Alors que le premier tiers du mois sacré s’achève, la Direction du Commerce et de la Promotion des Exportations (DCP) de Sidi Bel Abbès dresse un bilan sans concession. Entre impératifs de transparence commerciale et vigilance sanitaire, les brigades de contrôle s’érigent en rempart contre les dérives d’un marché sous haute tension. Le premier bilan décennal du mois de Ramadhan à Sidi Bel Abbès ne se résume pas à une simple litanie de chiffres ; il témoigne d'une doctrine de «tolérance zéro» face à l'anarchie marchande. Avec 1 619 interventions diligentées par 62 brigades spécialisées, les services de l’État ont opéré un maillage systématique du tissu commercial. Des étals des marchés de proximité aux rayons des grandes surfaces, aucune enclave économique n’a échappé à cette inquisition légitime. Cette mobilisation ne vise pas seulement la sanction, mais la restauration de la confiance entre le consommateur et son marché. Dans une période où la symbolique du partage devrait primer, la réalité du terrain révèle parfois une face plus sombre, celle d'une quête de profit au mépris de la déontologie. Le constat est saillant 213 procès-verbaux de poursuites judiciaires ont été dressés. Derrière cette statistique se cachent des manquements graves, allant du défaut d'affichage des prix, véritable entorse au droit à l'information à la non-conformité flagrante des produits. Plus édifiant encore, le montant du défaut de facturation, évalué à plus de 83,9 millions de DA, met en exergue la persistance d'une économie souterraine qui tente de s'engouffrer dans les pics de consommation saisonniers. Cette évasion documentaire n'est pas qu'une infraction fiscale, elle est le terreau de la spéculation et de l'instabilité des prix. Sur le front de la santé publique, la saisie de 1,35 tonne de denrées impropres à la consommation agit comme un signal d'alarme. En retirant ces produits du circuit, la DCP prévient une crise sanitaire silencieuse, rappelant que la sécurité alimentaire est le socle inaliénable du pouvoir d'achat. Malgré ces points de friction, l'institution se veut rassurante quant à la structure même du marché.
L'approvisionnement demeure régulier, porté par une disponibilité constante des produits de première nécessité (huiles, céréales, viandes). Les «Marchés de la Rahma», véritables poumons de solidarité économique, jouent ici leur rôle de régulateurs naturels, protégeant les bourses les plus fragiles des soubresauts inflationnistes. La Commission de wilaya, lors de sa récente évaluation, a confirmé cette dynamique, aucune pénurie majeure ni manœuvre spéculative d'envergure n'a été déplorée à ce jour. La stratégie de coordination entre les services de sécurité et de commerce semble porter ses fruits, transformant la solidarité en une logistique efficace (distribution de couffins, contrôle des flux). L'effort ne faiblira pas. Pour les deux tiers restants du mois sacré, la DCP mise sur une double approche à savoir la répression chirurgicale des fraudes et la pédagogie civique. L'appel à la vigilance citoyenne et au signalement des pratiques suspectes marque une évolution majeure, le consommateur n'est plus un sujet passif, mais un acteur de sa propre sécurité. Le bilan de la première dizaine témoigne d'une volonté farouche de réconcilier l'activité commerciale avec l'éthique et la loi. À Sidi Bel Abbès, le contrôle ne se contente pas de surveiller, il veille à ce que le sacré du mois ne soit pas sacrifié sur l'autel de l'illicite.
213 procès-verbaux de poursuites judiciaires
- par Mohamed Nouar
- Le 06 Mars 2026
- 106 visites



