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59 ans après l’indépendance nationale. L’Algérie face aux défis !

«Voulez-vous que l’Algérie devienne un ?tat indépendant…?». C’est la question à laquelle 99,72 % des algériennes et des algériens ont répondu en faveur du « Oui » lors du référendum d’autodétermination organisé le 1er juillet 1962. Deux jours plus tard, le 3 juillet 1962, soit un peu plus de trois mois après le cessez-le-feu du 19 mars 1962 prévu par les accords d’?vian, la France reconnaît officiellement l’indépendance de l’Algérie. L’indépendance de l’Algérie est proclamée le 5 juillet 1962, après 132 ans de colonisation française au prix fort de millions de martyrs, dont 1,5 million seulement entre 1954 et 1962, marquant une guerre de libération sanglante. « La liesse qui a gagné toutes les villes algériennes en cet été de l’année 1962 montrait clairement que le peuple algérien était derrière le FLN/ALN qui a mené une lutte héroïque au prix d’un sacrifice rouge sang contre l’armée de l’une des plus grandes puissances du monde aidée dans sa criminelle besogne par l’organisation du traité de l’atlantique nord (OTAN) », écrivait beaucoup d’historiens sur cette date. « Le 5 juillet 1962, le drapeau algérien flotte enfin sur tous les édifices publics et privés, sur les voitures, les bus, dans les mains de milliers d’algériennes et d’algériens…. Les villes sont en liesse, les Algériens chantent et dansent dans les rues. L’indépendance est proclamée officiellement », nous racontait un ancien moudjahid de la wilaya III Historique.
Le 05 juillet 1962 reste une date importante pour une génération qui n’arrive toujours pas à oublier ce souvenir d’une victoire malgré les sacrifices d’une guerre dure. « Respirer la liberté » après des années du colonialisme était pour ces gens là une seconde vie dans une Algérie qui se prépare pour l’indépendance. L’annonce officielle du cessez-le-feu conclu le 18 mars à Evian, a été ainsi accueillie avec une immense et incommensurable joie par les moudjahidine des maquis de l’Armée de libération nationale (ALN) et par l’ensemble du peuple algérien, qui venait de retrouver sa liberté et sa souveraineté. Dans les villes et on attendait les nouvelles de retrouver justement les combattants vivants et s’enquérir des leurs, un mari et un fils encore vivant. «C’était d’abord des retrouvailles avec nos familles et les gens de nos villages, mais c’était aussi très pénible d’annoncer la mort d’un proche pour quelqu’un qui l’attendait», nous dira un ancien moudjahid qui croise pour la première fois sans accrochage les soldats de l’armée Française. «Nous les avons croisés, après l’annonce du cessez-le feu, l’un des soldats français disait à ses camardes: «regarde les fellagas en nous ne quittant pas du regard», nous dira encore notre interlocuteur avec émotion, lui qui était au PC de la wilaya III Historique, dirigée par les grands de la Révolution Algérienne. Les comités de suivi du cessez-le feu étaient aussi un autre souvenir pour les moudjahidine de la vallée de la Soummam qui se rappellent de cette difficulté de gérer ce dossier avec les Français qui étaient des forces ennemies. «C’était au début un climat de suspicion et puis on est arrivé par la suite à gérer ce dossier, mais ce n’était pas facile avec la présence de Harkis qui rodaient encore dans les parages», nous dit-on de cette date qui marque la victoire. Pour les familles de chouhada, c’était aussi le début de recherches des leurs, les chercheurs d’Os, comme les a surnommés Tahar Dajout, étaient à la recherche des ossement des leurs, les déterrer dans la douleur mais avec émotion et fierté. Les négociations d’Evian, qui avaient débuté le 20 mai 1961 et suspendues à plusieurs reprises, ont été marquées par l’obstination de la partie française qui avançait trois propositions rejetées par la délégation algérienne. Ces propositions concernaient le maintien du Sahara algérien et la base navale de Mers El-Kébir (Oran) sous domination française, et la question du million de Français établis en Algérie. Pour feu Rédha Malek, porte-parole de la délégation du Gouvernement provisoire de la république algérienne (GPRA), dirigée alors par Karim Belkacem avant d’aboutir au paraphe des Accords d’Evian, signés le 18 mars 1962 consacrant l`indépendance du pays, la délégation algérienne avait rejeté tout au long de ces négociations « toutes les propositions présentées par la France hypothéquant la souveraineté nationale après l’indépendance ». «La délégation algérienne avait campé sur sa position au sujet du Sahara qu’elle était déterminée à défendre coûte que coûte, avant de convenir avec la délégation française du maintien des investissements français au Sahara pendant une durée de trois ans, notamment après la découverte de pétrole», c’est ce que tenaient à réaffirmer, à chaque fois que besoin est, les historiens des deux rives de la méditerranée.
«Pour ce qui est du statut des Français d’Algérie après l’indépendance, les deux parties sont parvenues à un accord accordant un délai de trois ans aux Français pour choisir la nationalité algérienne ou de garder leur nationalité française et être traités conformément aux lois qui régissent les étrangers en Algérie», disait les mêmes spécialiste de la guerre d’Algérie réfutant du coup le fameux slogan «la valise ou le cercueil». Par ailleurs, «la proposition présentée par la partie française concernant la Base navale de Mers El-Kébir pour l’exploiter pendant 99 ans, a été rejetée catégoriquement par la délégation algérienne», note la même source qui précise à propos de ce sujet, «qu’il a été convenu d’accorder seulement une concession de 15 ans à la France ». « Si le 19 mars 1962, date du cessez-le-feu, a été arraché grâce aux sacrifices des chouhada et moudjahidine, c’est aussi le fruit d’âpres négociations menées par la délégation de l’Algérie combattante qui a fait montre d’une grande intelligence et compétence en négociant avec l’occupant», estiment les historiens qui sont unanimes à relever «la position historique de cette délégation, qui a arraché avec panache l’accord historique qui était l’aboutissement du combat héroïque du peuple algérien en menant sa glorieuse révolution. Une révolution du 1er novembre qui a été aussi, selon les historiens et acteurs de la guerre d’Algérie, l’émanation directe des événements du 8 mai 1945 en Algérie. La proclamation du 1er Novembre 1954, document politique fondamental de la Révolution Algérienne, parmi les plus étudiés par les historiens, n’avait justement pas fait fi du mouvement national depuis la création de l’étoile Nord-Africaine. Une révolution qui était l’émanation directe des événements de 1945 avec qui le lien était tellement étroit qu’il mérite d’être souligné, mais à la différence que le peuple algérien qui y a manifesté alors, croyait encore en la possibilité de recouvrer ses droits par des moyens pacifiques. Cinquante neuf ans après son indépendance, l’Algérie est face à plusieurs défis qui passent par «la consolidation des liens de l’unité nationale et le renforcement du front interne pour faire face à toutes les menaces induites par la détérioration de la situation sécuritaire régionale et les » tentatives répétées » de « porter atteinte à la cohésion de la société», un constat partagé par les autorités du pays et même de la classe politique et société civile. Le développement socioéconomique visant la prospérité, le développement et l’amélioration des conditions de vie des citoyens, est l’autre défi du nouveau gouvernement sous la conduite du nouveau Premier ministre, M. Aimen Benabderrahmane en l’occurrence. « Vous êtes qualifié pour la tâche à venir car ce qui nous attend est lié aux affaires économiques et sociales, et donc financières », a précisé le Président Abdelmadjid Tebboune à l’adresse de son premier Ministre, qui a du pain sur la planche pour redresser la situation du pays qui fait face à une crise multidimensionnelle.

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