d’une large partie des travailleurs, à travers des ajustements fiscaux et salariaux combinés. La correspondance du ministère des Finances insiste également sur le maintien d’un modèle social étendu, appuyé par un niveau élevé de transferts publics. Pour l’exercice 2026, le texte évoque une enveloppe globale de 6.000 milliards de dinars destinée aux dépenses de transferts, représentant plus d’un tiers du budget de l’État. Ces crédits incluent notamment 2.284 milliards de dinars en transferts directs aux personnes, 420 milliards de dinars pour l’allocation chômage destinée à plus de deux millions de bénéficiaires, 424 milliards de dinars pour les pensions de retraite, 657 milliards de dinars pour le soutien aux produits de large consommation (céréales, lait, eau, énergie, sucre, huile, café). Le document précise également le maintien de la gratuité de l’éducation et de la santé. Dans le même cadre, les autorités indiquent le renforcement des mécanismes de contrôle des marchés afin de limiter les pratiques spéculatives et d’assurer une meilleure régulation de l’approvisionnement. La stratégie présentée accorde une place centrale à la relance de l’investissement et à la diversification de l’économie. Le texte mentionne plusieurs axes. La mise en place d’incitations fiscales et douanières pour les projets productifs, l'application du nouveau cadre légal de l’investissement avec des avantages pour les projets à portée nationale, la simplification des procédures administratives via le guichet unique, le soutien aux PME et aux start-up et la réorganisation des dispositifs de soutien à l’emploi et au renforcement de la formation professionnelle. Sur le plan social, les programmes de logement destinés à la classe moyenne restent maintenus notamment via les formules aidées, avec un accès facilité au crédit immobilier par les banques publiques.


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