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18 milliards de DA déboursés annuellement pour soutenir la production. Le lait coûte cher à l’Etat

Il y a une augmentation sensiblement importante sur la demande de lait durant chaque mois de Ramadhan en Algérie. Comment sera son approvisionnement durant le Ramadhan 2022? Peut-on d’ores et déjà évoquer un «spectre» d’une pénurie de lait en sachet durant ce mois? Une certitude, le lait en sachet, cet aliment de base richement vitaminé, constitue un vrai casse-tête pour les autorités du pays. La plupart des familles préparent, durant ce mois, des gâteaux et des desserts à base de lait, engendrant ainsi des ruptures de stock des commerçants. Ce scénario se réédite durant chaque Ramadhan. Ce lait en sachet coûte cher au consommateur qui peine à l’acheter à 25 DA le litre, son prix étatique. Ce lait qui est cédé en 2022 entre 40 et 50 DA le litre chez des épiceries, représente un fardeau financier supplémentaire pour les familles au faible revenu. Pour autant, le lait revient encore cher pour l’Etat qui continue de casser la tirelire malgré la conjoncture pandémique. De par cette «crise» sanitaire et la conjoncture économique affectée durant trois années par les revenus pétroliers des plus faibles (ndr avant la crise Russie-Ukraine), le marché aura été secoué par une série de «flambées» de prix quand bien même la majorité de ces flambées ont été jugées illégales. Qu’en est-il du lait en sachet sur lequel une tension est remarquée sur le marché à trois semaines du Ramadhan 2022? Le directeur de l’organisation des marchés et des activités commerciales au sein du ministère du Commerce, rappelons-le, s’était auparavant voulu rassurant quant à la disponibilité du lait en sachet « avant, durant et après le mois béni du Ramadhan 2022 ». Ce produit si stratégique et objet de forte demande notamment durant le mois sacré, sera-t-il disponible? Le ministère de l’Agriculture vient de répliquer aux inquiétudes manifestées par les citoyens au sujet de l’une de leurs préoccupations majeures de la consommation en matière de lait en sachet durant le prochain mois sacré. Les consommateurs n’ont pas tort de se soucier de la disponibilité de ce produit de base durant un mois connu par une surabondance de son utilisation dans les confections des menus quotidiens (gâteaux, cafés, purée et mousseline mayonnaise etc… ). Les assurances du ministre sont venues à point nommé pour calmer les inquiétudes des consommateurs à la veille du mois de Ramadhan et dissuader l’ardeur de certains commerçants sans vergogne qui provoquent volontairement la crise afin d’influer sur le marché. Tout compte fait, une certaine tension sur le lait en sachet est palpable sur le marché dans certaines wilayas. Une tension motivée par certains comme étant la résultante de la forte demande des citoyens et par d’autres comme «la conséquence logique de l’offre suite aux quantités réduites de la poudre de lait importée ». L’Office interprofessionnel du lait avait réagi en expliquant qu’il n’y a pas de gel sur les importations et que le marché n’en est pas impacté. Le tour est venu au ministère de l’Agriculture de s’expliquer sur la situation. L’Etat apporte un soutien annuel à la production locale du lait frais de plus de 18 milliards de DA, a fait savoir, jeudi à Alger, le ministre de l’Agriculture et du Développement rural, M. Mohamed Abdelhafid Henni. Le ministre qui s’exprimait, lors d’une plénière du Conseil de la Nation consacrée aux questions orales, présidée par Salah Goudjil, président du Conseil, soulignait que ce montant de subventions comprend principalement les subventions destinées aux éleveurs de vaches laitières (12 DA par litre), les collecteurs de lait (5 DA par litre) et les laiteries (4 DA par litre). S’ajoute à cela, une série d’incitations au profit des éleveurs de vaches laitières, dont une subvention de 60.000 DA pour chaque nouvelle naissance de vache laitière. Pour le ministre, une couverture vétérinaire et une vaccination gratuite contre la fièvre aphteuse sont également assurées. Le secteur agricole œuvre également au renforcement des investissements dans la filière lait, en octroyant le foncier agricole et en développant la production locale de fourrages destinés à l’alimentation du bétail et à l’élevage de vaches. Ces incitations s’inscrivent dans le cadre de la stratégie du secteur visant à promouvoir cette filière « stratégique », et comprennent plusieurs mesures, dont l’importation de vaches laitières pour encourager la production locale de lait frais et la réduction de la facture d’importation de la poudre de lait. Dans ce contexte, le ministre a indiqué que le secteur public importe, à lui seul, une quantité estimée à 180.000 tonnes par an de poudre de lait, destinée à la production de lait en sachet, vendu à un prix réglementé (25 dinars), tandis que le secteur privé importe une quantité estimée à 200.000 tonnes, destinée à la production de lait en carton, vendu à prix libre ainsi que divers produits laitiers (fromage, yaourt …etc). La facture de ces importations s’élève à plus de 800 millions USD annuellement, selon M. Henni. Par ailleurs, le ministre a révélé que son Département ministériel œuvrait à la création d’une carte pour la distribution du lait en sachet subventionné afin de réduire les distances et d’assurer la livraison de cette substance à tout un chacun. Le secteur examine, également, la possibilité d’intégrer le plus grand nombre de laiteries dans ce plan, en fonction des quantités disponibles de matière première, ajoute M. Henni. S’agissant de l’approvisionnement des minoteries en blé, le ministre a affirmé qu’il s’emploierait à présenter au gouvernement de nouvelles propositions qui permettraient de parvenir à une répartition « équitable » de ces céréales aux différents opérateurs. « Nous allons œuvrer à trouver un juste équilibre pour les minoteries », a-t-il dit.

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