Dans plusieurs quartiers de la ville d’Oran, une scène devenue presque banale interpelle pourtant tous les citoyens devant ces trottoirs dégradés, ces déchets jetés à même le sol, ce mobilier urbain détérioré et ces espaces publics abandonnés à l’anarchie. Ce phénomène qui relève de l’incivisme quotidien, traduit malheureusement une dégradation inquiétante du rapport entre le citoyen et son environnement. Il suffit de faire un tour dans certains quartiers populaires comme El Hamri, Mdina Jdida, les HLM ou encore Cité Petit pour constater que le respect de l’espace collectif n’est pas toujours une priorité. Des sacs d’ordures sont déposés en dehors des horaires de collecte, des trottoirs sont squattés par des étals improvisés et certains espaces verts sont transformés en décharges à ciel ouvert. Cette situation ne peut être imputée uniquement aux autorités locales. Certes, les services chargés de la propreté et de l’urbanisme doivent assurer un suivi rigoureux et constant, mais la responsabilité du citoyen demeure essentielle. Une ville ne peut être propre et agréable à vivre que si chacun adopte un comportement responsable. Le problème est aussi culturel. Beaucoup considèrent encore que la rue n’appartient à personne, alors qu’elle appartient à tout le monde. L’espace public est un patrimoine collectif qui doit être protégé au même titre que son propre domicile. Or, l’absence de civisme transforme progressivement certaines artères en lieux de désordre et de négligence. Il devient donc urgent de sensibiliser davantage la population, notamment les jeunes, à la culture du respect de l’environnement urbain. Des campagnes de sensibilisation ainsi que l’application stricte de la loi contre les actes d’incivisme pourraient contribuer à améliorer la situation. Car au final, la propreté et l’ordre d’une ville sont souvent le reflet du comportement de ses habitants. Et si chacun faisait un petit effort, Oran pourrait retrouver l’image d’une ville accueillante, digne de son histoire et de son statut de grande métropole de l’ouest algérien.
Environnement. Quand l’espace public devient un bien personnel
- par Youcef. Chaibi
- Le 16 Mars 2026
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