Transport routier de voyageurs. Des engins de la mort qui roulent toujours

Le transport urbain et inter wilaya de voyageurs, par bus et taxis collectifs, s'est gravement dégradé en quelques années. De 2008 à ce jour, de nombreux dysfonctionnements ont été constatés par les usagers, les responsables du secteur et les professionnels. De nombreux bus de transport de voyageurs sont des épaves constituant un danger permanent pour la sécurité routière. De même que les taxis collectifs dont certains ne répondent plus aux normes et offrent des prestations médiocres. A l'ouverture au privé du secteur du transport routier de voyageurs, des règles auraient du être imposées d'une manière stricte et définitive. Etre transporteur, c'est obéir à un cahier de charges précis et contraignant que ce soit du point de vue de la qualité du service, du confort que de celui de la sécurité des voyageurs et des autres usagers de la route. Or, ce qu'on a constaté au fil des ans, c'est un laisser-aller presque total. L'Etat a ouvert le créneau au privé, dans le but de soulager la population en matière de transport mais n'a pas veillé au respect des garde-fous qu'il avait imposés. Quand on se proclame transporteur de voyageurs, notamment par bus, c'est d'abord disposer d'un minimum de trois véhicules et d'un atelier de maintenance. Ce n'est pas le cas de tous les transporteurs privés. Si l'on se réfère aux déclarations du ministère du Transport, Saïd Sayoud, «plus de 84.000 bus sont à renouveler». C'est dire que le parc national est vieillissant et donc constitue un danger pour la sécurité et l'inconfort pour les voyageurs. Pire, certains bus ont plus de 30 ans et continuent encore à circuler avec tous les désagréments qu'on peut imaginer, y compris la pollution. Ce sont en fait de véritables épaves qu'il est urgent de les interdire à circuler. Un autre point est à souligner, celui du contrôle technique. Au début, de nombreux professionnels se sont opposés au processus. Il a fallu le concours et l'intervention des différentes organisations de transporteurs et des syndicats pour les convaincre de la nécessité et de tout l'intérêt du contrôle technique. Celui-ci, initialement, se contentait de vérifier la suspension, le freinage et la direction. Aujourd'hui, tout le monde sait que non seulement le contrôle technique n'est pas systématique mais en plus, il doit s'intéresser à d'autres aspects du véhicule surtout lorsqu'il s'agit de transport de personnes. Faut-il ajouter le contrôle inopiné sur les axes routiers comme cela se faisait dans le temps. Les éléments de la gendarmerie ont tout le droit, lors des barrages routiers, de procéder à la vérification des véhicules paraissant suspects en matière de sécurité. Vérification du système de freinage, la signalisation, le poids, etc... Tout cela ne se fait plus aujourd'hui, sans parler évidemment du respect du code de la route que de nombreux conducteurs préfèrent ignorer. Les pouvoirs publics ont la lourde responsabilité d'éduquer mais aussi de sévir.
La route en Algérie est devenue très dangereuse. La cause principale étant l'impunité. Sanctionner lourdement est, dans l'urgence, le meilleur moyen de dissuader les récalcitrants et imposer le respect du code de la route. A signaler que l'année dernière, le bilan des accidents de la route a fait état, selon la Délégation Nationale à la Sécurité Routière de 3.740 morts et 35.556 blessés en 2024. En 2023, 1.893 morts et 79.771 blessés. Et en zones urbaines, pas moins de 751 morts et plus de 22.000 blessés en 2024.


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