Chaque année, l’arrivée du mois sacré de Ramadan transforme profondément le rythme de la société Oranaise. Les rues changent d’atmosphère, les familles se réunissent autour de la table du f’tour et les mosquées se remplissent de fidèles venus accomplir les prières nocturnes. Ce mois, placé sous le signe de la piété, du partage et de la solidarité, demeure l’un des moments les plus marquants de la vie sociale et spirituelle. Durant cette période, de nombreux gestes de générosité voient le jour. Les élans de solidarité se multiplient : distribution de repas aux plus démunis, actions caritatives, entraide entre voisins et soutien aux familles dans le besoin, des opérations de circoncision organisées un peu partout. Le Ramadhan rappelle ainsi les valeurs fondamentales de l’islam : la patience, la compassion et l’attention portée à autrui. Cependant, ce mois censé être celui de la retenue et de la modération révèle aussi certaines contradictions dans le comportement de la société. Les marchés connaissent souvent une flambée des prix des produits de première nécessité, alors même que les citoyens cherchent à préparer le repas du f’tour. Certains commerçants profitent malheureusement de cette forte demande pour augmenter les tarifs ou réduire discrètement le poids des marchandises, une pratique qui suscite l’indignation des consommateurs. Dans plusieurs villes, dont Oran, les marchés et les rues deviennent également le théâtre d’une grande effervescence à l’approche du coucher du soleil. Les étals se remplissent de produits traditionnels et de pâtisseries, mais la frénésie d’achat entraîne parfois un gaspillage important, notamment du pain et des aliments préparés en grande quantité et qui finissent souvent dans les poubelles. Le Ramadhan devrait pourtant être l’occasion de renouer avec les valeurs de simplicité et de modération. Le jeûne n’est pas seulement une abstinence de nourriture et de boisson, mais aussi un exercice spirituel qui invite à la discipline, à l’honnêteté et au respect des autres. Au-delà des excès et des dérives constatés ici et là, ce mois demeure un moment unique où la société se retrouve autour d’une même spiritualité et d’une même tradition. Il appartient donc à chacun — citoyens, commerçants et responsables — de préserver l’esprit véritable du Ramadhan, afin que ce temps de foi et de partage ne soit pas dénaturé par des comportements contraires à ses valeurs.
Ramadhan. Entre spiritualité, solidarité… et dérives du quotidien
- par Youcef. Chaibi
- Le 09 Mars 2026
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