La ville de Chlef, qui compte environ 203,329 habitants en 2025, se retrouve confrontée à une crise hydrique sans précédent qui perdure depuis neuf jours, plongeant ses habitants dans un contexte d’inquiétude et de tension sociale. Depuis les dernières précipitations, l’approvisionnement en eau potable est totalement interrompu dans de nombreux quartiers, une situation qualifiée d’«?intenable?» par les citoyens.
Cette rupture d’eau prolongée coïncide avec l’arrêt complet de la station de dessalement, qui constitue la principale source d’eau pour la ville. Selon des signalements locaux, aucune perspective de remise en service n’est envisagée dans les prochains jours, ce qui accroît encore l’inquiétude de la population. Face à l’arrêt de cette installation stratégique, plusieurs questions essentielles se posent quant à la capacité des autorités locales à assurer un approvisionnement alternatif. Où la ville s’approvisionnera-t-elle si la station reste hors service ? À cet égard, les réserves de sécurité prévues par le plan ORSEC n’ont apparemment pas été mobilisées, tandis que les réserves souterraines, utilisées avant la construction de la station, restent inexploitées. De même, l’utilisation des eaux des barrages de la wilaya pour pallier la pénurie reste très limitée, faute d’un dispositif clair et opérationnel. Sur le terrain, les conséquences sont immédiates et préoccupantes. Dans plusieurs quartiers, l’eau est absente des robinets, obligeant les familles à recourir massivement aux marchés parallèles de l’eau en citerne. Le prix de cette ressource vitale a grimpé jusqu’à 500 dinars par remplissage, un coût jugé exorbitant par des habitants déjà fragilisés, dont beaucoup peinent à joindre les deux bouts. Les résidents des étages supérieurs dans les immeubles collectifs vivent une situation encore plus dramatique. Les citernes mises à disposition par la commune semblent profiter d’abord aux habitants des maisons individuelles et aux résidences du rez-de-chaussée, laissant les niveaux supérieurs dans une pénurie quasi permanente. Cette inégalité dans la distribution de l’eau est dénoncée comme injuste et discriminatoire, amplifiant le ressentiment social. Les messages de réassurance émanant des autorités locales ne parviennent plus à apaiser la population, qui estime que les annonces officielles ne suffisent plus à répondre à l’urgence d’une crise qui prend des airs de catastrophe sanitaire et sociale. Les citoyens réclament une intervention rapide et des mesures concrètes, notamment :
La mobilisation immédiate des réserves de sécurité et des ressources souterraines, la mise en exploitation réelle des eaux des barrages locaux, et une distribution équitable de l’eau par citernes, avec une transparence totale dans les priorités d’approvisionnement.
En l’absence de réponses claires et de plans d’urgence activés efficacement, la situation pourrait se détériorer davantage, exposant Chlef à une crise hydrique durable aux conséquences potentiellement graves pour la santé publique, l’hygiène et le bien-être quotidien de ses habitants.
Cette crise, qui met en lumière les failles structurelles dans la gestion de l’eau dans la wilaya, relance le débat sur la nécessité d’investissements durables dans les infrastructures hydriques et d’une stratégie de gestion des urgences plus résiliente.
Chlef au bord d’une crise hydrique majeure. Neuf jours sans eau potable et tensions sociales croissantes
- par N. Ouadah
- Le 28 Janvier 2026
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