La zone steppique subit une érosion alarmante. Sidi Bel-Abbès face au défi climatique

A la clôture de l’année 2025, la quatrième session ordinaire de l’Assemblée Populaire de Wilaya (APW) de Sidi Bel-Abbès a transcendé le simple cadre administratif pour se muer en un véritable forum d’urgence écologique. Entre pressions anthropiques et dérèglements climatiques, le diagnostic posé par la commission économique et financière appelle à une refonte structurelle de la gestion du territoire. Le rapport présenté par le président de la commission économique et financière ne se contente pas de dresser un constat de carence, il expose une vulnérabilité systémique. La zone steppique qui constitue le poumon méridional de la wilaya et représente 40 % de sa superficie totale, subit une érosion biotique alarmante. À cela s'ajoute la fragilité d'un massif forestier de 205 hectares, désormais pris en étau. L’analyse met en exergue une «synergie destructrice»: aux facteurs naturels exogènes, à savoir un vent de sable abrasif, thermogenèse extrême et stress hydrique persistant, se greffent des pratiques humaines délétères. Le labour anarchique, le surpâturage extensif et la récurrence des incendies ne sont plus seulement des incidents isolés, mais les vecteurs d’une dégradation profonde du couvert végétal, compromettant la résilience de ces espaces fragiles. L’un des points d’orgue de cette session fut la critique nuancée, mais ferme, de l’absence de programmes de reboisement adaptés. L'époque des interventions ponctuelles semble révolue, l'heure est à la rigueur scientifique. La commission préconise l’adossement aux pôles d'expertise d'où une sollicitation accrue du Haut Commissariat au Développement de la Steppe (HCDS), transformer la steppe de simple espace de pâturage en un actif économique, social et environnemental durable, le recours systématique à des bureaux d’études spécialisés pour garantir la viabilité des essences plantées. A cet effet, « La protection du patrimoine forestier n'est plus une option de conservation mais un impératif de souveraineté territoriale », a souligné l'intervenant, appelant à une convergence entre la conservation des forêts, la Direction de l’environnement et les flux financiers nécessaires à cette ambition. Pour traduire ces recommandations en actes, une feuille de route quinquennale (2025-2030) a été esquissée. Ce plan ne repose pas uniquement sur la technique, mais sur une gouvernance inclusive. La création d’une commission de wilaya, placée sous l'autorité directe du wali, vise à briser les silos administratifs en impliquant activement les Assemblées Populaires Communales (APC) et la société civile. Cette approche horizontale marque une rupture, la lutte contre l’avancée du désert devient l’affaire du citoyen et de l’élu local et non plus une prérogative exclusivement étatique. Qualifiant cet exposé d’une «extrême valeur», le wali de Sidi Bel-Abbès a immédiatement acté la nécessité d’un suivi rigoureux. En instruisant les services de l’environnement et des forêts de traduire ces propositions en mesures opérationnelles, l’exécutif de la wilaya semble vouloir ériger Sidi Bel-Abbès en modèle de résilience face au défi climatique. Il reste désormais à transformer cette volonté politique en une réalité de terrain où chaque hectare reboisé et chaque steppe préservée seront les remparts de la wilaya contre l’inexorable avancée du sable.


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