Le Carrefour de Mostaganem

Des mesures pour protéger le patrimoine s'imposent. La vulnérabilité sismique du vieux bâti

Par Y. Zahachi

250051-221224Mostaganem, ville patrimoniale algérienne, abrite de nombreux bâtiments anciens de la ville coloniale, construits dans les années 1930 et plus tard en 1958 (CIA-HLM…) qui, malgré leur riche histoire, cachent une préoccupation majeure: leur vulnérabilité face aux séismes. La région, ayant connu des tremblements de terre dévastateurs par le passé, doit prendre des mesures immédiates pour protéger son patrimoine architectural et assurer la sécurité de ses habitants. La dégradation des bâtiments à Mostaganem plonge les locataires dans une situation désespérée. L'absence d'entretien des immeubles crée une fracture parmi les résidents qui se sentent abandonnés par les autorités. L'état de délabrement de ces structures qui abritent de nombreuses familles, soulève de vives inquiétudes notamment en ce qui concerne les bâtiments cédés dans le cadre de la cessibilité des biens de l'État. Des efforts ont été faits en Direction des immeubles de la Cité Arsa, (ex-les Citronniers) qui est une des cités de recasement construites vers 1958.
Leurs occupants ont été relogés en 03 vagues de 2023 à 2024 par les autorités locales, réglant ainsi un des épineux problèmes. Pour rappel, le séisme du jeudi, 22 mai 2014, à 10 heures 45 minutes, d’une magnitude de 5,2, a secoué Mostaganem, en faisant 17 blessés et a mis en lumière l'urgence d'une évaluation approfondie et d'une réhabilitation adéquate et là, on pense aux zones d’habitat urbain à forte densité tels certains immeubles situés sur l’avenue Raiynal, l’avenue Khettab Abdelkader-Colisée- et celui du 49 avenue Mohamed Khemisti qui présentent des signes inquiétants. Il faut noter aussi que la dernière secousse sismique, de magnitude 4, enregistrée au niveau de la wilaya de Tipaza, le mardi 10 décembre 2024, a été ressentie notamment à Mostaganem avec une certaine appréhension qui survient lors des risques majeurs, souvent oubliés par certains. Cela a été signalé, dans un passé récent, à maintes reprises par la société civile notamment, par l’Association du «Renouveau de Mostaganem» ainsi que par des thèses doctorales présentées au niveau d’universités dans ce sens ; celles-ci qui ont préconisées un certain nombre d’évaluations approfondies de leur état structurel, sont nécessaires pour déterminer les mesures de renforcement à mettre en œuvre. Il est bon de rappeler que dans certains quartiers de la ville de Mostaganem, les constructions ont été faites à l’époque coloniale avec l'utilisation de matériaux non adaptés aux normes sismiques actuelle tels que la terre crue, le bois et la pierre, ce qui rend les structures plus sensibles aux secousses.
D’un autre côté, les bâtiments anciens ont été réalisés avec des matériaux plus ou moins résistants ; il n’en demeure pas moins qu’ils n’ont pas été conçus avec les normes modernes de sécurité sismique. Tout ceci aggravé par l’absence de maintenance régulière contribuant à l'affaiblissement des structures comme ce fut le cas pour le toit du cinéma « Colisée » dans l’immeuble du même nom. En fait, l’importance de la réhabilitation des vieux bâtis va au-delà de la préservation du patrimoine culturel; elle est cruciale pour la sécurité des habitants. Pour les spécialistes du domaine, des méthodes d'analyse avancées sont utilisées pour évaluer la résistance des structures existantes et permettent de développer des courbes de fragilité, aidant à prédire les niveaux de dommage en cas de séisme. Parmi les solutions envisageables et les recommandations à prendre en considération seraient : d’impliquer les Directions de l’exécutif, comme la DUCH et organismes locaux de la wilaya, avec la participation de la municipalité concernée, d’effectuer des évaluations périodiques de la vulnérabilité sismique des bâtiments anciens, de mettre en œuvre des travaux de réhabilitation ciblés pour renforcer les structures les plus vulnérables, d’organiser des campagnes de sensibilisation pour informer les habitants et les professionnels du bâtiment sur les risques sismiques et les mesures de prévention notamment d’intégrer les considérations sismiques dans la planification urbaine pour éviter la construction de nouveaux bâtiments dans des zones à risque, sans oublier l’adaptation du plan ORSEC aux phénomènes sismiques. La préservation du patrimoine architectural de Mostaganem nécessite une action immédiate. Depuis plusieurs années, la question de la préservation et de la réhabilitation du vieux bâti est au cœur des préoccupations des habitants et le constat est alarmant: de nombreux immeubles, témoins d'un riche passé architectural, se dégradent inexorablement, mettant en péril non seulement le patrimoine bâti, mais aussi la sécurité des habitants. Néanmoins, malgré ces ressources financières et l’opération de rénovation de quelques 23 immeubles «haussmanniens» du centre-ville, vers 2017, de nombreux édifices restaient dans un état de délabrement avancé. Il est légitime de se poser encore des questions pour les autres immeubles restants. Le risque sismique, en particulier, constitue une menace réelle pour les bâtiments anciens dont les structures peuvent être fragilisées par le temps et par des interventions mal réalisées. La réhabilitation du vieux bâti ne se limite pas à des questions de sécurité car, c’est aussi un enjeu de développement économique et social. En redonnant vie à ces quartiers historiques, on favorise le tourisme, on crée de l'emploi et on renforce le sentiment d'appartenance des habitants à leur ville. Pour faire face à cette problématique complexe, plusieurs pistes peuvent être envisagées, à savoir: outre les recettes fiscales issues de la taxe d’habitation, il est probablement nécessaire de rechercher d'autres sources de financement. Des dispositifs d'incitation fiscale pourraient également être mis en place pour encourager les propriétaires à investir dans la rénovation de leurs immeubles.

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1ère Journée nationale sur la Néphrologie. Maladies du rein, dialyse et transplantation au menu

Par Charef Kassous

Les maladies du rein, la dialyse et la transplantation ont été l’objet d’une Journée d’étude organisée par le service de néphrologie du CHU de Mostaganem, en collaboration avec la Faculté de médecine de l’Université de Mostaganem et la Société Algérienne de Néphrologie à l’hôtel AZ Zéphyr «les Sablettes», ce jeudi 19 décembre 2024. Une Journée à laquelle ont assisté des sommités scientifiques nationales de la spécialité de la société Algérienne de Néphrologie et de l’Agence Nationale de Transplantation Rénale et des pionniers de la néphrologie tels le Professeur M. Benabadji et le Professeur Tahar Rayane, président de la SAN. Cette Journée nationale dans sa première édition a pour objectif de mettre toute la lumière sur les incidences des maladies rénales qui causent réellement un grand problème de santé publique. Le professeur M.B Benkada, chirurgien et en sa qualité de président du comité scientifique de la Journée, a déclaré que cet évènement scientifique est exceptionnel dans l’histoire de l’hôpital universitaire de Mostaganem. Une telle rencontre, ajoutera le professeur, va permettre d’échanger entre spécialistes pour voir, ce qui se fait ici et ailleurs dans la dialyse et les transplantations rénales. Les connaissances apportées, dira-t-il, à travers les communications riches en recommandations, serviront à les adapter à l’environnement scientifique local. Il assurera également que l’Etat a mis beaucoup de moyens pour mettre à la disposition des plateaux techniques ; par conséquent, la transplantation de rein est une technique assez bien maîtrisée chez nous sauf que le problème réside ailleurs. Pour conclure, la société doit accepter que les cadavres soient une source d’organes pour pouvoir sauver les vivants, car selon lui, ni la loi ni la religion ne l’interdisent. A son tour, le chef de service de néphrologie dialyse et transplantation rénale du CHU de Mostaganem et au titre du président du comité d’organisation, a déclaré que cette première Journée Nationale sur la Néphrologie porte sur la thématique de l’hémodialyse dans tous ses aspects. Parlant de son service au CHU de Mostaganem, créé en 2022, le maître assistant s’est centré sur l’évolution des prises en charge des malades et du développement des techniques de soins. En voulant passer un message, le docteur a parlé d’une nouvelle technique qui consiste à la dialyse péritonéale qui est en mesure de remplacer la transplantation pour un rein qui est complètement défaillant. Tous s’accordent à dire que de telles manifestations scientifiques sur la prévention et sur la prise en charge de malades par des techniques nouvelles de médecine apporteront beaucoup à l’environnement scientifique local surtout aux programmes de formation de la Faculté de Médecine de l’UMAB.

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Etabli à 300 m de la côte. Le mythique phare de Cap Ivi

Par Y. Benguettat

C’est dans le livre intitulé «Annales des ponts et chaussées» -1ère Partie T1 Fascicule II 1933, Page 196 Mémoires et Documents, que l’on apprend un peu plus sur ce phare Cap Ivi mythique. Voici comment a été décidé le choix de son emplacement. Je vous laisse le découvrir par vous-mêmes, ce qui est écrit : La commission des phares, si elle rejeta toute signalisation de brume, eu égard à la clarté (plus légendaire que réelle) des rives méditerranéennes, accéda cependant, en plusieurs étapes, à l’idée de concevoir un programme intéressant toute l’Algérie. Ce programme, elle le révisa encore en 1861 après les opérations d’une nouvelle commission locale, en y apportant quelques retouches au point de vue de l’emplacement exact, de l’importance et des caractères de feu, d’après l’évolution des besoins de la colonie; c’est ainsi que fut décidé d’éclairer le Cap Ivi au lieu de Cap Khamis moins accessible. Nous avons retrouvé un article intitulé côte d’Algérie dans « Le Monde Illustré » journal hebdomadaire daté du 25 septembre 1869, en page 203 ainsi qu’une photo du premier phare de ce phare. Voici un extrait: l’on achève en ce moment, la construction du phare de Cap Ivi. Ce phare est destiné à protéger cette partie de la côte, si périlleuse pour la navigation. L’emplacement d’un phare était tout indiqué sur ce point. Ensuite, nous avons avec précision sa description: les fondements sont établis sur une colline qui est à 300 m de la côte et à 100 m au dessus du niveau de mer. La tour est en maçonnerie et de forme carrée. Elle a 17 m de haut, ce qui fait qu’elle élèvera le foyer de l’appareil à 117m. Le feu sera de premier ordre, et aura une portée de 28 milles. Maintenant, découvrons la construction du deuxième phare en lieu et place du Premier. Le phare a été construit en 1898, en bordure de la route nationale à mi-hauteur du versant du Cap. Il se présente comme une tour octogonale en maçonnerie de 22,8 m de hauteur, bâtie sur la maison qui abrite le logement des gardiens et les services techniques. Il culmine à 122,8 m du niveau de la mer. L'éclairage est assuré par un feu blanc à l’éclat en 0,5 seconde de 29 milles de portée soit 54 km environ. La lampe a une puissance de 1 000 W/220V. La construction du premier phare en elle-même a débuté en 1863 et mis en service officiellement en 1870. (Texte ajouté par nos soins pour plus de clarté). Les recommandations de la Commission nautique de 1843 se concrétisa par l'érection d'un phare au Cap Ivi en 1870, feu à éclipses de 1er ordre de 30 milles de portée. Le phare actuel fut, tenant compte des améliorations techniques de l'époque, construit en 1898, selon l’Office National de Signalisation Maritime (ONSM), culmine à 122,8 m du niveau de la mer. L’emblématique phare de Cap Ivi a été totalement restauré en 2015. Cette restauration entre dans le cadre des missions de l’ONSM, sous tutelle du ministère des Travaux Publics.

 


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