Le mois sacré du Ramadhan est particulièrement différent des autres périodes de l’année car ses dépenses doublent surtout en terme de consommation. Tous les salariés de différents secteurs abordent le mois du jeûne avec des prévisions calculées selon les entrées de chacun. Ceux qui ont des bas salaires, leurs calculs sont beaucoup plus pointus que d’autres. C’est ainsi que les basses rémunérations mensuelles de certains travailleurs limitent fortement leur pouvoir d’achat. Un agent de nettoyage est alors un exemple frappant car il perçoit le salaire qui correspond à son activité, c’est-à-dire pas loin du salaire minimum garanti.
Des informations circulent au sein de la Société «Mosta Propre» et qui indique que les agents de nettoiement de plusieurs communes de la wilaya sont en train d’affronter, ce mois du jeûne, les poches vides car ils n’ont pas touché leurs salaires depuis déjà deux mois. Ne pas toucher de salaire, en cette période du Ramadhan, ces salariés sont dans l’incompréhension la plus totale car ils traversent une situation préoccupante en raison du retard accusé dans le paiement de leurs salaires pour le troisième mois consécutif. Une conjoncture d’autant plus difficile qu’elle coïncide avec le mois sacré de Ramadhan, période durant laquelle les charges familiales et les dépenses quotidiennes connaissent une hausse significative. Selon plusieurs travailleurs, les rémunérations n’ont toujours pas été versées à ce jour, sans qu’aucune explication officielle n’ait été fournie par l’administration quant aux raisons de ce retard, alimentant ainsi un climat de flou et de mécontentement au sein des effectifs. Les concernés déplorent également ne pas avoir bénéficié de couffins alimentaires annoncés par les autorités, au début du mois de Ramadhan. Au-delà de l’impact direct sur leur pouvoir d’achat, cette situation engendre de lourdes répercussions psychologiques et sociales. L’angoisse, le stress et le sentiment d’instabilité rythment désormais le quotidien de ces travailleurs, souvent incapables de subvenir convenablement aux besoins essentiels de leurs familles. L’accumulation des dettes, des loyers et des factures accentue davantage leur vulnérabilité. Malgré ces difficultés, les agents continuent d’assurer leurs missions avec professionnalisme, veillant à la salubrité publique, dans un contexte où la production de déchets augmente sensiblement durant le Ramadhan. Ils espèrent désormais un geste rapide des autorités locales afin de restaurer un minimum de sérénité et mettre un terme à une épreuve infernale qui dure et qui semble ne pas avoir de fin. Tout porte à croire qu’arriver à une telle situation, relève bel et bien d’une mauvaise gestion. Quand on est un bon gestionnaire, on doit avoir la présence d’esprit de ne pas abandonner de cette manière des ouvriers surtout durant ce mois sacré. Pendant que l’État tente par tous les moyens de protéger cette couche vulnérable de la société, un gestionnaire inhabile laisse ses ouvriers en rade. Ne pas avoir de quoi subvenir aux besoins de sa famille, est un calvaire qui ne dit son nom.
Société «Mosta Propre». Sans salaires, les éboueurs traversent l’enfer en ce mois de Ramadhan
- par Charef Kassous
- Le 24 Février 2026
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