Le Carrefour de Mostaganem

Un urbanisme défaillant où la qualité de vie s’en ressent fortement

Par Y.Zahachi

L'urbanisation effrénée à Mostaganem dégrade fortement la qualité de vie des citoyens, marquée par une bétonisation anarchique et une défiguration des quartiers périphériques. Les journaux et pages Facebook relaient un profond désarroi face à ces dysfonctionnements urbains. Cette situation appelle une refonte urgente de la gestion locale. Mostaganem connaît un étalement urbain rapide, avec un taux moyen de 3,3% par an entre 1984 et 2007, alimenté par des programmes de logements et des promotions immobilières qui consomment massivement le foncier. Cette densification chaotique, qualifiée de "bétonisation" défiant l'urbanisme, rend le cadre de vie invivable selon les habitants qui se sentent abandonnés par les autorités. Les quartiers comme El Arsa, Cln Lotfi, Djebli ou Tigditt illustrent un tissu urbain éclaté, avec un centre historique compact et des extensions diffuses aggravant l'isolement. Dans les quelques journaux, les plus près des préoccupations, ses habitants, des citoyens expriment une exaspération face aux démolitions laissant des ruines, aux immeubles en péril menaçant la sécurité, et à l'absence de réhabilitation du vieux bâti notamment certains immeubles de 1930, laissés pour comptes. Des pages Facebook, amplifient ces plaintes sur les restes de démolitions et les relogements non assurés où les habitants crient "Basta! Les associations de société civile dénoncent une exclusion des jeunes dans des "ghettos", sans culture, ni emploi, favorisant violence et désespoir. Sur Facebook et dans la presse, il est des associations qui critiquent le déni de la démocratie participative où les APC ignorent totalement la concertation malgré la Constitution algérienne. Dans le même raisonnement, ce sont des groupes de citoyens qui relayent un sentiment d'abandon, avec des quartiers périphériques livrés à l'économie souterraine. Ce désarroi collectif pointe un urbanisme excluant les usagers, transformant la ville en espaces hostiles sans perspectives. En tout état de cause, nombreux sont les citoyens qui ont la conviction que la gestion urbaine de Mostaganem pêche par son opacité et son rejet de la participation citoyenne, marginalisant la société civile malgré des projets comme la réhabilitation de la Cité 5 Juillet ou la construction de passerelles, par exemple. Sans diagnostic approfondi, ni normes d'accessibilité respectées, ces initiatives peinent à contrer la ghettoïsation et la dégradation patrimoniale. La gestion urbaine qui se trouve de facto, marquée par négligence et laxisme, sacrifie la qualité de vie au profit d'une bétonisation compacte et vorace qui se voit à cent lieues. Les plus avertis, des résidents de cette vitrine de la wilaya, estiment à juste titre, que sans réforme urgente, impliquant société civile et respect du code, la ville étouffe et perdra irrémédiablement la joie de vivre et avec, son âme côtière ainsi que son attractivité touristique. Sans risque de se tromper, il est permis de déduire aussi que seule une gouvernance inclusive, associant société civile et experts, arrêtera la spirale du désastre et rendra la ville plus vivable.

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De la splendeur des cascades à la cacophonie du Souk

Par H.Med Krelifa

Regarder aujourd'hui le secteur de l’Oued Aïn Sefra, c’est assister à l’autopsie d’un cœur urbain qui a perdu sa dignité. Ce qui fut jadis le siège de la "virilité" citadine — une structure ordonnée, un centre économique puissant et un patrimoine naturel majestueux — n'est plus qu'un amas hybride de fonctions, mal défini.
L'Éviscération du Patrimoine (1986).
Le déclin n'est pas le fruit du hasard mais d'une chirurgie brutale et mal maîtrisée. En 1986, la démolition de la Médina historique a agi comme une éviscération. En rasant ce quartier emblématique, on n’a pas seulement abattu des murs; on a détruit le rôle de "centre social et économique" que jouait ce noyau historique. Pour soigner cette plaie, les autorités ont injecté du "transitoire" : des hangars de fortune, des solutions précaires qui trente-cinq ans plus tard, se sont fossilisées dans le paysage, transformant la ville en un campement permanent. Le dallage de l'Oued est en lui un enterrement de son âme. L’autopsie révèle une seconde blessure mortelle: le dallage de l’Oued. Avant les années 80, Aïn Sefra respirait au rythme de ses cinq cascades. C’était un organisme vivant, doté d’une faune et d’une flore qui régulaient le climat de la cité. Plutôt que de traiter la pollution à la source, on a choisi d’enterrer le cadavre sous 1,5 km de béton. Ce dallage, contesté par la société civile, a transformé une merveille naturelle en une dalle stérile, un socle pour le désordre, occultant les risques de crues tragiques au profit d'une station de bus et d'un parking non réglementé. Un souk hybride qui occulte une identité défigurée car à Mostaganem, le centre-ville a perdu sa hiérarchie.
À la place de l'élégance du marché couvert historique, s'est greffé un souk tentaculaire et informel. C’est ici que le bât blesse. Les habitants des cités modernes (Le Radar, Kharouba, Haï Salem etc..), pourtant dotées de commodités, quittent leur confort pour se déverser dans cette cacophonie. Ajouté à celle-ci, le secteur du transport devient une honte. C’est dans ce décor de "pacotilles, les bus vétustes dont certains perdent leurs freins dans un dernier souffle mécanique, squattent les trottoirs, moteurs tournants, achevant de polluer l'air de ce qui fut un paradis. La situation actuelle est un "souk hybride": un mélange de vide-greniers, de commerces de bouche précaires, de transport sauvage, un marché informel, le marché de poissons, de fruits et légumes, une toilette publique indigne, tout est embourbé dans une hygiène déplorable. Cette déchéance n'est pas une fatalité liée à la modernité, mais la conséquence d'une série de renoncements. Pour que le centre-ville retrouve sa virilité d'antan, il ne suffit plus de repeindre des bus ou de déplacer quelques étals. Il faut une volonté politique de restauration.
Le diagnostic est ainsi posé. Si rien n'est fait, le cœur de la ville continuera de battre au rythme des gaz d'échappement et des hangars de tôle, loin des cascades qui faisaient sa fierté. L’autopsie révèle que le problème du transport n’est que la face émergée de l’iceberg. Tant que l’Oued Aïn Sefra restera emprisonné sous son dallage et ses hangars, aucune réforme ne fonctionnera.
La société civile n’exhorte pas à une simple retouche, mais à une renaissance. Relancer le projet d’aménagement de l’Oued Aïn Sefra est l’unique levier pour libérer l’espace public du squat des bus et de la pollution. Sanctuariser le patrimoine naturel en pensant, un jour, à redonner son ciel à l'Oued AïnSefra pour enfin restaurer l'équilibre entre modernité (Tramway) et environnement.

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Mostaganem face au Fléau des Psychotropes. Appel à la Conscience Citoyenne

Par H. MedSoltane

Mostaganem, notre ville, est un foyer d'histoire, de culture et de vie. Pourtant, sous cette façade familière, une gangrène silencieuse s'installe, menaçant le tissu même de notre société: le trafic et la consommation ouverts de psychotropes. Il est impossible, pour un citoyen conscient de vivre dans une société comme la nôtre, sans ressentir l'impératif brûlant de la changer. L'Urgence d'une Réalité Insoutenable. Nous ne parlons plus d'un phénomène marginal ou caché. La situation a atteint un point de rupture, un niveau d'audace et de délitement qui défie l'entendement. À Mostaganem, aujourd'hui, les psychotropes se vendent ouvertement devant les portes, parfois en pleine nuit, à deux heures du matin. Chaque matin, le réveil est accompagné du même constat amer : les balayeurs ramassent des capsules jonchant le sol de nos rues. Ces débris ne sont pas de simples ordures ; ce sont les cicatrices visibles d'une violence sourde qui ronge nos enfants et nos familles. Cette réalité est une intégration forcée dans un milieu de délinquance qui s'opère en plein cœur de nos quartiers, ceux-là mêmes qui sont pourtant censés être résidentiels et sécurisés. Que reste-t-il de la quiétude d’un foyer lorsque l’ombre du narcotrafic plane au-dessus des têtes de nos écoliers?
La Mobilisation est Notre Devoir, l'Indifférence Notre Échec.
Habitants de Mostaganem, l'heure n'est plus à l'attente passive. Ce fléau est l'affaire de tous. Attendre que l'État, seul, résolve ce problème, c'est lui donner le temps de s'enraciner davantage. La peur est leur allié, notre silence est leur victoire. Créons des comités de quartier, des chaînes de solidarité pour identifier et signaler systématiquement les points de deal. La discrétion et la persévérance sont nos armes.
Protégeons Notre Jeunesse: Ouvrons le dialogue avec nos enfants, informons-les sur les dangers réels de ces substances. La prévention commence dans nos foyers.
Rendons nos Espaces Publics à la Vie : Réinvestissons nos parcs et nos rues par des activités saines (sport, culture, loisirs) pour chasser l’oisiveté et la délinquance de ces espaces. À la wilaya, aux services de sécurité, à la justice : vous êtes les garants de l'ordre public et de la sécurité de nos citoyens. Nous saluons vos efforts, mais la situation actuelle démontre qu'ils sont insuffisants face à l'ampleur du désastre. Nous exigeons plus de Vigilance : Des patrouilles de nuit ciblées, une présence dissuasive aux heures où ce trafic s'exerce le plus ouvertement. Nous demandons plus de Fermeté : Une tolérance zéro pour les dealers et les têtes de réseaux qui profitent de la misère humaine.
Les sanctions doivent être exemplaires et dissuasives. Nous réclamons une Stratégie Holistique : Le problème n'est pas uniquement sécuritaire, il est aussi social et sanitaire. Il faut une meilleure prise en charge des toxicomanes et des programmes de réinsertion crédibles. En conclusion, l'âme de Mostaganem est en jeu. Que chacun se lève et prenne sa part de responsabilité. Aux habitants, je dis : Mobilisez-vous! Ne balayons plus uniquement les capsules; balayons l'indifférence ! Aux autorités, je lance un appel pressant : la vigilance doit être accrue, l'action doit être immédiate. Ne laissez pas nos quartiers devenir des zones de non-droit. Unissons nos forces pour que nos enfants puissent grandir dans une ville sûre, sereine et digne de son histoire.


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