Offensive hivernale. Entre rigueur climatique et devoir de vigilance
La wilaya de Sidi Bel-Abbès, fidèle à sa réputation de carrefour des steppes et des reliefs, s’est retrouvée, en ce début de semaine, au cœur d’une offensive hivernale d’une intensité remarquable. Sous l’effet d’une dépression atmosphérique marquée, les paysages de la Mekerra ont troqué leur austérité habituelle pour un manteau de givre et d'eaux pluviales, mettant à l'épreuve la résilience des infrastructures et la réactivité des institutions. Dès la journée de mardi, une dégradation sensible des conditions synoptiques a plongé la région dans un épisode de fortes précipitations. Si les plaines ont été balayées par des averses torrentielles, ce sont les zones méridionales, plus altières qui ont subi la rigueur de la neige. La commune de Daya, véritable sentinelle du sud de la wilaya, s’est retrouvée sous une épaisse couche immaculée, transformant la Route Nationale n°7 en un axe aussi majestueux que périlleux. L’accumulation de neige, couplée à une chute brutale des températures, a rendu la chaussée extrêmement glissante. Ce phénomène physique, redouté des conducteurs, a entraîné plusieurs dérapages. Toutefois, l'absence de pertes humaines témoigne d'une certaine forme de providence mais surtout d'une prise en charge opérationnelle immédiate. Face à cette adversité, les services de la Protection civile ont démontré une capacité de déploiement exemplaire. Placés en état d'alerte maximale, les éléments du corps des sapeurs-pompiers n'ont pas seulement agi en tant que secouristes, mais comme de véritables techniciens de la gestion de crise. A cet effet, Les moyens matériels lourds ont été engagés sur la RN7 pour libérer la circulation et rompre l'isolement des localités d'altitude. À Boukhanifis, une localité située à 18 km au sud-ouest du chef-lieu sur la RN95, l'accumulation des eaux pluviales a nécessité des opérations de pompage chirurgicales pour éviter l'inondation des quartiers et la paralysie durable des échanges routiers. Parallèlement aux interventions directes, un travail de patrouille et de signalisation a permis de guider les usagers de la route, limitant ainsi le risque d'accidents en chaîne. Au-delà de l'héroïsme technique des secours, cet épisode rappelle la vulnérabilité de notre environnement face aux caprices du climat. La persistance de l'état de vigilance souligne que la sécurité est une responsabilité partagée. L'appel à la prudence lancé par les autorités n'est pas une simple injonction administrative, mais une invitation à la tempérance et au discernement. En somme, si la neige offre aux yeux une esthétique de la pureté, elle impose à la cité une logistique de la rigueur. La coordination entre les services communaux et la Protection civile de Sidi Bel-Abbès demeure, à l'heure actuelle, le rempart essentiel contre l'imprévisibilité de l'hiver.
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Journées d'information. Le désherbage chimique au cœur de la souveraineté céréalière
A l’initiative de la Direction des Services Agricoles, une journée technique de haute importance s’est tenue à l’hôtel «Beni Tala». Entre expertise scientifique et pragmatisme de terrain, l'événement a scellé l'alliance entre multiplicateurs et spécialistes pour optimiser les rendements de la saison en cours. Dans l’écrin de l’hôtel «Beni Tala», l’atmosphère était à la rigueur scientifique. Organisée par le bureau de formation et de vulgarisation de la Direction des Services Agricoles (DSA), en synergie avec les firmes leaders ACI et CORTEVA, cette rencontre a transcendé la simple réunion d’information pour devenir un véritable plaidoyer en faveur de la maîtrise du parcours technique céréalier. La performance agricole ne se décrète pas, elle se cultive par une gestion millimétrée des intrants. Face à une pluviométrie généreuse enregistrée en décembre et début janvier, la menace des adventices (mauvaises herbes) se précise. Ces dernières, véritables prédatrices de ressources entrent en compétition directe avec le blé pour l’accès à l’eau et aux nutriments essentiels. Le désherbage chimique n'est pas une option, mais une nécessité stratégique. Les experts ont insisté sur la saisonnalité de l'intervention. La période s'étendant de février à mars constitue le "nœud gordien" de la campagne, une intervention tardive compromettrait irrémédiablement le remplissage du grain, tandis qu’une application précoce risquerait d’être lessivée par les dernières pluies. «La maîtrise de la flore adventice est le premier rempart contre la déperdition de rendement», ont souligné les intervenants. L'application raisonnée des herbicides, couplée à une fertilisation azotée efficiente, permet de garantir non seulement la quantité, mais aussi la qualité boulangère et semencière des récoltes. Au-delà de l'aspect purement technique, la journée a mis en lumière l’arsenal logistique déployé par l’État. La Coopérative des Céréales et Légumes Secs (CCLS) s’est engagée à mobiliser l’intégralité des moyens matériels et humains nécessaires. Engrais et herbicides seront mis à disposition pour transformer les recommandations théoriques en succès concrets sur le terrain. Pour stimuler cette dynamique, un levier économique majeur a été rappelé, à savoir les multiplicateurs de céréales, pivots de la sécurité semencière, bénéficieront d’une prime spécifique sur la récolte. Une mesure d'incitation qui vient saluer l'effort de technicité de ces agriculteurs d’élite. Avec un potentiel de 363.000 hectares et une force vive de 33.000 agriculteurs, la wilaya de Sidi Bel-Abbès s'affirme comme un bastion de la céréaliculture nationale. Dans ce contexte, la vulgarisation ne se limite plus à la transmission d'un savoir, elle devient le moteur de la résilience agricole face aux aléas climatiques. Cette journée technique aura permis de rappeler que si la terre est généreuse, elle ne donne le meilleur d'elle-même qu'à ceux qui savent protéger ses pousses des concurrences indésirables. Le défi est désormais lancé pour une moisson 2026 placée sous le signe de l'excellence et de la rigueur phytosanitaire.
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Radioscopie du bilan 2025 de la Protection civile
L’exercice opérationnel de l’année 2025 s’achève sur un constat de densité exceptionnelle pour les services de la Protection civile de la wilaya de Sidi Bel-Abbès. Avec un total de 29.607 interventions, le corps des sapeurs-pompiers s’affirme non plus seulement comme un service de secours, mais comme le véritable garant de la cohésion sécuritaire du territoire. Au-delà des chiffres, ce bilan annuel offre une lecture sociologique des risques contemporains et souligne l'abnégation d'une institution confrontée à une sollicitation permanente. Le segment des secours et évacuations constitue, sans surprise, la clef de voûte de l'activité. Avec 19.575 opérations, soit près des deux tiers de l'activité globale, la Protection civile pallie les urgences médicales et domestiques avec une précision chirurgicale à savoir 17.392 malades et 1.923 blessés qui ont bénéficié d'une prise en charge. Le tribut reste néanmoins lourd avec 404 décès constatés, rappelant la fragilité de la condition humaine face à l'imprévu. Malgré les efforts de prévention, la route demeure un théâtre de drames humains. Les 1.154 accidents de la circulation recensés ont engendré 38 décès et 1.463 blessés. Ces chiffres ne sont pas de simples statistiques; ils traduisent l'urgence d'une rééducation comportementale des usagers. Le plaidoyer des secouristes pour le respect du code de la route résonne ici comme un impératif de survie collective. L’expertise technique s’est illustrée dans la lutte contre le feu avec 804 interventions. L’efficacité des unités a permis de circonscrire des sinistres domestiques et un incendie de forêt qui, sans une réactivité immédiate, auraient pu basculer dans la catastrophe environnementale et humaine. Parallèlement, la lutte contre les intoxications au monoxyde de carbone demeure une priorité de santé publique. Les 20 incidents traités (41 intoxiqués, 1 décès) soulignent que la pédagogie de la maintenance thermique reste le rempart le plus efficace contre l'imprudence. Enfin, l'aspect multiforme de la mission de la Protection civile s'est manifesté à travers 8.074 opérations diverses. De la sécurisation d’événements culturels à l'appui logistique lors de manifestations sportives, l'institution démontre sa capacité à être le socle sur lequel repose l'organisation de la vie publique. Le bilan 2025 de Sidi Bel-Abbès ne se résume pas à une accumulation de données. Il illustre le passage d'une Protection civile réactive à une force de projection proactive. L’engagement de ces hommes et femmes témoigne d’un professionnalisme qui, face à la fatalité, choisit systématiquement le camp de la vie.



