Bejaia. Le port modifie son système de travail et passe au système 24/24 h

Le port de Bejaïa vient de modifier son système de travail en optant pour le système 24/24 h, en se mobilisant pour un service continu. En effet, l’entreprise portuaire de Bejaïa (EPB) qui, par le biais d’un communiqué, informe qu’en « application des instructions du Président de la République et conformément aux orientations de Monsieur le Ministre des Transports », en précisant que « le port de Bejaïa à franchi, depuis le Dimanche 16 Février 2025, une nouvelle étape en adoptant un régime de travail de 24h/24 et 7j/7 à savoir la mise en place d’un quatrième shift (de 01h00 à 07h00 du matin) tout en adaptant à ce fonctionnement ses moyens humains et matériels ».

« Cette décision a pour objectif de renforcer l'activité portuaire et de garantir un service continu pour les activités commerciales et économiques, en étroite collaboration et coordination avec tous les intervenants portuaires », indique encore le communiqué de l’entreprise portuaire de Bejaïa (EPB). Rappelons que le président de la République, M. Abdelmadjid Tebboune, a ordonné, lors de la réunion du Conseil des ministres, de modifier le système de travail dans les ports avant la fin du mois en cours, selon le système 24/24 h, notamment dans les ports à activité économique.
Rappelons que le port de Bejaia est classé deuxième au niveau national en matière de trafic de marchandise et cette entreprise s’est adaptée aux nouvelles exigences des opérateurs économiques et des nouvelles filières développées tels que la trituration de graines oléagineuses, l’exportation du zinc de la minerai d’Amizour et l’exportation du ciment. Un nouveau quai est dédié à l’activité de la mine de zinc et de plomb d’Amizour sera réceptionné avant cette fin d’année et sera consacré exclusivement à l’activité commerciale de la mine qui acheminera les produits miniers à partir de ce port de Bejaïa, ce qui permettra d’économiser des sommes colossales à l’Etat. La mise en place d’une plateforme numérique et d’autres systèmes électroniques en cours d’élaboration permettra de digitaliser les procédures et de la gestion portuaire sont aussi au menu des projets de l’EPB qui s’ajoute à la relocalisation du port pétrolier. Concernant l’entreposage, la relance de la plateforme logistique à la zone logistique extra portuaire, située dans la commune de Tixter (Daïra de Ain Taghrout, wilaya de Bordj Bou Arréridj) est aussi à l’ordre du jour, qui s’ajoute à la mise en place d’un laboratoire intégré pour le contrôle des produits alimentaires transitant par le port.
Ce laboratoire d'analyse intégré a été déjà examiné par une commission ministérielle mixte, composée de membres du ministère de l’agriculture et du développement rural, du ministère du commerce, du ministère des transports, ainsi que des représentants des douanes, qui a inspecté les lieux.
Le laboratoire s’est spécialisé dans l’analyse des produits agricoles et alimentaires qui transitent par le port de Bejaïa. La mise en place du laboratoire d'analyse des produits agricoles et alimentaires au sein du Port de Bejaïa vise à améliorer la protection du citoyen contre les produits contrefaits avec la consolidation des procédures judiciaires contre la fraude et la protection des biens et marchandises entrant et sortant des frontières. Le laboratoire d'analyse des produits agricoles et alimentaires une fois opérationnel permettra aussi de réduire le temps d’attente en rade et à quai des navires ; « ce qui engendrera aussi une diminution considérable des surestaries », estime un spécialiste du domaine qui se réjouit de la création future de ce laboratoire. Rappelons aussi que l’Entreprise portuaire de Béjaïa (EPB) a enregistré une croissance du trafic des marchandises générales de l’ordre de 11, 5 millions de tonnes, dont 8, 5 millions hors hydrocarbures (3, 5 tonnes en vrac liquides et cinq tonnes en vrac solide, en sus de trois millions de tonnes de marchandises diverses dont le bois et le fer. Le port de Béjaïa est classé parmi les ports les plus performants en Afrique, selon un rapport établi par l’Agence ECOFIN, la Banque mondiale et S&P Global Market Intelligence.
A l’échelle continentale, le port à conteneurs de Béjaïa, occupe la 21ème place parmi 46 et la 256ème parmi 348 ports à l’échelle mondiale », indique un rapport relatif à l’indice mondial de performance des ports à conteneurs (CPPI), établit une comparaison des performances des différents ports à conteneurs dans le monde selon leur efficacité, en mesurant le temps écoulé entre l’arrivée en rade d’un navire et son départ du poste d’amarrage, une fois l’échange de cargaisons effectué. Le rapport en question souligne toutefois que « la majorité des ports du continent africain, pâtissent de la durée excessive des cycles de chargement-déchargement, qui fait peser un risque constant de perturbation sur la chaîne logistique ». Il a par ailleurs été constaté qu’une nette amélioration des conditions opérationnelles depuis les perturbations sans précédent, causées par la pandémie de Covid-19, partout dans le monde, les ports à conteneurs continuent globalement à récupérer leur retard. Ils pourraient toutefois gagner davantage en efficacité dans certains domaines à condition d’accroître leur productivité et d’améliorer la qualité de leurs services, en dématérialisant davantage, les procédures et en modernisant les infrastructures.
Le Port de Bejaïa a vu ces dernières années son système de gestion amélioré et modernisé en se dotant de système de fenêtres d’accostage, qui est un nouveau dispositif qui prend en charge la planification des arrivées des navires à conteneurs. « Le système de fenêtres d’accostage a permis à l’EPB d’attribuer un programme d’accostage préétabli à un armateur opérant au port de Béjaïa en lui délivrant un espace Web », nous explique un cadre de l’EPB. Ce système a permis aussi de réduire les délais d’attente en rade pour les navires porte-conteneurs et la facture des surestaries que supporte le Trésor public. A ce nouveau système de gestion, s’ajoute l’amélioration des procédures de contrôle aux frontières, à travers la mise d’un nouveau laboratoire.
Sur un chapitre, l’unité de l'Entreprise de réparation et de construction navale (ERENAV) de Bejaia cumule beaucoup de défis. L'unité de l'ERENAV est installée dans les limites du port commercial de Bejaïa et s’occupe essentiellement des grands bateaux et est sur le point d’élargir ses prestations, en s’ouvrant notamment sur la flottille de pêche pour la maintenance et la réparation. Un terrain a été attribué à cette entreprise de réparation et de construction navale au niveau du nouveau port de pêche de Tala-Guilef, à 35 km à l’ouest de Bejaïa, pour créer une vingtaine d’ateliers spécialisés dans les principaux corps du métier, dédiés soit à la réparation à sec ou à flot. Des défis relevés, que ce soit par l’EPB ou l’ERENAV, grâce aux compétences nationales qui se distinguent et tirent leurs épingles du jeu à l’international. La disponibilité de la logistique et la célérité dans l’accomplissement de diverses opérations en rapport (manutention, stockage, distribution) offre l’opportunité à l’accueil et au traitement des grands navires (60.000 tonnes), soutenu par l’existence sur place au port d’un tirant d’eau, allant de 08 à 12 mètres. Maintenir le Port de Bejaïa au rang de port performant, « catalyseur de la compétitivité de l’économie nationale, moteur du développement régional du territoire et acteur incontournable dans le positionnement national en tant que plateforme logistique dynamique », est l’objectif primordial de l’entreprise portuaire de Bejaïa (EPB) appuyé, désormais, par les pouvoirs publics. Notons enfin que la compagnie maritime italienne GNV prévoit de lancer une liaison entre le port de Sète et celui de Béjaïa. Une délégation de GNV avait visité le port de Béjaïa en décembre dernier afin de préparer son arrivée sur le marché algérien.
En plus de cette ligne avec le port de Sète, le port de Bejaïa est relié à Marseille par une desserte de la compagnie maritime nationale Algérie Ferries et de Corsica Linea, une compagnie française privée de navigation maritime assurant le transport de passagers, de véhicules ainsi que de fret en car-ferry depuis le port de Marseille.

 


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