Le Carrefour de Mostaganem

Améliorer l’image touristique. Un objectif majeur semé d'embûches

Par Y. Zahachi

La wilaya de Mostaganem, connue pour ses plages étendues et son patrimoine culturel, fait face à un défi de taille: son image touristique ne répond plus aux attentes de ses hôtes. Malgré ses atouts naturels indéniables, ses infrastructures urbaines vieillissantes, la congestion urbaine éloignent les espoirs d’une destination de premier plan. Les autorités locales, conscientes de ces lacunes, multiplient les initiatives pour redynamiser le secteur, mais le chemin vers une transformation durable reste semé d’embûches. Un bilan mitigé pour le tourisme urbain: Le centre-ville de Mostaganem, cœur historique et économique, symbolise cette dichotomie. Alors que des projets de réhabilitation sont en cours, comme celui de la zone d’Aïn Sefra visant à rénover les arrêts de bus, les marchés et à créer des espaces verts, les retards dans l’exécution des travaux posent un sérieux problème. La congestion routière et l’urbanisation chaotique, soulignées dans les études préliminaires, altèrent l’expérience des touristes, notamment dans les quartiers centraux où le patrimoine architectural peine à briller. Pourtant, des avancées notables émergent avec le nouveau plan d’aménagement urbain (PDAU), approuvé en 2023 lequel prévoit la construction de tours modernes avec l’intégration de 585 hectares urbanisés. Ces projets pourraient redessiner le paysage urbain, à condition qu’ils soient menés selon l’ambition d’en faire une destination. En matière de Plages et hébergement, la situation est entre potentiel et défis avec 59 plages autorisées à la baignade, la wilaya de Mostaganem mise sur son littoral. Cependant, l’affluence record a exposé les limites des capacités d’accueil. Pour y répondre, sept nouveaux hôtels (719 lits) ont été inaugurés, portant la capacité totale à 4 000 lits, complétés par des campings saisonniers. Malgré cela, les professionnels dénoncent encore un déficit en hébergement et en services premium, essentiels pour attirer une clientèle internationale. La formule «hébergement chez l’habitant», plébiscitée pour son accessibilité (5 000 à 8 000 DA/jour), pallie partiellement le manque, mais soulève des questions sur la régulation des prix et la qualité des prestations. S’agissant des mesures et investissements, il y a comme un vent d’optimisme puisque les autorités ont débloqué 4,3 milliards de centimes pour l’embellissement des plages et le réaménagement des espaces publics, une enveloppe cruciale pour améliorer l’accueil. Par ailleurs, le parc d’attractions «Mostaland», avec ses 500 000 visiteurs en 2022, illustre le succès des investissements dans les loisirs familiaux, combinant Aquaparc, Zoo et infrastructures hôtelières. De son côté, la Direction du Tourisme et de l’Artisanat joue un rôle clé en soutenant les investisseurs via des incitations fiscales et un accompagnement technique, notamment dans les 16 Zones d’Expansion Touristique, qui couvrent 4 724,8 hectares. Ces zones, comme Cap IVI ou Kharrouba, pourraient devenir des pôles d’attraction majeurs si les projets d’aménagement démarraient un jour. Mostaganem va-t-elle vers une saison estivale exemplaire? Les indicateurs financiers de 2024 montrent une amélioration: le taux d’exécution budgétaire a atteint 100 % pour certains programmes sociaux, grâce à une coordination renforcée entre les acteurs locaux. Le wali Ahmed Boudouh insiste sur la nécessité de lutter contre les occupations illicites des plages et parkings, un fléau qui ternit l’image de la wilaya pour lequel les forces de sécurité ne baissent pas la garde. Les professionnels du secteur, optimistes, tablent sur une saison 2025 exceptionnelle, avec une diversification des offres (écotourisme, tours culturels) et une montée en gamme des établissements. Reste à concrétiser ces ambitions sans sacrifier l’authenticité qui fait le charme de Mostaganem. En conclusion, si Mostaganem peine encore à incarner la vitrine touristique idéale, les efforts engagés depuis 2022 dessinent une feuille de route prometteuse. La clé réside dans l’équilibre entre modernisation et préservation, et dans la capacité des autorités à transformer les plans en réalités tangibles. Pour les visiteurs, l’espoir d’une destination renouvelée se profile à l’horizon… à condition que les promesses ne restent pas lettre morte.

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Festival national du «Inchad». La 11ème édition annoncée pour le Ramadhan

Par Charef Kassous

319903-010325Du 11 au 15 mars et trois jours durant le mois de Ramadhan, Mostaganem vibrera au rythme du festival national d'«El Inchad». Des soirées prévues au niveau de la scène du théâtre régional de Mostaganem. L’annonce de cette manifestation a été faite lors de la conférence de presse tenue à l’hôtel «Kasr El Mansour» des Sablettes dans la commune de Mazagran. La conférence a été animée par Mr Bendehiba Belalia, Commissaire National du Festival et par le Dr Med Merouani, Directeur de la Culture et des Arts de la wilaya. Dans son intervention, le Directeur de la Culture s’est exprimé pour indiquer que cette manifestation s’inscrit dans le programme des activités culturelles du mois sacré du Ramadhan. Il assure, par ailleurs, qu'«El Inchad» comme art a, effectivement, évolué dans la wilaya grâce au travail accompli par des troupes. Cet art, dira-t-il, maintient sa place sur l’échiquier culturel national car il s’inscrit dans la stratégie du Ministère de la Culture et des Arts comme patrimoine national authentique. A son tour, le Commissaire du festival parle des préparatifs ainsi que du programme des présentations prévues pour les trois jours. Il annonce la participation de personnalités stars d'«El Inchad» de France et de Tunisie, attendues à cet évènement. D’un autre côté, cette manifestation culturelle entame sa nouvelle édition avec l’accueil de troupes des wilayas d'El Bayadh, Béchar, Naâma et Tiaret en plus des troupes de la wilaya de Mostaganem. Le commissaire assure également que les troupes allaient entrer en compétition dès la première soirée. Le Commissaire aborde le volet de la formation donnant l’occasion à des chanteuses et à des enfants pour devenir les stars de l’avenir dans la spécialité. La presse locale présente a débattu largement avec Mr B.Belalia , commissaire national sur les questions de l’organisation, de pérennisation du chant «El Inchad» en dehors des activités du festival proprement dit, sur l’absence de cette pratique artistique le reste de l’année, sur le manque de spectacles, sur l’école de ce chant ainsi que sur l’itinérance des activités du festival en dehors du chef-lieu Mostaganem. Faut-il souligner qu’à Mostaganem, ce type de chant est valorisé dans son propre milieu et vient se greffer aux activités culturelles tant attendues les soirées du mois sacré du Ramadhan.

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Les Hauts Faits d’Armes de Mazagran (Partie II)

Par Y. Benguettat

370366-010325Le saviez- vous? L’Expédition de 1543 contre Mostaganem Mazagran était déjà programmée par les Espagnols ? Alors comment ? Qui pouvait donner des informations à l’Espagne avec autant de précision? Il faut savoir que Mazagran a reçu son lot andalou expulsé d’Espagne et comme il y avait déjà un antécédent avec la fameuse capitulation de 1511, un bout de papier sans aucune valeur signé est validé par quelques locaux ‘’je laisse le soin à notre cher lecteur de faire son interprétation à la mesure de l’évènement.’’ Donc la réponse est toute trouvée, elle ne pouvait être et venir, que parmi ces mêmes expulsés andalous.
Voici comment la préparation de l’expédition s’est faite. Au cours d’un voyage à Tunis en 1535. Voici un montage extrait du texte (Revue Africaine) : LII. Avis donné à Tunis à sa Majesté sur ce qu’il serait possible de faire avec la flotte pour nuire aux ennemis. Juillet 1535. (Arch. De Simancas. – Estado, Légajo 462). Sa Majesté irait à Mostaganem, ville qui appartient au roi de Tlemsèn (Tlemcen). Les habitants enrichis par le commerce, sont au nombre de quatre mille. La place n’étant éloignée de la mer que de six pas, pourrait être facilement canonnée par l’artillerie des gardes. Mazagran, située à trois mille de Mostaganem, et à une distance un peu plus grande de la mer.
1e : Les espagnols à Mazagran et la bataille d’Ouréah par J Rufer
Cette première tentative qui allait durer quelques jours se termina par la fuite des Espagnoles sur Oran : Extrait du livre Histoire de Mostaganem et de Mazagran par J. Rufer chapitre II intitulée Les Espagnols à Mazagran et la bataille d’Ouréah par J Rufer. Extrait : Expédition du 24 Mars1543, la colonne espagnole campa près de la source d’Ouréa (Ouréah). Elle était composée de 7ept mille fantassins, dont cinq mille étaient armés d’arquebuse et d’arbalètes, et de cent soixante cavaliers auxquels étaient venus se joindre trois cent lances maures. L’artillerie comprenait une grosse pièce de siège et cinq canons de campagne. Les galères turques étaient venues observer la marche de la colonne espagnole etc... Incessamment attaqués, privés de nourriture et de repos, les troupes du comte n’étaient déjà plus capables de débloquer leur camp. Il fallait se résigner à battre en retraite.

Deuxième tentative: "Expédition de 1548 par les Espagnols contre Mostaganem".
E. Vernaz le Vieux Mostaganem pages 7, 8, 9, 10, 11,12. Voici un extrait qui en dit long sur l’acharnement du comte d’Alcaudete de reprendre Mostaganem et Mazagran, avec un esprit revanchard manifeste et c’est ce qui va lui coûter très cher et terminer par une déroute et une débandade mémorable. Voici un petit extrait. "Expédition de 1548 par les Espagnols contre Mostaganem’’. En 1548, les complications politiques soulevées du côté de Tlemcen, venaient de s’évanouir. Ces nouveaux conquérants turques avaient tourné leurs vues ambitieuses d’un autre côté et des troupes de renforts, jetés par eux dans Mostaganem, témoignaient assez qu’ils cherchaient à faire de cette ville, importante à cette époque, la base de leurs nouvelles opérations contre les chrétiens; mais le comte d’Alcaudete inquiet de ce menaçant voisinage, avait juré de leur arracher cette position remarquable, et la soumettre à la domination Espagnol etc... Cette nouvelle tentative s’est soldée comme la deuxième par une défaite cuisante qui est restée en travers de la gorge du comte d’Alcaudete non content du résultat et ses conséquences en pertes humaines et matériels.

"Expédition de 1558 par les Espagnols contre Mostaganem"
Cette troisième tentative et la dernière va être le théâtre de combats acharnés contre le comte d’Alcaudete et ses troupes. Cette expédition restera dans les annales de la guerre et inscrite dans les tablettes de l’histoire. C’est cette bérézina qui a coûté la vie à des centaines de soldats et en pertes de matériels.
Mais le plus dur à accepter c’est la mort. Je vous laisse découvrir la suite par ces extraits. "Expédition de 1558 par les Espagnols contre Mostaganem". Dix ans se sont écoulés depuis le comte d’Alcaudete ruminant sa défaite passée, entrepris pour la troisième fois de vouloir à tout prix de prendre Mostaganem et Mazagran intimement liées par la configuration du terrain, Mazagran étant la porte pour ainsi dire sur le plan militaire un avant-poste stratégiquement important. Voici un extrait : En l’année 1558, Le Gouverneur d’Oran passa en Espagne afin d’y solliciter du Grand Conseil de Castille, un renfort en hommes et en matériel de guerre. L’objet de l’expédition qu’il avait en vue, était de s’emparer à tout prix de Mostaganem, lieu de ravitaillement où s’appuyaient les armées Turcs, et de préparer par-là les voies pour tenter de nouveau la conquête des villes du littoral jusqu’à Alger. Malgré les mises en gardes et conseils de s’abstenir d’une nouvelle expédition, le Comte d’Alcaudete arriva quand même à convaincre la reine. Voici un extrait pour comprendre l’état d’esprit qui animait les revanchards de l’histoire de vouloir à tout prix avoir raison. La reine Jeanne, qui gouvernait pour Philippe II son mari, donna son approbation aux plans du Comte d’Alcaudete et accorda les six mille hommes qu’il demandait, malgré la vive opposition de don Juan de Véga, président du Conseil de Guerre de Castille, et du marquis de Mondejar, gouverneur de la province de Grenade. Ces deux éminents personnages jugeaient fallacieuses les promesses de secours données par le chérif du Maroc.

 


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