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257 morts en 62 jours sur nos routes. L’Etat doit sévir

Pourquoi tant d’accidents et autant de pertes de vie sur nos routes? Comment compte sévir l’Etat devant cette reprise violente et imprévisible des accidents malgré les mesures? En effet, les accidents de la circulation n’en finissent pas d’apporter leur lot de drames et de consternation jusqu’à endeuiller des familles entières et causer des dislocations sociales. On en parle et on en reparle tant l’incivisme et le non-respect par les conducteurs des consignes de la route restent le parent pauvre de la stratégie de la prévention et de la sécurité routières. En effet, une hausse pour le moins vertigineuse des accidents sur les routes algériennes est systématiquement relevée ces dernières semaines. Les routes sont-elles plus meurtrières qu’avant la Covid-2019 ? Une nouvelle tendance du phénomène donc qui a coïncidé en milieu de la saison estivale laquelle, rappelons-le, aura été prolifique en termes d’affluence de visiteurs et de touristes notamment. Faut-il durcir plus les mesures? Il va sans dire que la période août-septembre reste synonyme d’un grand «pointage» des citoyens sur les routes particulièrement chez les voyageurs, en raison de l’allègement de la situation sanitaire et de la fréquence relativement augmentée du trafic routier, par rapport aux saisons estivales 2021 et 2020. Cette recrudescence des accidents, relevée durant les dernières semaines sur les routes en Algérie, a fait réagir les hautes autorités du pays. De nouvelles mesures sont en ligne de mire pour faire fléchir la courbe montante des accidents routiers et de la facture humaine. Il n’est un secret pour personne que les chiffres sont particulièrement alarmants durant le mois d’août. Et la tendance a l’air, aussi paradoxal que cela puisse paraître, de se poursuivre en septembre au lieu de baisser. Pourquoi? Les données terribles, disponibles à l’heure des bilans, sont justifiées par l’excès de vitesse et les bouchons devenus monnaie courante sur nos routes. Selon la Protection civile, 61 personnes ont trouvé la mort dans des accidents de la circulation survenus à travers différentes régions du pays durant la semaine du 31 juillet au 6 août, 44 autres personnes durant la semaine du 7 au 13 août, 59 personnes sont décédées durant la semaine allant du 14 au 20 août et 51 personnes durant la semaine du 21 au 27 août, alors que 42 autres personnes ont trouvé la mort durant la période du 28 août au 3 septembre. Il s’agit de piètres bilans qui s’inscrivent dans une tendance, somme toute, inquiétante à la même période de chaque année par la Délégation nationale à la sécurité routière (DNSR). « Le nombre de personnes tuées sur les routes augmente chaque année durant la saison estivale. Ce sont les 62 jours les plus meurtriers sur nos routes », a affirmé la chargée de communication au niveau de la DNSR, Mme Fatima Khellaf. « Il s’agit d’un phénomène international », a-t-elle ajouté, expliquant cette hausse par la vitesse, l’état physique du conducteur, les bouchons sur les routes qui constituent une source de stress importante et les diverses sources de distraction comme le téléphone cellulaire. Face à la violence routière, l’Etat s’est retrouvé dans l’obligation de renforcer davantage le volet répressif. Dimanche dernier, lors du Conseil des ministres, le Président de la République, M. Abdelmadjid Tebboune, a affirmé que « les accidents de la route exigeaient une solution coercitive compte tenu des proportions qu’a prises ce phénomène récemment et ce, à travers l’application des peines les plus lourdes pour les cas de non-respect avéré du Code de la route, une infraction qualifiée de crime ». Le président Tebboune a donné des instructions pour que soit imposé « un contrôle technique des véhicules de transport chaque trois mois », et pour « le renforcement du contrôle sur les sociétés de transport par bus, à travers l’impérative rotation de conducteurs pour les longs trajets et le retrait du registre de commerce aux sociétés contrevenantes. Il a instruit le gouvernement pour l’application des « peines les plus lourdes à l’encontre des parties impliquées dans la délivrance du permis de conduire aux candidats non qualifiés ». Dans ce contexte, un groupe de travail multisectoriel se penche sur la révision du code de la route pour permettre à l’Etat de mener une politique plus répressive pour les infractions, a fait savoir Mme Fatima Khellaf. Reconnaissant que la lutte contre les accidents de la route constitue un chantier permanent, la chargée de communication au niveau de la DNSR a révélé qu’un projet de décret exécutif visant à permettre l’introduction de l’éducation routière dans les trois paliers de l’enseignement est actuellement au niveau du Secrétariat général du gouvernement (SGG). Ce décret a pour objectif de « sensibiliser les usagers de la route et futurs conducteurs sur les dangers de la circulation et le comportement à adopter », a-t-elle indiqué. Des campagnes de sensibilisation et des contrôles routiers sont des moyens de lutte adéquats, a-t-elle estimé, soulignant que le plan national de formation destiné aux auto-écoles sera « enrichi » pour améliorer la formation des conducteurs, notamment professionnels. Toutefois, le bilan annuel des accidents de la route arrêté au 31 juillet 2022 montre une baisse de 5,48% du nombre d’accidents à 13.801 comparé à la même période de 2021, alors que celui des blessés a diminué de 4,67%, contre une hausse de 0,91% du nombre de décès, a affirmé Mme Khellaf.

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