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15ème Sommet des Brics en Afrique du Sud. Pour un ordre mondial multipolaire

Quelles nouvelles perspectives au ralliement de l’Algérie aux Brics dans un ordre mondial censé en plus garantir les intérêts des États membres de l’organisation? Entre l’Algérie et les pays de l’organisation, c’est la lune de miel. La Russie, poids lourds de cette organisation mondiale, soutient d’ores et déjà l’adhésion de l’Algérie aux membres des Brics. Le Sommet de trois jours des Brics ouvert à Johannesburg (Afrique du Sud) constitue ce faisant une autre occasion pour permettre à l’Algérie de réaffirmer sa position. L’Algérie a un dossier d’adhésion solide afin de rallier l’organisation. Mieux, l’Algérie a accepté officiellement sa part de contribution à la Banque des Brics avec une dotation de 1,5 milliard de dollars comme un signe d’engagement. Le président de la république Abdelmadjid Tebboune, rappelons-le, avait indiqué, début Aout lors de sa rencontre avec les médias nationaux, que les membres des Brics n’avaient pas encore tranché sur les critères à retenir pour accepter de nouveaux membres ajoutant que la candidature de l’Algérie bénéficie d’un soutien au sein de ce bloc. Entre-temps, les membres des Brics se sont montrés favorables et ont d’ores et déjà soutenu la candidature de l’Algérie pour son adhésion à l’organisation. Pour l’heure, cette adhésion ne serait qu’une affaire de temps. Le ministre des finances algérien Laaziz Faid qui représente le président de la république au Forum d’affaires de Brics en Afrique du sud s’est montré optimiste. Ce Forum se tient dans le cadre du Sommet des Brics (21-24 Août). Globalement les pays participants se sont penchés sur l’avenir de l’économie mondiale dans un monde de plus en plus multipolaire. Dans ce bloc des Brics, les membres défendent leur économie, leur potentiel de développement ainsi que leurs projets pour améliorer la situation dans le monde. Cette organisation aspire aussi à freiner la mainmise du dollar américain dans leurs échanges économiques. Cette organisation toutefois n’est pas un «contrepoids» pour les Etats Unis puisqu’elle ne cherche qu’ à protéger les intérêts économiques de ses pays membres. Les dirigeants des pays Brics (le Brésil, la Russie, l’Inde, la Chine et l’Afrique du Sud) discutent du commerce, des investissements, des infrastructures, du changement climatique et de la dédollarisation lors de ce 15ème sommet annuel, qui se tient en Afrique du Sud. Xi Jinping, le président chinois, a été accueilli par son hôte sud-africain, le président Cyril Ramaphosa, tout comme le Premier ministre indien, Narendra Modi, et le président brésilien, Luiz Inacio Lula da Silva. Le président russe, Vladimir Poutine, a rejoint le sommet par liaison vidéo. Les pays Brics sont tous unis par leur potentiel économique commun et leur désir de jouer un rôle plus important dans l’économie mondiale. Ils sont également unis par leurs défis communs, tels que la pauvreté, l’inégalité et le changement climatique. Représentant 40% de la population mondiale et composés d’économies ayant des niveaux de croissance variables, les Brics partagent le même désir d’un ordre mondial qu’ils considèrent comme reflétant mieux leurs intérêts et leur influence croissante. «Alors que nous célébrons le 15e anniversaire des Brics, les échanges commerciaux entre ces pays ont totalisé 162 milliards de dollars l’année dernière», a déclaré Ramaphosa aux dirigeants réunis lors de la première journée du sommet. «Les investissements étrangers ont joué un rôle important dans l’économie des Brics. Nous devons réaffirmer notre position selon laquelle la croissance économique doit être soutenue par la transparence et l’inclusion. Elle doit être comparable au système commercial multilatéral qui soutient un programme de développement». En effet, la vitesse et l’ampleur du développement économique de plusieurs de ces pays sont telles que les analystes estiment que les gouvernements occidentaux ne peuvent pas leur refuser une plus grande influence sur la gestion de l’ordre financier et politique mondial. S’exprimant lors du dialogue des dirigeants du Forum des affaires des Brics à Johannesburg mardi, le Premier ministre indien, Modi, a souligné ce qu’il a décrit comme les réalisations économiques de son pays et son potentiel à devenir un moteur de la croissance mondiale. «Malgré les turbulences de la situation économique mondiale, l’Inde est l’économie majeure qui connaît la croissance la plus rapide au monde», a déclaré Modi aux délégués du forum. «Bientôt, l’Inde sera une économie de 5 000 milliards de dollars. Il ne fait aucun doute que l’Inde sera le moteur de croissance du monde». L’une des questions clés qui devrait être débattue lors du sommet de cette année est la possibilité d’élargir le bloc des Brics à de nouveaux membres. La Chine, la Russie et l’Afrique du Sud sont favorables à cette expansion afin de transformer le club des principales économies émergentes en un contrepoids à l’Occident et à ses institutions, tandis que le Brésil et l’Inde se montrent plus sceptiques. Dans une émission diffusée sur les réseaux sociaux depuis Johannesburg mardi, le président brésilien, Lula, a déclaré que le bloc des Brics visait à organiser le Sud mondial en développement, et non à rivaliser avec les États-Unis, le G7 ou le G20. Lula a néanmoins approuvé l’admission de nouveaux membres, dont l’Argentine, autre économie latino-américaine. Dans son discours au forum des entreprises, Lula a souligné l’énorme potentiel inexploité du continent africain. «Cinquante-quatre pays, 1,3 milliard d’habitants et plus de 3 000 milliards de dollars de PIB sur ce continent», a déclaré Lula, soulignant les «innombrables» possibilités de coopération avec le Brésil. Près de 40 pays ont manifesté leur intérêt pour rejoindre le bloc, qui a débuté en 2009 avec quatre nations, mais qui s’est élargi l’année suivante pour inclure l’Afrique du Sud. S’adressant au sommet mardi, le président russe, Vladimir Poutine, a déclaré que les pays des Brics parlaient au nom de la «majorité mondiale». «Nous coopérons sur la base des principes d’égalité, de soutien au partenariat et de respect mutuel, et c’est là l’essence même de l’orientation stratégique future de notre association, une orientation qui répond aux aspirations de la majeure partie de la communauté mondiale, ce que l’on appelle la majorité mondiale», a-t-il déclaré. Si les Brics décident de s’étendre, cela pourrait entraîner un changement majeur dans le paysage politique et économique mondial, remettant en cause la prééminence des États-Unis et de l’Europe dans les affaires mondiales qui prévaut depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale. Toutefois, certains défis doivent être relevés avant que les Brics puissent s’étendre. Les analystes estiment que pour réussir, les Brics devront s’assurer que tous les membres s’engagent à atteindre les mêmes buts et objectifs, éviter de créer un bloc perçu comme un rival de l’Occident et veiller à ce que l’expansion ne dilue pas l’influence des membres existants. Pour sa part le ministre des Finances, Laaziz Faid qui prend part au Forum d’affaires de Johannesburg en marge de sa participation, en qualité de représentant du président de la République, M.Abdelmadjid Tebboune, au forum « BRICS Outreach Plus » dans le cadre de la 15e session du Sommet des BRICS (21-24 août), a indiqué que la participation de l’Algérie à ce forum traduit tout l’intérêt accordé par les hautes autorités du pays à contribuer à la réflexion autour des questions liées au renforcement d’un multilatéralisme juste, à la réforme de la gouvernance mondiale, et de parvenir à des solutions aux crises multidimensionnelles, notamment à travers la consolidation de la coopération internationale et la réalisation du développement économique au profit de notre peuple et de toute la région ».

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