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10 wilayas sont concernées. Crise d’eau à l’horizon

Alors que le spectre des lancinantes restrictions d’eau ressurgit dans le pays, les ménages retiennent leur souffle. Ces derniers craignent le même scénario que celui des saisons estivales antérieures avec ce qu’elles avaient comporté auparavant comme lot de coupures du liquide précieux dans les robinets. Cette saison estivale 2021 ne s’annonce pas de tout repos tant pour le citoyens des villes que pour les gestionnaires du secteur des ressources hydrauliques, obligés de revoir le processus de distribution suivant la nouvelle situation à laquelle fait face le pays. Plusieurs wilayas d’Algérie connaissent, depuis plusieurs jours, d’importantes perturbations dans l’alimentation en eau potable, ce qui a suscité le courroux des citoyens qui sont d’autant plus désappointés que cela coïncide avec la saison estivale. S’agit-il d’une pénurie d’eau qui se dessine ? Le casse- tête lié à la disponibilité de la ressource hydrique durant la saison de chaleur et de recrudescence d’utilisation de l’énergie électrique par les usines de dessalement est un vieux débat. Il s’en suit alors que l’eau potable qui est un élément somme toute vital pour l’individu et le patrimoine des collectivité, sans oublier l’immobilier économique et touristique, est devenu une ressource quasiment essentielle durant la saison estivale qui attirait en temps normal (hors Covid) plus de 25 millions de touristes dans le pays. C’est un vieux problème contre lequel l’Algérie tente de lutter depuis des décennies à la faveur de réapparition de périodes de stress hydrique.
Néanmoins, la situation s’est aggravée en ce 2021. Les citoyens seraient en passe de vivre une véritable crise de pénurie qui risque d’ébranler au quotidien les algériens. A l’heure où nous mettons sous presse, plusieurs wilayas souffrent de la pénurie d’eau. L’inspecteur du ministère des ressources en eau, Abdeleziz Ardjoun, a indiqué que la crise actuelle de l’eau concerne 10 wilayas. Lors de son passage comme invité de la chaîne «echourouk tv», M.Ardjoun a expliqué que la crise de l’eau touche actuellement chacune des wilayas de: Tipasa – Tizi-ouzou – Boumerdès – M’sila – Medea – Oran – Tlemcen – Mascara et Ain Defla. Le même porte-parole a ajouté que les wilayas qui traversent la crise dépendent uniquement des eaux de surface. Il souligne que le phénomène des barrages n’est pas la cause de la crise de l’eau actuelle. Mise en service prochaine de 4 stations de dessalement d’eau de mer ; d’autre part, l’inspecteur du ministère des ressources en eau a révélé que sonatrach travaille actuellement à la réalisation de 4 grandes usines de dessalement d’eau. Les quatre stations de dessalement d’eau de mer entreront en service en juillet et août avec une capacité de 37.500 m3/jour en vue de renforcer le service public d’eau à Alger et ses environs. Le ministère prévoit également «l’amélioration de l’approvisionnement en eau après la réception de 173 forages d’une capacité de 250.000 mètres cubes par jour qui sera renforcée par un deuxième programme devant permettre de produire 140.000 m3/jour à la faveur de la réalisation de 120 nouveaux forages qui entreront graduellement en service. Vingt-deux wilayas sont concernées par le phénomène du stress hydrique pour lesquelles des mesures d’urgence ont été engagées par les pouvoirs publics afin de garantir une alimentation stable en eau potable, a, de son coté, indiqué lundi le secrétaire général du ministère des Ressources en eau, Ismail Amirouche. S’exprimant sur les ondes de la radio nationale, M. Amirouche a affirmé que 22 wilayas du pays sont concernées par le manque d’eau, et ce, en raison de la réduction « drastique » des précipitations dans les régions ouest et centre du pays durant ces trois dernières années. « Nous avons enregistré une diminution drastique des volumes d’eau emmagasinées dans les barrages allant de 35 à 40 % par an », a-t-il relevé. La situation de barrages n’est pas en reste puisqu’il s’agit d’un facteur aggravant ayant entraîné ce stress hydrique suite au manque de pluviométrie. Le même responsable évoque ainsi l’état des barrages alimentant la capitale. Le SG du ministère a cité notamment le barrage de Keddara dont le taux de remplissage est à moins de 20 % alors que six autres barrages sont à moins de 15 % de leurs capacités nominales. « Face à cette situation, des programmes d’urgence ont été lancés au niveau des 22 wilayas touchées par ce stress hydrique », a-t-il soutenu. Il précise que « certains programmes ont donné des résultats étant donné que le déficit était gérable, tandis que dans d’autres régions la situation est plus lourde ». Sur les 22 wilayas citées, des solutions de remplacement ont été mises en œuvre, a-t-il rassuré, à travers notamment des projets de transfert d’eau de barrages. Parmi ces projets, il a cité le projet de transfert au niveau de la wilaya de Sidi Bel Abbés qui sera alimentée à partir du mois de juillet, dans les wilayas de Sétif et de Bordj Bou Arreridj qui seront alimentées à partir du barrage d’Aghil Amedda vers celui de Mehouane, ainsi que le transfert d’eau à partir du barrage Oudjet Mellegue pour alimenter les wilayas de Tébessa et de Souk-Ahras. S’agissant des 8 wilayas du centre du pays (Alger, Boumerdès, Blida, Tipaza, Ain Defla, Médéa, Bouira et Tizi- Ouzou), M. Amirouche a fait état de solutions urgentes qui ont été mises en place pour assurer le transfert de l’eau à partir du barrage Ghrib vers celui de Bouromi à Ain Defla devant alimenter le Grand Alger, à savoir la partie ouest de la capitale et partiellement la wilaya de Blida. Par ailleurs , un programme de réalisation de 75 forages, pris en charge par l’entreprise SEAAL sur ses financements propres et 100 autres forages financés sur le budget de l’Etat, sont en cours de finalisation, a-t-il mentionné. Le SG du ministère, explique que la réalisation des forages reste « la seule solution possible en cette période ». Le délai moyen de réalisation d’un forage et de son raccordement au réseau est estimé quant à lui à deux mois, a-t-il noté, dont les travaux ont été confiés, a-t-il déclaré, à des entreprises publiques et privées. Selon M. Amirouche, la capacité totale de captage d’eau pluviale en Algérie, estimée aujourd’hui à 18 milliards de M3 par an, est « insuffisante » pour répondre aux besoins du pays. Répondant à une question d’un auditeur sur les risques de surexploitation des réserves souterraines et des nappes, l’invité de la Rédaction a affirmé que le recours au forage va engendrer une « forte utilisation de ces réserves » notamment pour les trois années à venir. « Mais dès que les solutions définitives au stress hydrique sont mises en place, nous allons laisser la nappe se reposer », a-t-il rassuré, soutenant que l’Agence nationale des ressources hydrauliques travaille sur des solutions techniques pour la réalimentation artificielle des nappes, surtout celle de la Mitidja.

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