Ils sont de ceux que le temps n’efface pas, même lorsque les projecteurs se sont éteints trop tôt. Originaire d’Oran, Ghendi fait partie de cette génération d’hommes qui ont porté haut les couleurs du judo algérien, sans jamais réclamer en retour la reconnaissance qu’ils méritaient. Aujourd’hui installé en France, ce judoka de 70 ans continue de faire vivre sa passion, avec la même rigueur et la même noblesse d’âme. Dans les ruelles d’Oran d’antan, entre éclats de rire et rêves d’avenir, Ghendi était déjà animé par une détermination peu commune. Très tôt, il trouve dans le judo une école de vie, bien plus qu’un simple sport. Discipline, respect et dépassement de soi deviennent les piliers d’un parcours forgé à la sueur et à la volonté. Au fil des années, il se distingue sur les tatamis, affrontant et battant de grands champions de son époque. Des victoires acquises avec courage, souvent dans l’ombre, loin des feux de la rampe. Mais Ghendi n’était pas seul dans cette aventure. À ses côtés, une génération de judokas oranais talentueux avec lesquels il a partagé bien plus que des combats. Parmi eux, Miloud Rezma, Mourad Fahli, Chaou Kacem, Pitchi, Hammadi et Kadari Malek. Des noms qui résonnent encore dans la mémoire du judo local. Ensemble, ils ont croisé le fer sur les tatamis, parfois adversaires, souvent complices, mais toujours unis par le respect et l’amour de la discipline.
Ces affrontements entre anciens judokas oranais avaient une saveur particulière: celle de la fraternité et du défi loyal où chaque combat était aussi une leçon de vie. Puis la vie l’emmène en France, comme tant d’autres enfants d’Oran. Mais l’exil n’efface ni les racines, ni les souvenirs. Bien au contraire, Ghendi reste profondément attaché à sa ville, à ses amis d’enfance, à ces compagnons de tatami avec lesquels il a tant partagé. Malgré la distance, il entretient ce lien précieux, fidèle à cette fraternité née dans l’effort et le respect. Aujourd’hui encore, à 70 ans, il continue de pratiquer et d’enseigner le judo, transmettant aux plus jeunes non seulement des techniques, mais surtout des valeurs. Sur le tatami, son regard porte l’expérience de toute une vie, et ses gestes racontent une histoire faite de persévérance et de dignité. Ghendi, c’est aussi cela : un homme resté simple, fidèle à lui-même, qui n’a jamais oublié d’où il vient. Un homme qui fait honneur à Oran, non pas par les médailles qu’il aurait pu accumuler, mais par les valeurs qu’il incarne. Dans une époque où la reconnaissance est souvent bruyante et éphémère, Ghendi rappelle, en silence, que les véritables parcours sont ceux qui traversent le temps avec dignité. Et si Oran devait se souvenir de ses enfants les plus méritants, son nom y figurerait, aux côtés de ceux de ses compagnons de route, parmi ceux qui ont honoré la ville sans jamais rien demander en retour.
A 70 ans, il continue de pratiquer et enseigner. Ghendi, la mémoire vivante du judo oranais
- par Youcef. Chaibi
- Le 23 Mars 2026
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