Démocratie participative. La désillusion du mouvement associatif inquiète
Par Lotfi Abdelmadjid
Ces dernières années avec les grandes réformes opérées en Algérie on a créé l’observatoire National de la Société civile pour bien des raisons. La plus importante qui devrait se conformer avec la vision des pouvoirs centraux c’est donc la promotion de la démocratie participative dans la dynamique du développement préconisé. Mr Abdelmadjid Tebboune, Président de la République a même déclaré que la société civile est un partenaire actif dans la formulation, la mise en œuvre et l'évaluation des politiques publiques, au service de l'intérêt général". La loi algérienne confirme cette vision. Car dans la constitution révisée en 2020, la participation citoyenne est un impératif qui permet aux collectivités locales de promouvoir la concertation dans la gestion des affaires relative au développement. La loi, la Constitution et l’Observatoire National de la Société Civile sont des instruments qui doivent, en principe, faire bouger les lignes, c’est-à-dire renforcer le rôle de la société civile et mettre en valeur sa contribution au développement national. A Mostaganem et à l’instar des autres wilayas, sur le terrain, cette volonté des pouvoirs publics peine à se réaliser, pour beaucoup de représentants du mouvement associatif local, c’est l’irritable désillusion car la situation est morose et les collectivités locales semblent ne rien savoir sur la concertation. Ces dernières ignorent l’étendue de cette stratégie et tournent carrément le dos à la participation citoyenne. S’il s’agit de voir de près, les Assemblées communales et même les élus des assemblées nationales toutes regardent vers le haut et semblent ne pas se soucier de toutes ces énergies associatives de la base citoyenne.
A Mostaganem, il y a certes une dynamique du développement dans toutes ses dimensions mais la concertation reste toujours absente. Face à une telle situation et si on avait à disséquer le mouvement associatif de la wilaya à la base on se rend compte qu’il ne tient pas le cap qu’on lui a tracé. Désemparés les représentants associatifs ne croient plus à ce concept, celui de démocratiser la gestion des affaires des citoyens. Il n’a y a qu’à voir l’agitation des représentants associatifs sur les réseaux sociaux. Avant la promulgation du concept de la ‘’Démocratie participative’’ aux associations actives on leur présentait les projets pour des avis et même pour des propositions dans le but de ne pas rater le projet. Un concept très mal compris par ceux qui sont perchés sur les cimes de l’Observatoire National de la société civile et qui ont la charge de le promouvoir. Selon beaucoup, la société civile est, à la base, très mal représentée car ceux d’en haut ne connaissent guère ceux d’en bas. Ceci s’explique d’ailleurs, par le fait que ceux qui sont représentants des wilayas de cet organe (ONSC), ont été désignés mais jamais élus par la base. Il y a parmi eux qui n’ont jamais été dans une association ni ne connaissent l’associationnisme, ni n’échangent avec les associations pour mieux comprendre leurs aspirations. Mr Nourredine Benbraham, président de l’ONSC doit secouer le cocotier et faire du ménage dans ses rangs car sur plusieurs wilayas du pays on ne connait pas cet organe du fait que son activité avec le mouvement associatif est quasi inexistante… La démocratie participative est, à ce jour, un chantier ouvert et sa promotion se fait attendre sur le terrain. A Mostaganem, le tissu associatif est riche en actions bénéfiques pour la société, alors il faut en tenir compte.
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Béni-Ifren et Béni-Zaroual. Des tribus berbères conquérantes
Par Med Soltane
Après la «Reconquista» de l’Andalousie de 1492 par les rois catholiques Isabel et Fernando, les andalous chassés par l’inquisition, ont trouvé refuge à Mostaganem. C’est ainsi que les Beni-Ifren et les Beni-Zeroual, deux tribus berbères islamisées ayant également participé à l’hégémonie de la civilisation arabo-musulmane andalouse. Les Beni Ifren et les Beni Zeroual, deux tribus berbères zénètes d'Afrique du Nord, ont effectivement joué un rôle important dans l'histoire d'Al-Andalus (Espagne musulmane). Ces tribus, réputées pour leur bravoure et leur organisation militaire, ont participé à la conquête de l’Espagne au 8? siècle et y ont laissé une empreinte durable. Voici un éclairage sur leur rôle en Al-Andalus: Les Beni Ifren en Espagne, originaires du Maghreb central, étaient connus pour leur force militaire et leur esprit d'indépendance. En Al-Andalus, ils ont participé à la conquête musulmane : Après 711, les Beni Ifren ont fait partie des tribus berbères ayant traversé le détroit de Gibraltar avec les troupes de Tariq ibn Ziyad et de Moussa ibn Noçaïr. Ils ont joué un rôle clé dans la conquête de nombreux territoires.
Leur influence politique: Les Beni Ifren se sont distingués en établissant des alliances et en revendiquant des zones d’autorité dans le sud de l’Espagne. La résistance contre l’hégémonie arabe: Comme de nombreuses tribus berbères, les Beni Ifren ont parfois résisté à l’autorité des Omeyyades de Cordoue, cherchant à défendre leurs propres intérêts et leur autonomie. Les Beni Zeroual en Espagne Les Beni Zeroual, eux aussi issus de la confédération zénète, ont suivi une trajectoire similaire.
Contributions à la conquête: Avec d’autres tribus berbères, ils ont été des acteurs majeurs de la prise de territoires en Espagne, notamment dans les régions montagneuses où ils excellaient dans la défense et l’organisation militaire. Etablissement local : Ils se sont installés dans plusieurs régions, apportant avec eux leurs traditions et leur organisation tribale. Leur rôle dans les royaumes berbères d’Al-Andalus Au fil du temps, les Beni Ifren et les Beni Zeroual ont participé à la fondation de royaumes berbères indépendants en Espagne. Parmi leurs accomplissements : Participation à la fondation de taïfas berbères. Après la chute du califat omeyyade en 1031, l’Espagne musulmane s’est fragmentée en petits royaumes appelés taïfas. Les Beni Ifren ont notamment joué un rôle clé dans la fondation de taïfas berbères dans le sud de l’Espagne.
Alliances avec les Almoravides: Plus tard, certaines tribus berbères se sont alliées aux Almoravides (et plus tard aux Almohades) pour renforcer leur présence et leur influence en Espagne. Un héritage durable Les Beni Ifren et les Beni Zeroual ont contribué à enrichir la civilisation andalouse par leur expertise militaire : Ils ont aidé à défendre les territoires musulmans contre les forces chrétiennes pendant des siècles. Leur culture et traditions : Ils ont introduit des éléments culturels berbères, visibles dans l’architecture, l’agriculture, et la vie sociale d’Al-Andalus.
Leur influence linguistique: Certaines traces du vocabulaire berbère sont encore présentes dans les dialectes espagnols, notamment dans les régions où ces tribus étaient établies. Les Beni Ifren et les Beni Zeroual ont marqué l’histoire d’Al-Andalus non seulement par leur rôle militaire et politique, mais aussi par leur contribution culturelle. Leur parcours en Espagne témoigne de l’importance des Berbères dans la construction et la défense de la civilisation andalouse. Ces populations, en quittant l’Espagne, ont marqué profondément la région de Mostaganem et ses environs, avant que certains groupes ne poursuivent leur migration vers l'intérieur du pays. Voici un éclairage sur leur parcours : Les Beni Ifren et les Beni Zeroual à Mostaganem Origine andalouse. Ces tribus faisaient partie des vagues d'immigrants andalous qui se sont installés en Afrique du Nord après la Reconquista. En raison de leur proximité avec l'Andalousie et de leur rôle historique dans les royaumes musulmans, ils ont contribué à enrichir le patrimoine culturel, architectural et linguistique de Mostaganem.
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Essour (Aïn-Tedles). La muraille qui dévoile son histoire
Par Y. Benguetta
Nous continuons notre visite. Après Quiza, cette fois-ci c’est Essour qui est le sujet de notre série hebdomadaire sur l’histoire de Mostaganem et de ses environs. Pourquoi avoir choisi le village de Sour et sa muraille ? Pour la simple raison que ce site a une histoire intimement liée à l’histoire du site de Quiza. Le site qui est une partie d’une Citadelle dont il ne reste qu’un pan d’une grande muraille d’une centaine de mètres, se trouve dans la commune de Sour, Situé à 30 km de Mostaganem et à 5 km de la Daïra D’Aïn-Tedles. Perché en hauteur dominant la vallée du Chélif, ce qui lui confère une vue à 180° du Nord-Est. La particularité de ce pan de la muraille, c’est la tour de garde encore visible et presque intacte se trouvant à ce qui devait être l’angle de la partie latérale de l’ouvrage. A un moment de l’histoire de ce site, il a porté aussi le nom de Sour Kel Mitou, et mérite une explication qui sera donnée dans son ordre chronologique au fur et à mesure au cours de cette histoire. Vestige de l’ancien temps, dont voici des extraits qui nous donnent des pistes de recherche sur son origine. Notre première piste de recherche est avec le Général Didier dans son livre intitulé «L’Algérie et le Développement de sa Civilisation»-Tome IV. Conférence faite le 2 Mai 1923 aux officiers de la garnison d’Oran. Titre «Armée Romaine d’Afrique» (page 106). Ensuite, nous avons beaucoup plus de renseignements sur la région du Dahra qui est citée sans préciser l’endroit exact, dont voici les extraits (pages 133, 134,135). La question qui se pose : Pourquoi avoir fait l’impasse sur cette partie de la région d’Oran, précisément Mostaganem qui, elle aussi renferme des vestiges romains ? Pourquoi n’a-t-il pas parlé du Site de Quiza de Sidi Belattar (pont du Cheliff) ? Ce qui est étonnant de la part de cet auteur, qui pourtant, a donné des indices sur d’autres sites, a négligé celui de Quiza et Sour Kel Mitou (Bellevue). La description de l’installation choisi par les romains est si logique que l’on a du mal à ne pas considérer le site de Sour Bellevue comme la citadelle protectrice de la citée de Quiza. Son importance sur le plan stratégique coule de source étant donné que c’est sa position géographique qui lui donne cette importance. Avec ces informations, nous avons une autre piste de recherche qui nous permet de dire, que Sour (Bellevue, Sour koul-Mitou) devait être cette citée fortin qui protégeait Quiza se trouvant en contrebas. Il est à noter aucun autre site que celui-ci ne correspond à ces descriptions. Donc vu la configuration du site de Sour, qui lui, se trouve en hauteur avec les restes de sa muraille et celui de Quiza, nous permet de dire que l’histoire de ces deux sites sont intimement liés si on se réfère aux différents descriptifs des sites de cette époque. Malgré la confusion entre Guiza (la Montagne), Quiza à Oran et la Quiza réelle de Pont du Cheliff. Ce qu’il faut noter c’est cet acharnement à vouloir gommer à jamais la mémoire des sites historiques de Mostaganem. Même la collection des guides Joanne, dans son guide Algérie et Tunisie, on a mentionné le site les ruines de Quiza sans intérêt. Alors que dire du site de Bellevue complètement ignoré. Jugez par vous-même. Autres indications pour éclairer notre lecteur sur le nom de Quiza. Ce qui est très important pour le site de Sour (Bellevue). Dans le livre du commandant, I. DERRIEN, Les français à Oran. Dans sa première partie, «Oran Militaire de 1830 à 1848», en introduction, l'auteur apporte une précision supplémentaire en situant Quiza à pont du Cheliff. Nous avons aussi la Société de Géographie et d’Archéologie de la Province d‘Oran, Tome XVIII 1898 en page 113.114, catalogue du musée d’Oran sur PUPIEN (Marcus, Claudius, Pupiénius, Maximus). Datée en l’an 238. Son buste a été retrouvé dans les ruines sur le site de Quiza. Pièce 1007. Une description de l’Afrique Chrétienne sur la Maurétanie de Monseigneur Toulotte en page 119, 120, 121,122. En page 120, LXXXII QVIZA, nous avons un descriptif sur le lieu du site ainsi que la citadelle qui la protégeait. Maintenant, revenons sur le site de Sour. Dans le livre de Walsin Esthérazie: De la Domination Turc dans l’ancienne Régence d’Alger, pages 24,25. Nous donne un aperçu de cette citée en l’an 23 de l’hégire (645 J.C.) donc on est bien loin de ce qui avait été avancé par certains sur sa datation. Voici un extrait pour bien comprendre la signification du nom de Sour koul-Mitou, renvoi en bas de page. (1) Sour koul-Mitou, ville en ruines dans le pays des Medjhers, à une petite journée de marche au nord-nord-est de Mostaganem. Le docteur Shaw croit que ce sont les restes de Lar-Castellum de l’itinéraire d’Antonin, les habitants du pays prétendent que du temps des guerres Des Moulouk-el-Arabes (princes arabes), cette ville fut prise d’assaut, détruite, et que tous les habitants furent passés au fil de l’épée; de là le nom que portent ces ruines : Sour-Koul-Mouta, Koul-Mitou, Sour rempart; tous morts. La revue Africaine numéro 6 de Août 1857, dans ses pages 458, a aussi rapporté sur un illustre personnage encore adolescent en la personne du Saint vénéré Si El Houari qui se rendit dans cette citée chez un Saint vieillard aussi vénéré que lui.