Le Carrefour de Mostaganem

Transport terrestre. Lacunes et défis

Par Y. Zahachi

La wilaya de Mostaganem est actuellement au cœur d'une dynamique de modernisation de ses infrastructures de transport. Des avancées notables sont à signaler, mais les attentes des usagers demeurent importantes. Lors d'une déclaration le 9 janvier 2025, le directeur a indiqué que l'administration compétente se prononcera bientôt sur le dossier des taxis hors de la wilaya. Parmi les 500 dossiers soumis par leurs propriétaires, ajouta-t-il, 170 ont été retenus et actualisés après une étude approfondie par une commission technique. Ces nouveaux viennent s'ajouter à une flotte de 2.244 taxis, dont 210 opèrent déjà hors de la wilaya. En 2024, Mostaganem disposait de 784 moyens de transport privés avec une capacité totale de 27.400 places assises, répartis comme suit: 201 pour le transport rural, 101 pour le transport urbain, 275 pour le transport intercommunal, 207 pour le transport entre les wilayas. Le transport universitaire a également été renforcé avec 06 bus offrant 3.056 places, tandis que 68 bus ont été dédiés au transport des travailleurs, offrant une capacité de 1.903 places. Par ailleurs, l'année dernière a vu l'entrée en service de 10 nouveaux bus pour le transport scolaire, augmentant le total à 225 bus avec 5.625 places disponibles. Dans le transport urbain, 101 bus privés assurent 4.260 places sur 18 lignes urbaines et semi-urbaines, auxquels s'ajoutent 31 bus exploitant 08 autres lignes. Ces services génèrent près de 200 emplois directs et ont permis de transporter plus de 07 millions de passagers en 2024. Malgré ces progrès insuffisants, les résidents et visiteurs de Mostaganem expriment plusieurs critiques. La circulation reste chaotique à certaines heures et les services de transport ne répondent pas toujours aux attentes. Les problèmes relevés incluent la qualité de service car les taxis avec des prix sont jugés excessifs par rapport à la qualité du service offert, les bus privés présentent souvent des lacunes, tandis que les équipements des transports publics étatiques semblent obsolètes pour un chef-lieu de wilaya touristique, en plus de la gestion de la circulation caractérisée par des embouteillages en périodes de pointe et en été, on distingue aussi un manque de stationnement adéquat et règlementé. Ainsi, les défis sur le terrain restent des problèmes récurrents qui demandent de vraies solutions urgentes, à savoir: une orientation vers un transport plus durable et efficace afin d’améliorer la situation, plusieurs pistes sont à envisager : une modernisation du parc par l’investissement dans des véhicules modernes, plus confortables et moins polluants, une amélioration des infrastructures par la nécessaire révision du plan de circulation pour fluidifier le trafic et désengorger les centres urbains, une promotion des énergies propres en intégrant des véhicules électriques ou fonctionnant à l'énergie propre pour réduire l'impact écologique, un renforcement des lignes de transport consistant en l’élargir les réseaux urbains et interurbains pour mieux couvrir les besoins des usagers, en tenant compte des quartiers isolés tels celui du plateau de la Marine ou encore le pôle urbain de là Cité «Wiam», notamment la localité de Aïn-Sidi Cherif. Toujours dans cette perspective, il serait louable que les autorités de Mostaganem interviennent pour l’activation du traitement du dossier juridique de l’ancienne gare des 400 logements, fermée par mesure conservatoire depuis plusieurs années. Bien que le secteur des transports à Mostaganem connaisse une transformation notable, des efforts supplémentaires sont nécessaires pour répondre aux attentes des citoyens. Une planification stratégique, combinée à des investissements dans des solutions durables, permettra non seulement d’améliorer la qualité de service, mais aussi de renforcer l’image de Mostaganem comme un modèle de mobilité efficace et respectueuse de l’environnement. Côté Tramway, la ligne actuelle, avec ses 24 stations en manque de bancs d’attente, ne fait pas l’unanimité de tous les habitants car certains s’estiment marginalisés par la desserte actuelle et demande une extension vers d’autres quartiers de la ville et de la périphérie.

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Pour subvenir à de réels besoins familiaux. Des centaines de femmes de charge abusivement exploitées

Par Charef Kassous

Femme de ménage, femme de charge ou agent d’entretien, ces femmes travailleuses tentent de subvenir à de réels besoins familiaux. Pour de multiples causes sociales, ces femmes, de tous les âges, exercent un emploi, celui des plus pénibles et celui le moins rétribué. A Mostaganem, beaucoup de ces cas, à qui la vie n'a pas fait de cadeau, se retrouvent dans le piège d’un emploi qui n’exige aucune formation. Beaucoup de femmes, accidentées de la vie, travaillent sans contrat, avec des salaires misérables, des traitements désadaptés mais le plus souvent sans être déclarées à la sécurité sociale. Souvent des veuves, des vieilles filles, des femmes sans niveau scolaire, des divorcées avec enfants à charge vont besogner aveuglément sans connaître leurs droits, celui du travail. Dans l’éducation nationale, dans la santé, dans les hôtels, etc…, le recrutement de la gente féminine dans les cantines, dans les équipes d’entretien et autres se font par des entreprises contractées par les APC et par l’administration de la santé. C’est dans ces secteurs, précisément, que ces femmes sont abusivement exploitées. Selon l’enquête menée par notre correspondant, il y a, sur l’ensemble du territoire de la wilaya, des entreprises qui emploient, en général, des femmes de ménages et des commises de cantines sans aucun contrat, sans déclaration à la sécurité sociale mais surtout avec des salaires qui tardent au-delà de six mois. Ceci veut dire que l’employeur ne paie l’employée qu’après avoir été honoré par son contractuel. Ceci met les employées dans des situations de précarité indescriptible. Ces femmes, loin de connaître leurs droits, quelques fois, réclament leurs dus mais celles qui insistent auprès de l’employeur, sont renvoyées sans espoir d’être payées un jour. Cette situation d’abuser de la pauvreté des gens, d’abuser de leur innocence, n’a pas de sens dans un pays où les mécanismes de contrôle existent bel et bien. Toutefois, l’administration de la sécurité sociale, celle de l’inspection du travail et de l’autorité contractante doivent veiller à préserver les droits de cette gente de travailleuses désabusées. Ces femmes qui se démènent pour nourrir leurs familles, accomplissent des tâches des plus sordides dans des conditions quelques fois inhumaines. Ces femmes que l’on croise tous les jours, un seau et un balai à la main, à Mostaganem, vivent un calvaire, celui d’attendre un salaire des mois sans être conscientes qu’elles n’ont aucune protection sociale, ni la possibilité de prétendre un jour à une pension de retraite digne. Aujourd’hui, l’autorité de la wilaya et par le truchement de ses organes de contrôle, doit stopper ces comportements d’employeurs malveillants qui tentent de s’enrichir sur les dos de citoyennes honnêtes. Il est inadmissible que dans cette nouvelle nation qui est l’Algérie, il y ait des pratiques dans lesquelles la légalité n’est pas respectée.

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Une partie de l’histoire de l’aviation à Mostaganem. Mémoire des lieux «Djebel-Diss»

Par Y. Benguettat

Il y a à Mostaganem et ses environs, des lieux que nous connaissons actuellement, sans savoir ni connaître leurs histoires. Aujourd’hui, il s’agit du Mont de Djebel-Diss, situé à proximité de l’embouchure du Cheliff, à environ 10km de Mostaganem, en bordure de la route nationale la RN 11 vers le Dahra, et culminant de 400m environ, un petit coin du paradis avec sa plage de sable fin se trouvant en contrebas. Maintenant, qu’est-ce qui s’est passé à cet endroit ? Nous avons trouvé un document qui relate sa découverte en vue d’en faire un centre de vol à voile dans une revue L’Aérophile (revue technique et pratique des locomotions aériennes) 1e en date du 15 mai 1924 page 165. Titre: "Concours de vol à voile de l’Aéro-club de France". L’Aéro-club de France a décidé d’organiser un concours de vol à voile l’hiver prochain en Algérie. Le lieutenant Thoret, du service technique de l’aéronautique, fut chargé de rechercher un terrain convenable etc. Après s’être documenté au service de climatologie de l’Office nationale de météorologie. Il consulta aussi à Alger le directeur du service météorologique d’Algérie, Monsieur Lasserre, afin de connaître la direction et l’intensité les plus violentes des vents d’hiver. Cependant, la côte du département d’Oran orienté vers le nord-ouest, fut reconnue d’autant plus favorable que c’est une des régions les moins pluvieuses. Des reconnaissances en automobiles, à cheval, à pied, en avion confirmèrent que les environs de Mostaganem présentaient un relief aussi favorable que les cartes promettaient. Le Djebel-Diss qui domine une plage très grande, etc... C’est au courant du mois de février 1937 que La Fédération Aéronautique Africaine décida de créer au pied de cette montagne, une école centrale nord-africaine de vol sans moteur. Voila comment a été choisi ce site de vol à voile. L’exploitation de l’école fut confiée à l’Aéro-club de Mostaganem. Créé à l’origine à des fins civiles, ce centre est devenu un centre d’intérêt pendant la deuxième guerre mondiale, puis utilisé comme base militaire pendant la Révolution Algérienne, jusqu’en 1959 avec l’ouverture du nouvel aérodrome de Mostaganem Pelissier. Nous avons retrouvé un autre document qui s’ajoute à son historique sur le «le journal de la Marine Française N° 667 du samedi 22 octobre 1960 ». Sous le titre «Le gaz Saharien et le Gazoduc sous Marin», ensuite, à partir de 1961, ce site a été choisi comme 3e solution pour la recherche des solutions pour l’approvisionnement du marché Européen en gaz de Hassi R’mel. Voici un extrait: projet un gazoduc sous-marin, c’est cette solution très neuve, étudiée à Mostaganem et à laquelle la marine prête son concours, qui va nous intéresser tout particulièrement. Le projet a été formé et étudié par Gaz de France. Il envisage de suivre le plus court chemin entre la côte algérienne et la côte européenne dont le point le plus proche est Carthagène en Espagne. C’est une distance de 100 nautiques environ. L’étude de fond a été faite par la «Calypso» sous la direction du commandant Cousteau, entre l’Oranie et la côte Espagnole, en utilisant tous les moyens modernes d’exploitation sous-marine, sondages précis et photographies des fonds. Le projet a été abandonné totalement à cause des fonds marins de 2.500m à 2.900m de profondeur. Ensuite, la plage de Djbel-Diss va prendre un autre nom avec la création d’une entreprise dénommée Sonagther «Société nationale des grands travaux hydrauliques et de l’équipement rural», vu l’ordonnance71-44 du 17 juin 1971 Journal Officiel du 20 novembre 1979 page 898. De tout ce qui a été créé, il n’est resté que quelques baraques et un ponton d’une centaine de mètres laissé sur place puis ouvert comme plage aux estivants. Encore une fois, ce site, au nom de Sonagther, va rester jusqu’à ce jour et devenir par la suite un grand complexe composé d’une station de dessalement d’eau de mer inaugurée en 2011 et une centrale électrique Sonelgaz «Algérie presse service» en date du 08 juillet 2024. Le groupe Sonelgaz a annoncé dans un communiqué, la mise en service partielle de la plus grande centrale électrique en Algérie.


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