Sidi Bel-Abbès. Installation d'un «banaliseur» de déchets d'activités de soins

À Sidi Bel-Abbès, l’installation d’un «banaliseur» de déchets d'activités de soins et d'une unité de stérilisation à l’ozone marque une rupture paradigmatique. Au-delà de la simple acquisition d'équipement, ce projet incarne la synergie féconde entre l’académie et la pratique clinique, érigeant l’innovation locale en rempart contre les risques nosocomials. L’établissement public hospitalier (EPH) «Chahid Dahmani Slimane» vient de franchir un seuil critique dans la modernisation de ses infrastructures sanitaires.
Par l’intégration d’un «banaliseur» de pointe, couplé à une chambre de stérilisation à l’ozone, l’institution ne se contente pas de traiter ses résidus; elle inaugure un écosystème de sécurité biologique intégrale. Ce qui distingue cette initiative de la simple commande publique, réside dans sa genèse. Ce dispositif est l'aboutissement d'un cycle de trois années de recherche fondamentale et appliquée menée par les facultés de l’université «Djilali Liabès». Nous assistons ici à une matérialisation concrète du transfert technologique: le passage du laboratoire à l’unité opérationnelle. En concevant localement une solution adaptée aux spécificités du terrain algérien, les chercheurs et cliniciens s'affranchissent des dépendances technologiques exogènes. Ce projet démontre que la réponse aux défis de santé publique peut et doit émerger d'une intelligence territoriale concertée. L'introduction de la stérilisation à l'ozone représente une avancée majeure dans la lutte contre l'invisible. Ce choix technique n'est pas anodin avec un pouvoir oxydant supérieur aux agents chlorés traditionnels, garantissant une éradication des pathogènes dans les recoins les plus complexes des dispositifs médicaux, une technologie propre qui, contrairement aux intrants chimiques lourds, ne laisse aucun résidu toxique, s’inscrivant ainsi dans une démarche de développement durable, la transformation des déchets hospitaliers à haut risque, en déchets banals, réduit ainsi l'empreinte écologique et logistique de l'établissement. L’expérience de Sidi Bel-Abbès ne saurait rester une enclave d’excellence isolée. Elle préfigure ce que pourrait être une politique de généralisation de l’innovation endogène. En stabilisant ces protocoles au sein de l’EPH «Dahmani Slimane», les autorités sanitaires posent les jalons d’un déploiement à l’échelle de la wilaya, voire nationale. À l’heure où la sécurité sanitaire mondiale est mise à l’épreuve par l’émergence de nouvelles souches infectieuses, la capacité d’un hôpital à produire sa propre sécurité technologique est un signal fort. C'est la preuve que l'Algérie, par ses élites universitaires et ses gestionnaires de santé, est capable d'architecturer ses propres solutions aux défis de demain.


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