Nekmaria (Mostaganem). Le génocide des «enfumages» d’Ouled Ryah choque la fille du tortionnaire

Lors de son passage à l’université «Abdelhamid Ibn Badis» ce jeudi dernier, la petite fille de Mostaganem a marqué les esprits par son douloureux témoignage sur les actes de supplice de son père qui a torturé des Algériens, durant la guerre de libération de l’Algérie. Son engagement à dévoiler les comportements haineux de ses parents l’a poussée à mettre la lumière sur les actes crapuleux et les faits abominables des colonisateurs français, lors de l’occupation de l’Algérie. En racontant les atrocités commises par son père, tortionnaire de la Légion étrangère, Isabelle Vaha ne s’est pas arrêtée à ses acerbes souvenirs. En revanche et afin de prendre conscience de toute l’ampleur de la tragédie vécue par le peuple algérien, elle a tenu à visiter les "Enfumages de Ouled Ryah" pour s’aviser des crimes abjects, perpétrés contre les populations autochtones qui n’ont de pareils que les pires génocides connus à travers l’histoire de l’humanité. La dame devait connaître in situ comment Pelissier avait exterminé une tribu entière, celle de "Ouled Ryah" dans cette fameuse grotte nommée "El Frachih", dans la localité de Nekmaria. Le professeur Brahim Bouderah, recteur de l’Université «Abdelhamid Ibn Badis» a accompagné son invitée, Isabelle Vaha, à la grotte des "Frachih", dans l’esprit de confirmer une vérité, celle du génocide commis délibérément ce 19 juin 1845 par le colonel Pélissier, de plus d’un millier d’hommes, d’enfants, de femmes et même d’animaux. Le recteur, conscient du devoir de mémoire, tenait à faire découvrir à la petite fille de Mostaganem, cette triste page de l’histoire des massacres orchestrés sous la responsabilité du maréchal Thomas-Robert Bugeaud qui est devenu le symbole de la violence. Devant le site, elle a solennellement écouté, très émue, l’histoire du massacre des "enfumages" des "Frachih" qui ont décimé une tribu dans sa totalité. L’extermination par le feu et l’emmurement l’ont fait pleurer à chaudes larmes, car pour elle, cet odieux crime colonial est irréparable. Elle a appris au passage la série de tueries collectives de Laghouat un 04 décembre 1852, celle de Sebih (Ain Merane) à Chlef, en août 1854, etc… La petite fille de Mostaganem, ébranlée, se mit à méditer sur ce qui décrivait le summum de la barbarie du colonialisme qui voulait ainsi punir les indigènes pour leur refus de se soumettre à l’ordre colonial. Le Dr Isabelle Vaha avait longtemps compris que l’administration coloniale n’a pas trouvé mieux que la politique de la terre brûlée et des exterminations collectives. C’est justement ces crimes inqualifiables qui ont incité cette dame à lutter contre l’injustice. Dans un esprit très engagé et au-delà de la dimension criminelle des Français en Algérie, l’historienne s’est pourvue de volonté pour persévérer à mettre sous les projecteurs, toutes les réalités sur la fabrique criminelle de la France coloniale.


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