La dépollution de l’Oued Ain Sefra un impératif écologique
Par H. Med Krelifa
Lorsque les médias et les citoyens se posent la question sur la pollution visuelle de l’oued Ain Sefra, aussitôt il y a branle-bas de combat. Les autorités mettent tous les moyens en vue de son assainissement. Ces procédés de conjoncture ne durent que le temps que passe la saison des pluies ou à la veille de l’ouverture de la saison estivale mais le «phénix renaît inexorablement de ses centres». Et c’est l’éternel recommencement. Assainir l’oued, certes mais au prix d’une gestion équilibrée et durable. Son entretien est une obligation, qui doit être mise en œuvre dans le respect de ces écosystèmes fragiles, en vue d'assurer la restauration de la libre circulation des eaux mais également de tout l’écosystème qu’il représente, à savoir le lit et les berges. L’entretien régulier correspond à l’enlèvement des embâcles, débris et les boues, l’élagage de la végétation de la rive qui obstruent totalement le lit du cours d’eau et forment des barrages, ils ralentissent le courant et favorisent l’envasement sur un linéaire important. Sa réalisation devra se faire pendant des périodes planifiées à l’avance. L’ONA est toute indiquée pour cette mission. Cette sombre image ne pourrait-elle être améliorée pour fournir aux riverains de l’oued, et aux estivants ou simple citoyen lambda un paysage de meilleure qualité. Cette pollution visuelle qui hélas rythme depuis des décennies la vie de nos concitoyens.
Il faut que nos gouvernants soient des visionnaires pour gérer des situations aussi complexes et sachent que l’assainissement de l’oued n’est nullement une fin en soi. Parce qu’il faudra le lier avec les centres historiques qui représentent le véhicule d’une grande partie de notre patrimoine. De nos jours, ces biens fragilisés sont à la limite de disparition parce qu’ils ont perdu toutes significations patrimoniales. Des opérations de restauration, de sauvegarde, de protection, de valorisation, de revitalisation et d’aménagement sont impératives. En plus d’une topographie aidant et l’existence d’une multitude de ravins, c’est l’ensemble des eaux de la zone périphérique sud (Debdaba, Vallée des jardins, Sayada, Kheir-Eddine, et Mazagran) qui est venu se greffer naturellement à l’émissaire naturel qu’est oued Aïn Sefra qu’il faudra gérer impérativement lors de pluies diluviennes. Aujourd’hui, il s’avère essentiel de procéder au curage de la partie dallée mais surtout celle, en bas, des ex trois ponts sans omettre de valoriser les berges qui avant étaient des pépinières fleuries.
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Trottoirs occupés et stationnement anarchique
Par Y. Zahachi
À Mostaganem, circuler à pied relève désormais du parcours d’obstacles. Trottoirs squattés par des véhicules, étals commerciaux débordant sur l’espace public, stationnements sauvages aux abords des axes stratégiques : le centre-ville et plusieurs quartiers connaissent une désorganisation chronique qui pénalise quotidiennement habitants, familles, personnes âgées et enfants. Conçus pour garantir la sécurité des piétons, les trottoirs sont progressivement devenus des zones de stationnement informel ou des extensions commerciales improvisées. Contraints de marcher sur la chaussée, les passants s’exposent à des risques réels d’accidents, tandis que la circulation automobile s’en trouve encore davantage congestionnée. Dans tout ça, il faut admettre alors qu’il y a un dysfonctionnement structurel qui traine depuis de nombreuses années, avec quelques «mesurettes», de temps à autre. Cette situation ne relève pas d’incivilités isolées, mais d’un problème d’organisation urbaine plus profond dû à plusieurs facteurs dont l’absence d’un plan de circulation cohérent ; des feux tricolores défaillants et signalisation insuffisante ; des arrêts anarchiques de taxis et bus ; une prolifération de «parkingueurs» informels; l’occupation illicite des trottoirs par certains commerces et chantiers immobiliers; la sous-exploitation de parkings publics existants, comme celui de la daïra. A ces contraintes, s’ajoutent la croissance du parc automobile, l’urbanisation rapide et l’afflux estival, qui accentuent la saturation des voies. Résultat : embouteillages permanents, perte de temps, dégradation du cadre de vie et image négative pour une ville pourtant considérée comme l’une des principales destinations du littoral ouest. Au-delà du désagrément quotidien, l’enjeu est aussi sécuritaire et économique. Une ville encombrée et désordonnée freine l’activité commerciale formelle, décourage les visiteurs et détériore la qualité de vie. La protection des piétons et le respect de l’espace public constituent aujourd’hui des standards essentiels de toute politique urbaine moderne. Plusieurs grandes villes algériennes ont engagé des mesures fermes contre le stationnement anarchique, avec des résultats visibles. Mostaganem peut s’inspirer de leurs expériences. Sinon, il y a des solutions concrètes et applicables qui restent envisageables à travers une réponse combinant : répression, organisation et alternatives crédibles. À court terme, prendre des mesures, à savoir : l’application stricte de la réglementation avec verbalisation systématique du stationnement sur les trottoirs; le déploiement de brigades mobiles et recours aux fourrières; la libération immédiate des trottoirs et des arcades occupés illégalement; la remise en service et sécurisation des parkings publics existants et la réhabilitation des trottoirs dégradés. A moyen terme, il s’agit de réactiver le dossier d’étude, actualisation et exécution de l’ancien projet de création de parkings à étages au centre-ville pour absorber la demande ;de mettre en place un parkings relais («Park and Ride») aux entrées de la ville, reliés par navettes ou transport collectif; de faire la numérisation des places payantes pour améliorer la gestion et limiter l’informel (App); de réorganisation des arrêts de taxis et bus; d’amélioration de la signalisation et des feux tricolores. A long terme, il faut se préparer : à la finalisation d’un plan de circulation global, intégrant les lignes de desserte du tramway; à la piétonnisation progressive de certaines artères centrales et du front de mer; au renforcement et à la promotion des transports publics; à assurer une coordination permanente entre APC, wilaya, services de sécurité et urbanisme. Les solutions existent. Elles exigent toutefois une action concertée et continue des autorités locales, appuyée par une application rigoureuse de la loi. Restaurer les trottoirs, fluidifier la circulation et rendre l’espace public aux citoyens n’est pas seulement une question d’aménagement : c’est un choix politique en faveur de la sécurité, de la dignité urbaine et de l’attractivité économique. Mostaganem dispose des atouts d’une grande ville méditerranéenne. Encore faut-il lui redonner l’ordre et la mobilité nécessaires pour que ses rues redeviennent des espaces de vie plutôt que des zones d’anarchie. Une ville à reconquérir par ses habitants et ses visiteurs.
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Une Charte de l'honneur mostaganémois
Par H. Med Soltane
Ce document se veut le garant de cette "Valeur" inaltérable dont je parle, un pont entre le passé prestigieux et l'avenir de la Cité des 44 Marabouts. Charte de l’Honneur et de la Citadinité Mostaganémoise
Préambule: Être de Mostaganem n'est pas un simple hasard géographique, c'est une responsabilité historique. En tant qu'héritier des Amazighs, des Mérénides, des Arabes et des Andalous, le citadin de Mostaganem s’engage à protéger l’âme de sa ville contre la banalisation et l’oubli.
La Dignité du Langage (L'Adab)
Le Mostaganémois se reconnaît à la noblesse de son verbe.
Le Serment: Je m'interdis la vulgarité dans l'espace public. Je cultive la "Hadra" (le parler) de nos anciens, faite de métaphores, de pudeur et de respect des aînés.
La Valeur: La langue est le premier rempart de la culture.
La Souveraineté du Foyer (Le Rituel)
Le quotidien ne doit jamais sacrifier l’excellence du patrimoine.
Le Serment: Je préserve les rituels de la table mostaganémoise. La Karantika est un secours, mais mon identité réside dans La patience de la Hrira, la finesse du Mtewem et l'élégance du Lham Lahlou.
La Valeur: On ne juge pas une civilisation à ce qu'elle consomme dans l'urgence, mais à ce qu'elle célèbre dans la durée.
Le Respect du Sacré (L'Esprit des Zaouïas)
Mostaganem est une terre de spiritualité et de science.
Le Serment: Je respecte le silence des lieux de savoir et la mémoire des Saints et Érudits. Je m'engage à transmettre l'histoire de Cheikh Al-Alawi et de nos savants comme un bouclier contre l'ignorance.
La Valeur : La ville est un sanctuaire ; chaque rue porte la bénédiction d'un Marabout.
La Garde de la Pierre (L'Esthétique)
L'architecture est le visage de notre honneur.
Le Serment: Je refuse de défigurer ma ville. Je protège l'harmonie des façades, la propreté de mon quartier et l'intégrité des anciens quartiers comme Tigditt ou la Kasbah.
La Valeur : Détruire la beauté d'une rue, c'est effacer une page de notre livre d'histoire.
Article V: L'Hospitalité Méditerranéenne (L'Ouverture)
Mostaganem est une ville ouverte sur le monde, mais maîtresse de ses valeurs.
Le Serment : J'accueille le visiteur avec la générosité de la "Beldia", mais je reste le garant de nos traditions. Le visiteur doit s'adapter à la noblesse de la cité, et non l'inverse.
La Valeur: L'ouverture n'est pas une dissolution, c'est un dialogue entre égaux.
Article VI: La Transmission aux Générations (Le Flambeau)
La citadinité est un héritage qui se mérite.
Le Serment : J'enseignerai à mes enfants que leur nom est lié à celui des grands Marabouts, des Érudits, des grandes familles, des poètes et des résistants qui ont fait Mostaganem.
La Valeur : Un peuple qui oublie ses ancêtres est une forêt sans racines que le moindre vent emporte.
Le Pacte de Mostaganem
Que cette charte soit gravée dans le cœur de chaque enfant de la ville. Que le changement du quotidien n'entame jamais la Valeur de l'âme. Mostaganem a traversé les siècles par la force de sa foi et de son art; elle survivra à la modernité par la force de notre fidélité.



