Guerre en Iran: Que des interrogations!

Le recours à la force contre l’Iran par les États-Unis et Israël soulève des interrogations majeures au regard du droit international. Depuis la création de l’Organisation des Nations unies en 1945, le principe fondamental est l’interdiction du recours à la force, sauf en cas de légitime défense ou lorsqu’une autorisation explicite est accordée par le Conseil de sécurité. Cette architecture juridique a précisément été conçue pour éviter que la loi du plus fort ne se substitue aux règles collectives. Lorsqu’une intervention armée intervient sans mandat clair, la question de sa légalité se pose inévitablement et avec elle, celle de la crédibilité du système multilatéral. Les États-Unis se sont souvent autoproclamé comme «les garants d’un ordre international fondé sur des règles», traduire gendarmes du monde. Pourtant, leurs interventions militaires passées — de l’Irak à la Libye — ont alimenté le débat sur le décalage entre discours et pratique. Dans le cas iranien, toute frappe visant des installations militaires ou stratégiques serait perçue par de nombreux États comme une escalade risquant d’embraser l’ensemble du Moyen-Orient. L’Iran n’est pas un acteur isolé: ses alliances régionales, ses capacités balistiques et son influence via divers groupes armés font qu’un conflit ouvert pourrait rapidement dépasser le cadre bilatéral. Le prétexte invoqué est de chasser le régime liberticide de Téhéran, à la place du peuple iranien lui-même qui en a la légitimité car il est le plus concerné et surtout le plus touché. Mais les véritables raisons sont les suivantes: contrôle du pétrole, des richesses du Moyen Orient, routes stratégiques et surtout empêcher tout pays de se doter des moyens de tenir tête à l’allié principal des États-Unis dans cette région. En effet, il faut que sa supériorité militaire soit garantie et pour toujours. Et pourquoi Trump ne veut pas faire de même avec le régime génocidaire de Netanyahou, parce que c’est moins grave aux yeux du président américain car là, il ne s’agit que d’Arabes, femmes, vieillards et enfants, de surcroît musulmans dans leur majorité. Ils font partie de tous ceux qui sont l’objet de sa haine viscérale et raciste. De toute façon, l’expérience irakienne a montré que renverser un régime autoritaire ne garantit ni stabilité ni démocratie. En Iran, les aspirations à davantage de libertés existent bel et bien au sein de la société civile, mais leur évolution dépend, avant tout, des dynamiques internes et de la volonté du peuple comme nous l’avons dit. Au total, toute frappe contre l’Iran, sans mandat international, ne ferait que bafouer encore davantage l’ordre juridique mondial et renforcerait la logique de confrontation. Entre rivalités stratégiques et principes juridiques, la tension reste vive. La véritable question demeure celle-ci: un ordre international stable peut-il survivre si les règles, censées le protéger, sont contournées par ceux-là mêmes qui prétendent les défendre? Disons-le crûment: Trump, il s’en bat. Aucune illusion à se faire.


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