A Oran, ce qui devait être un projet de verdissement élégant et moderne se transforme en véritable scandale. Les fameuses «tours d’arbres», installées dans plusieurs quartiers, ne sont pas rondes comme prévu mais carrées, et sont entièrement érigées en béton, donnant naissance à de véritables «cubes de la honte» qui heurtent les habitants et dénaturent le paysage urbain. Les riverains dénoncent un projet imposé sans aucune concertation. La forme carrée et le matériau froid contrastent violemment avec l’idée d’une ville verte et accueillante. «On se demande si les responsables chargés de l'environnement connaissent l’histoire de nos quartiers», s’indigne un habitant du quartier Millenium. «Oran a toujours su marier tradition et modernité. Ici, on dirait que tout a été oublié.» Le scandale s’accentue lorsque l’on découvre que certains cubes ont été érigés sur des parcelles où la mémoire locale évoque des sépultures anciennes ou des lieux de recueillement. Pour beaucoup, c’est un manque total de respect pour la mémoire collective. Fatima B., 67 ans, quartier El Hamri: «Ces cubes en béton font penser à des bâtiments industriels, pas à des arbres. On dirait que la ville oublie son passé et ses habitants.» Nacer B, 63 ans, quartier Gambetta: «Même les arbres existants sont en danger. Ils ne peuvent pas pousser correctement dans ces cubes de béton. C’est absurde!» Leïla M., 32 ans, quartier Maraval: «On voulait de la verdure, pas des cubes froids et disproportionnés. On perd notre identité petit à petit.» Les spécialistes de l’urbanisme dénoncent un projet bâclé et dangereux. Les cubes de béton mal intégrés risquent d’endommager les arbres existants, de gêner la circulation et de créer des zones accidentogènes. L’aspect écologique du projet est également remis en question : béton et végétation ne font pas bon ménage, et les arbres peinent à survivre dans ces conditions artificielles. Au-delà du danger, c’est l’esthétique qui choque le plus. Les habitants parlent de cubes disproportionnés et inesthétiques, qui donnent à Oran un aspect industriel, loin de l’idée de modernité harmonieuse que la population espérait. La modernité, censée embellir la ville, devient ici un symbole d’oubli et de maladresse, rappelant l’importance de respecter le patrimoine et la mémoire collective. Aucun responsable n’a expliqué pourquoi les tours devaient être carrées ni pourquoi le béton a été choisi. Cette absence de communication alimente l’incompréhension et la colère des habitants. Certains urbanistes et associations locales proposent des solutions : transformer les cubes en structures rondes ou polygonales, plus proches de la nature, remplacer le béton par des matériaux plus légers et écologiques, compatibles avec la croissance des arbres ; installer ces tours uniquement dans des zones publiques non historiques, afin de préserver la mémoire collective et impliquer les riverains et associations locales dans le choix des sites et du design. Les habitants d’Oran oscillent entre nostalgie d’une ville où chaque coin de rue racontait une histoire, et indignation devant ces cubes de béton qui semblent ignorer l’histoire et la mémoire de la ville. Oran sacrifiera-t-elle son patrimoine et son identité au profit de projets bétonnés mal pensés, ou trouvera-t-on encore une place pour la mémoire, l’esthétique et le respect de l’histoire dans le paysage urbain ?
Environnement. Tours d’arbres carrées en béton, le scandale qui choque la ville
- par Youcef. Chaibi
- Le 29 Mars 2026
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