Alors que Ségolène Royal veut bâtir une «nouvelle alliance» entre l’Algérie et la France. L'extrême droite dans tous ses états

En visite en Algérie, l’ancienne ministre française, Ségolène Royal a indiqué qu’elle s’efforcera de «convaincre» le président Macron de restituer des biens culturels spoliés pendant la colonisation française. «Je vais essayer de le convaincre de faire ce geste, parce que ce n’est pas seulement rendre des objets», a déclaré lors d’une conférence de presse à Alger Ségolène Royal, devenue en décembre présidente de l’Association France Algérie (AFA). Selon l’ancienne candidate à la présidence française (en 2007), restituer à l’Algérie des biens comme l’épée et le burnous de l’Emir Abdelkader, héros de la lutte anti-coloniale, des crânes de résistants et des archives, «c’est plus profond» et «c’est un signe de reconnaissance de ce qui s’est passé», de 132 ans de colonisation entre 1830 et 1962. À ses yeux, « c’est le premier geste» que le président Macron «doit faire» et il «doit être fait d’État à État», a-t-elle souligné, estimant que «ça peut se faire en 24 heures, très rapidement». «Une fois que la question de la reconnaissance et de la mise à plat mémorielle sera traitée, on tourne la page et on construit de nouveaux partenariats», a-t-elle estimé. Ségolène Royal a «bien sûr» informé Emmanuel Macron de son voyage et souhaite «lui rendre compte à son retour» pour l’«aider avec les éléments» recueillis pendant son séjour «parce que c’est dans l’intérêt de la France». Pour l’ancienne ministre socialiste qui veut favoriser «une dynamique d’apaisement et de réconciliation», bâtir une «nouvelle alliance» entre France et Algérie est «une obligation morale, politique, culturelle, artistique et économique», à l’égard des «7 millions» d’Algériens, binationaux et personnes ayant des liens avec le pays. Beaucoup, a-t-elle assuré, sont victimes d’«islamophobie, d’algérophobie», avec «des agressions verbales sans arrêt contre les Algériens» en France. Selon elle, la France a «la chance d’être encore aimée par les Algériens», malgré «tous les dégâts qu’on a faits dans ce pays» sous la colonisation et au moment de la sanglante guerre d’indépendance (1954-1962). Elle a par ailleurs rendu visite au journaliste français Christophe Gleizes vendredi matin. Ségolène Royal a obtenu une «réponse positive» du ministre de la Justice algérien pour s’entretenir avec le reporter, détenu depuis juin 2025 et condamné en appel à sept ans de prison pour «apologie du terrorisme». Mais l'acharnement violent et haineux de la part de l'extrême droite française contre la présidente de l'association France-Algérie est sans précédent. Une campagne hostile et des attaques d'une rare agressivité parce que Mme Royal a osé défendre l'Algérie contre toute cette haine déversée en France sur les plateaux de télévision et dans la presse. «C'est une arriviste prête à tout pour faire parler d'elle», a chargé Amaury Brelet à propos de Ségolène Royal ce vendredi sur CNEWS. «Les Harkis et les Pieds-noirs doivent avoir envie de vomir», a déclaré Philippe de Villiers ce vendredi sur CNEWS. Par ailleurs, Bruno Fuchs, président de la commission des Affaires étrangères de l'Assemblée nationale, a également estimé qu'en plein blocage, "toute initiative permettant de détendre la relation est la bienvenue". "Son approche sur les questions mémorielles est courageuse", a réagi l'historien Benjamin Stora, qui dans un rapport remis à l'Élysée avait fait des préconisations allant dans le même sens. "La question est de savoir quel interlocuteur elle pourra trouver dans la société politique française actuelle - à deux mois des municipales et à un an de la présidentielle - pour avancer concrètement", dit-il.

Synthèse de B. L.


ads