Le Carrefour de Mostaganem

Forte mobilisation au CHU. Les équipements toujours insuffisants

Par Y. Zahachi

A l’occasion de la Journée mondiale du rein, le Centre hospitalo-universitaire de Mostaganem «Dr Bensmaine Boumediène», à travers son service de néphrologie, a organisé, une journée de sensibilisation placée sous le slogan: «La santé rénale pour tous: de la prévention au dépistage et une prise en charge équitable». L’événement s’est tenu les 29 et 30 mars 2026 au sein du CHU, mobilisant un large dispositif médical et paramédical. Médecins, infirmiers, techniciens de santé et personnels de soutien ont été déployés, sous la supervision du professeur en néphrologie: Dr. Djenane Ahmed. Au programme: des consultations et examens médicaux gratuits, permettant aux citoyens de bénéficier d’un dépistage précoce et de conseils spécialisés. Malgré des conditions météorologiques peu favorables, marquées par des vents soutenus, plus d’une centaine de personnes ont répondu à l’appel. Sur place, l’organisation a été jugée rigoureuse et l’accueil particulièrement soigné. Les prestations offertes ont été saluées pour leur qualité, confirmant l’engagement du personnel médical en faveur d’une meilleure prévention des maladies rénales. Cependant, cette initiative a également mis en lumière certaines insuffisances matérielles. Le service d’hémodialyse fait face à un manque notable d’équipements essentiels notamment un générateur de filtration rénale et un échographe, indispensables pour une prise en charge optimale des patients. Dans ce contexte, les autorités locales sont interpellées afin de renforcer les moyens du service de néphrologie et répondre aux besoins croissants en matière de santé rénale.

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En plus d'une circulation automobile harassante. L’accessibilité piétonnière, un malaise déplaisant

Par L. Abdelmadjid

Mostaganem, cette ville côtière à vocation touristique, semble être prise en otage par un problème majeur d'accessibilité piétonnière bien que la circulation automobile soit, elle aussi, devenue harassante pour les usagers de la chaussée. Alors qu'elle rêve de devenir une destination incontournable pour les visiteurs, sa réalité est bien différente pour ses habitants et ses visiteurs quant à se déplacer à pied dans les rues et ruelles du centre urbain. Ceux-ci subissent quotidiennement un véritable calvaire pour se déplacer à pied, en particulier dans le centre-ville et d'autres zones stratégiques. Une situation qui met en lumière un désordre urbain grandissant et un laxisme apparent des autorités locales. Les places, placettes, escaliers et trottoirs sont littéralement envahis par l’informel. Des marchands ambulants à la prolifération des étalages improvisés, l’occupation anarchique de l’espace public ne laisse que très peu de place aux piétons. Cette situation est aggravée par certains commerçants qui transforment les trottoirs en extensions de leurs boutiques, allant parfois jusqu’à empiéter sur la chaussée. Les trottoirs, déjà réduits par les commerces informels, sont également utilisés comme zones de stationnement improvisées. Voitures, motos et autres véhicules de tous types envahissent ces espaces, forçant les piétons à se déplacer sur la chaussée, mettant ainsi leur sécurité en jeu. Face à ce chaos, les autorités municipales semblent adopter une posture passive. Le silence de la municipalité et l’absence de mesures coercitives alimentent un sentiment d’impunité parmi les contrevenants. Ce laxisme ternit l’image de Mostaganem qui aspire pourtant à devenir une destination touristique de référence. Le manque de coordination entre les différentes entités responsables de l’aménagement urbain et de la sécurité contribue à la dégradation de la situation. La société civile, pourtant souvent active sur d’autres fronts, peine à mobiliser les énergies pour faire pression sur les autorités. Les plus touchés par ce chaos urbain sont les piétons, et plus particulièrement les personnes à mobilité réduite. Les trottoirs inaccessibles les obligent à slalomer entre les obstacles ou à marcher sur la route, souvent au péril de leur vie. Une situation intolérable pour une ville qui aspire à une meilleure qualité de vie. En dehors du tramway, le transport collectif à Mostaganem laisse à désirer. Les bus et taxis collectifs, mal organisés et souvent en surnombre, ajoutent au désordre général. Le stationnement anarchique des véhicules de transport accentue les embouteillages et complique davantage les déplacements. Malgré l’urgence de la situation, les perspectives d’amélioration semblent éloignées. Des opérations d’assainissement et de réhabilitation des espaces publics restent hypothétiques, laissant les habitants dans un climat de frustration croissante. La circulation piétonnière à Mostaganem reflète les carences d’une gestion urbaine inefficace et un désintérêt apparent des autorités pour des problèmes pourtant cruciaux. Rendre la ville plus accessible, sûre et accueillante pour les piétons est un défi majeur, mais incontournable, pour restaurer l’image et la qualité de vie de cette ville. Un appel urgent est lancé aux responsables et aux acteurs de la société civile pour agir avant que la situation ne devienne irréversible.

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Espaces publics. L’aménagement des trottoirs doit aussi répondre à un urbanisme moderne

Par  Charef Kassous

En 2021, une certaine Asma Moumène avait dressé un mémoire de Magister sous l’intitulé «Le trottoir, espace durable à usages multiples». Cette étude avait pour objectif d’évaluer la qualité des espaces publics de Mostaganem notamment les trottoirs. En considérant ces derniers comme usage que pour les piétons, elle optait pour une approche intégrée alliant les notions des sciences humaines, des transports et de l’architecture. Dans son contenu, l’étude a pris en compte des facteurs pour l’évaluation de la qualité de ces espaces et qui se résument au: dimensionnement et l’aménagement de l’espace, la perception des usagers et des riverains des différentes utilisations et l’efficacité des outils de régulation et de réglementation existants. L’enquête s’est portée sur la ville dans une première phase de l’étude et a consisté à répertorier les utilisations et les largeurs des trottoirs par quartier, tout en relevant les perceptions des usagers et du voisinage, ceci en prenant comme cas d’étude des sections du centre-ville dans une deuxième phase. Dans cette dernière étape, il a été procédé à l’évaluation du fonctionnement des trottoirs et les perceptions des différents acteurs cités, par rapport aux différentes utilisations. Toutefois, il a été constaté que ces espaces représentent des inadéquations dans le dimensionnement et dans l’aménagement et détecté l’existence de conflits d’usage et de voisinage liés à l’incompatibilité entre les différentes occupations. L’autre constat révèle les appropriations et les détournements d’usage qui causent des conflits pour l’espace du trottoir. Ce travail aurait pu être un modèle qui inspirerait les urbanistes, les services techniques des APC, les STP et les ingénieurs des communes mais la question des trottoirs reste un dilemme qui ne trouve pas d’issue car les préjudices occasionnés aux usagers, dans les aménagements, sont toujours là. A Mostaganem, la majorité des entreprises qui ont à charge les aménagements des trottoirs, doivent se conformer aux normes techniques de l’urbanisme moderne mais par manque de professionnalisme, elles sont tout à fait à côté des normes requises. Le constat est amer car les trottoirs de la ville, en général, sont incommodants. Incommodants d’abord par le manque de qualité des matières usitées. Des trottoirs dépassant les 40 cm de hauteur par rapport au niveau de la chaussée, des trottoirs à l’entrée et à la sortie ne prenant pas en considération les personnes à mobilité réduite, ni les mamans qui transportent leurs bébés en poussettes, ni les ménagères à paniers de courses à roulettes. Une autre pratique à Mostaganem, c’est que l’on construit, sur le tissu urbain, des trottoirs sur des kilomètres, sans tenir compte de l’aménagement des arrêts facultatifs de taxis, ni des échappatoires des bus de transport urbain. Aujourd’hui, si la ville tend au modernisme, l’aménagement des trottoirs doit aussi répondre aux normes d’urbanisme définies par la loi.


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