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7.300 victimes dont 2.470 après l’indépendance et des survivants souffrant d’handicaps physiques psychologiques. Les crimes continus des mines antipersonnel

Après la mort des victimes et la rediffusion des images choquantes des lignes électrifiées de Challe et Morice et les mines placées dès l’année 1957 par la France coloniale s’étendant de Tlemcen à Béchar à l’ouest et dans l’Est en frontière avec la Tunisie, la vie a, bien sûr, repris ses droits mais combien ont été pour autant les séquelles et les traumatismes vécus par ceux qui sont sortis indemnes? Le plus souvent, les mines antipersonnel continuent de tuer et de mutiler dans le monde bien après la fin des hostilités et des conflits, ce qui rend complexe la tâche de les identifier et les éliminer. Dans certaines parties du désert du monde comme au Sahel, elles continuent pourtant de tuer, de déchirer et de blesser psychologiquement à vie les victimes quand elles ne provoquent pas de dégâts importants. L’Algérie a été parmi les premiers pays à avertir et à sensibiliser sur les dangers des mines antipersonnel. L’Algérie qui avait fini le déminage de la ligne Challe construite par le général français Salan en 1959, venant compléter la ligne Morice, a saisi et compris les enjeux de son défi d’assainir ses territoires alors souverains des risques des lieux infectés par les mines coloniales sur ses militaires et ses populations notamment celles des zones éloignées du nord et du centre. Inutile de rappeler à ce propos le lourd tribut payé par l’Algérie dans le déminage de ses régions frontalières notamment celles avec la Tunisie. Un tel dossier qui fait encore couler beaucoup d’encre, a incité l’Algérie à réclamer les archives et les anciens plans géologiques de placement des mines coloniales.
Dans ce registre, le ministre des Moudjahidine et des Ayants droit, Laïd Rebiga, a affirmé, jeudi, que la ratification par l’Algérie de la Convention d’Ottawa sur l’interdiction des mines antipersonnel, exprime une «volonté sincère, un engagement franc envers les valeurs de la Révolution du 1er Novembre et une foi inébranlable en le devoir humanitaire qui impose la coopération internationale pour défendre les valeurs de la dignité humaine». La célébration de la Journée internationale de sensibilisation sur le danger des mines a été l’occasion pour le ministre, lors d’une conférence au Musée national du moudjahid, d’insister sur l’impératif d’en finir avec ce dossier dans le monde au vu de l’étendue de ses dangers et de ses traces sur les populations et les victimes. Le problème des mines et l’assistance à la lutte anti-mines, sous le thème «Planter des mines est un crime continu contre l’Homme et l’environnement», a été au centre des interventions. Pour rappel, le nombre des mines, datant de l’ère coloniale, détruites en Algérie par le vaillants éléments de l’Armée nationale populaire, a atteint près de 10 millions entre l’Ouest et l’Est du pays, selon des indications de hauts responsables faites en 2017, annonçant la fin du déminage alors que le nombre des mines placées par la France au temps de la révolution, plus de 11 millions de mines, d’où la certitude de dire que l’Algérie a réalisé le miracle et a même dépassé les prévisions grâce à sa stratégie d’éradication des mines antipersonnel mise en place après l’indépendance. Le ministre a rappelé à ce titre que l’Algérie «a vécu cette tragédie et mobilisé d’importants moyens pour assainir ses terres. Il ajoute que le pays est « parmi les Etats les plus conscients de l’importance et de la valeur de la sensibilisation à leurs dangers». Et de souligner que la ratification par l’Algérie de la Convention d’Ottawa, se veut «l’expression d’une volonté sincère, d’une conscience ferme, d’un engagement franc envers les valeurs de la Révolution du 1er Novembre et d’une foi inébranlable en le droit sacré à la vie et le devoir humanitaire qui impose la coopération internationale pour défendre la dignité humaine». Le ministre a, en outre, mis en avant le rôle de l’Armée nationale populaire (ANP) dans l’assainissement du pays des mines, le long des frontières Est et Ouest, relevant que l’ANP «a réussi avec brio et mérite à sauver la vie d’innocents, à enlever des millions de mines et à réhabiliter des milliers d’hectares, afin que le citoyen puisse en bénéficier par l’établissement de projets agricoles et économiques pour devenir une source de développement, de progrès et de prospérité».
Selon les études et les recherches élaborées dans ce domaine, le colonisateur français a planté près de 11 millions de mines le long des lignes Challe et Morice dans les régions frontalières Est et Ouest, ayant fait 7.300 victimes, dont 2.470 après l’indépendance, tandis que les survivants à ces mines souffrent d’handicaps physiques et de traumatismes psychologiques. Par ailleurs, le ministre a saisi la concomitance de la tenue de la conférence avec l’anniversaire de l’enlèvement de Cheikh Larbi Tébessi, un des pionniers du Mouvement réformateur en Algérie, par un commando de l’armée coloniale, en ce jour de l’année 1957, pour rappeler qu’il «compte parmi les disparus de la Révolution de libération nationale, à l’instar de tant de nos héros et symboles de la trempe d’Ahmed Bougara, Bounaâma Djillali, Hammou Boutlélis et Maurice Audin». Il a souligné, dans ce sens, l’importance de «l’attachement au dossier de la Mémoire nationale et au devoir de fidélité aux martyrs de la résistance populaire et de la Glorieuse révolution de libération», précisant que l’Algérie nouvelle ne renoncera pas à ce dossier et ne fera jamais l’objet de concessions, comme l’avait affirmé le président de la République, M. Abdelmadjid Tebboune, lors de la récente entrevue périodique avec les représentants des médias nationaux. A cette occasion, M. Rebiga a indiqué que son secteur a réalisé un documentaire, retraçant le parcours réformiste et militant du chahid, l’érudit Cheikh Larbi Tébessi, en se référant à des documents, des témoignages, voire des études et recherches historiques. De son côté, le président de l’Association nationale des victimes des mines, Mohamed Djouadi, est revenu sur les effets désastreux des mines ayant fait plusieurs victimes innocentes, affirmant que «l’histoire retiendra à jamais les crimes commis par le colonisateur français».
Il a tenu, en outre, à adresser ses remerciements au président de la République pour la création de la chaîne «Edhakira» qui met la lumière sur le parcours de lutte nationale et les différents crimes commis par la France coloniale contre le peuple algérien, saluant, à l’occasion, la décision relative à la revalorisation de la pension d’invalidité au profit des victimes des mines et à leur prise en charge psychomédicale. M.Rebiga a également salué le rôle et les efforts menés par les éléments de l’Armée nationale, digne héritière de l’ALN, dans le déminage des zones touchées.

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