Mohamed Meflah. Un écrivain gardien de la mémoire locale

Pour Mohamed Meflah, écrire n’est pas seulement un exercice littéraire : c’est un acte de fidélité au lieu et un effort constant pour préserver la mémoire de l’oubli et de l’érosion du temps. Depuis Relizane, une ville riche de couches d’histoire populaire et spirituelle, il a développé un projet culturel unique, alliant narration créative et recherche historique, contribuant ainsi à façonner un parcours singulier dans le paysage littéraire algérien. Né en 1953 à Relizane, Mohamed Meflah s’est très tôt attaché à sa ville, non seulement comme espace géographique mais comme mémoire collective, véritable réservoir d’histoires et d’expériences humaines. Au fil des années, il a considéré l’écriture comme un outil de sauvegarde et de documentation, faisant du stylo son instrument principal pour lire l’histoire locale et la transformer en textes vivants. Son projet littéraire se distingue par la combinaison du récit et du document: la mémoire populaire y côtoie les sources historiques, transformant le passé en une narration vibrante et humaine. Dans ses écrits, l’histoire n’est jamais présentée comme un simple ensemble de faits, mais comme une aventure humaine, donnant voix aux acteurs oubliés et redonnant importance aux personnages et lieux qui ont façonné l’identité de la région. Mohamed Meflah s’est particulièrement attaché à documenter les figures emblématiques de Relizane, les poètes de l’Malhoun, les confréries soufies et les étapes de la résistance populaire, enrichissant ainsi la bibliothèque nationale avec des ouvrages de référence profondément ancrés dans le contexte local. Parmi ses travaux historiques et de recherche : Sidi lazreg Belhaj, pionnier de la révolte de 1864 à Relizane, figure de la région de Relizane, poète du Malhoun de la région de Relizane (biographies et textes), ainsi que La Tariqa Rahmaniya dans la région de Relizane et témoignage syndical, qui s’inscrit dans la documentation biographique. Dans le domaine du roman, il a mené une expérience littéraire remarquable avec des œuvres telles que Kheira et les montagnes, Al-Kafiya et le tatouage et Les étranges obsessions où mémoire individuelle et mémoire collective se mêlent et où le lieu devient un acteur central de la narration et non un simple décor. Cet apport littéraire et intellectuel a suscité un intérêt académique notable, faisant l’objet d’études critiques, d’articles scientifiques et de travaux universitaires, y compris des mémoires de master et des thèses de doctorat, en reconnaissance de sa valeur créative et de son rôle dans la préservation de la mémoire locale. Aujourd’hui, Mohamed Meflah poursuit son parcours culturel avec calme et fidélité à sa ville, convaincu que l’écriture est une seconde mémoire et que Relizane, avec son histoire et son patrimoine, mérite d’être écrite, non seulement pour être consignée mais pour rester vivante dans les esprits.


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