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90 milliards de dollars échappent à tout contrôle. Bureaux de change contre marché noir!

Selon les responsables du secteur, le change du dinar algérien en devises fortes par des intermédiaires dûment agréés est primordial. Ils insistent sur la nécessité d’officialiser l’activité des bureaux de change pour que celle-ci soit plus attractive et rentable. La réglementation autorise l’ouverture des bureaux de change mais jusqu’à aujourd’hui aucun bureau officiel n’est ouvert. Les intermédiaires se contentent d’acheter ou de vendre les devises auprès des personnes physiques. Par quoi commencer et comment agir ? Comment aussi lutter contre les changes parallèles et les transferts illégaux de l’argent issu des devises ? C’est un nouveau chantier qu’ouvrent donc les membres de la Commission des Affaires Économiques, du Commerce et de la Planification de l’Assemblée Populaire Nationale. Officiellement ouvert, le dossier d’agrément des bureaux de change en Algérie à travers tous les Etats du pays, notamment frontaliers, pour neutraliser les marchés parallèles de vente de devises fortes, conduits par les «places» de la capitale va permettre de faire le «grand ménage» du secteur des changes en Algérie de l’avis des observateurs. Qui sont ces intermédiaires ou vendeurs de devises ? Vers quelle destination vont les sommes qu’ils échangent ? Eux qui échangent périodiquement d’énormes sommes d’argent. Les députés ont demandé au ministre des Finances, Abderrahmane Raouya, lors d’une réunion à huis clos, la semaine dernière, consacrée à discuter de la loi sur les zones franches, de la nécessité d’adopter et d’ouvrir des bureaux de change officiels, surtout que le gouvernement s’apprête à lancer la nouvelle loi de promotion des investissements et la loi sur les zones franches qui est sur la table du parlement, et le ministre s’est engagé dans sa réponse aux députés à étudier le dossier au niveau de son département ministériel et à trouver une solution aux transferts légalisés en devises fortes, surtout depuis la suppression des marchés parallèles pour la vente de «duffis» a été inscrite dans le programme de travail du gouvernement qui a été transmis au Parlement en septembre 2021. Plus aucun doute, l’Etat veut ouvrir des bureaux de change officiels. Cela permettra de mieux gérer à travers des mécanismes instaurés de contrôle et de libéralisation du marché de la monnaie de la devise, le flux d’argent qui échappe au circuit officiel. Selon certaines sources, il y aurait eu au moins une vingtaine de bureaux de change ouverts à travers le territoire national mais très peu de visibilité ou d’impact en revanche sur les activités de ces derniers. Pour cela, l’Etat et le parlement veulent rafraîchir un dossier longtemps laissé aux oubliettes. La saison estivale et son corollaire le tourisme et les voyages, constitue une occasion pour décortiquer ce dossier des bureaux de change pour revitaliser les entrées du trésor public et de là, renflouer l’économie dans un contexte marqué par une accalmie pandémique mondiale. Pas seulement, la question cruciale des changes est aussi attendue de pied ferme par les potentiels investisseurs désireux de s’installer en Algérie. Ainsi, les députés ont soulevé les problèmes que pourraient rencontrer les investisseurs, notamment étrangers, en l’absence de bureaux de change agréés, et même des militants dans les zones franches. Ces lois, si elles ne sont pas attachées aux bureaux de change réguliers pour vendre des devises, vont étendre le marché noir des monnaies fortes qui fait circuler des sommes faramineuses. En septembre dernier, lors de l’investiture des membres du Conseil national économique, social et environnemental, le président Abdelmadjid Tebboune a annoncé que 90 milliards de dollars circulaient sur le marché noir. Un membre de la commission des affaires économiques, du commerce et de la planification de l’Assemblée populaire nationale, Hicham Safar, a déclaré à un média arabophone national que les députés ont évoqué, lors de réunion à huis clos avec le ministre des Finances, Abderrahmane Raouya, le dossier de l’ouverture de bureaux de change agréés, surtout qu’ils sont aujourd’hui en train de discuter de la loi des zones franches, et qu’ils s’apprêtent à entrer officiellement dans la zone franche africaine début juillet prochain, ce qui risque de créer des échappatoires permettant le passage d’énormes quantités de devises fortes vers le marché noir et ouvrir la voie à des abus dans le domaine des changes. Le porte-parole a expliqué que le ministre des Finances a confirmé sa volonté d’ouvrir le dossier et de délimiter ces bureaux prochainement, surtout que le gouvernement s’apprête également à adopter une nouvelle loi sur les investissements, qui devrait être décidée par le Conseil des ministres, dirigé par Abdelmadjid Tebboune, jeudi prochain. Dans ce contexte, Safar a indiqué que les représentants proposent de transférer tout ce qui concerne l’activité industrielle dans la loi sur les zones franches à la loi sur l’investissement et de ne garder que la partie commerciale et les transferts dans le texte de la loi sur les zones franches.

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