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08 avril 1871- 08 avril 2024. Il y a 153 ans, Cheikh Belhaddad déclarait l’insurrection contre l’envahisseur français

Seddouk, terre natale du père spirituel de la Tariqa Rahmania, a commémoré, hier, le soulèvement de 1871 de Cheikh Belhaddad et El Mokrani. En effet, comme chaque 8 avril la localité de Seddouk se remémore de la révolution de 1871, qui est partie de cette région et conduite par l’un de ses fils prodigue, cheikh Belhaddad en l’occurrence. L’on se remémore chaque année, en guise d’hommage à cheikh Aheddad et ses fils M’hand et Aziez, par des visites au mausolée de Seddouk Oufella, où ils sont enterrés tous les trois en 2009. Situé à 6 km à l’est de Seddouk, le mausolée, inauguré en juillet 2009, à Seddouk-Oufella, à 65 km au sud-ouest de Béjaïa, le mausolée de cheikh El Haddad et ses fils, érigé, au village Seddouk Oufella, est devenu la destination sûre, durant toute l’année, de visiteurs qui viennent des différentes localités du pays et d’ailleurs pour se ressourcer à Seddouk. L’histoire de la guerre d’Algérie est une succession logique d’événements et le déclenchement de la guerre du 1er novembre a été une suite logique des événements du 8 mai 1945 qui étaient précédés de la révolution de 1871 de Cheikh Belhaddad et EL Mokarni. Le mouvement insurrectionnel de 1871 a pour point de départ le village, El-Kalaâ des Ath Abbès qui est cette forteresse légendaire, une capitale qui abritait en son sein des sites historiques et pas des moindres à l’image de la grande mosquée, d’une architecture andalousienne, qui abrite aussi le mémorial retraçant la vie d’El Mokrani et son mausolée, un village que ses habitants attendent de le voir être classé comme site historique. Cette révolte de 1871 a été déclenchée par Mohamed El Mokrani, alors Bachagha de Medjana, une insurrection appuyée par le Cheikh Belhaddad, guide spirituel de la Tarika Errahmania établie alors à Seddouk. El-Hadj El-Mokrani avait envoyé le 14 mars 1871 une déclaration de guerre par laquelle il avertissait qu’il s’apprêtait à combattre, après avoir tenu à Medjana un conseil de guerre. Deux jours après, soit le 16 mars de la même année, son frère Boumezrag et 6 000 hommes attaquent Bordj Bou-Arréridj et obligent les Français à évacuer la place. L’insurrection fut rejointe le 6 avril 1871, par Cheikh Belhaddad, chef spirituel de la confrérie Rahmania, composée de près de deux cents tribus. D’après les témoignages d’historiens «même Mahieddine, le fils de l’Emir Abdelkader, aurait participé à ce mouvement de résistance populaire en transportant depuis la Syrie, via la Libye, des armes et des munitions». Le mouvement s’étendra, par la suite, faisant effet de boule de neige, pour atteindre presque tout l’Est algérien et ensuite parvenir jusqu’au centre du pays et après deux mois de combat El-Mokrani décède le 5 mai 1871. Son frère Boumezrag l’enterre et continue le combat jusqu’en janvier 1872, date à laquelle il est arrêté et envoyé au bagne de Cayenne, en Nouvelle- Calédonie, un même sort réservé également à cheikh Azziez, le fils de cheikh El Haddad, ce dernier a pu, quand même, se sauver en passant par l’Australie pour rejoindre la Syrie où il fut capturé. Il est mort dans des circonstances non élucidées et enterré à Constantine aux côtés de son père cheikh Mohand Améziane Belhaddad, lequel en dépit de son âge avancé (80 ans) et de sa maladie, fut jugé et emprisonné dans cette ville où il mourut en prison au bout de 5 jours. Par ailleurs, un nombre considérable de combattants et ceux ayant soutenu la révolte de 1971 ont vu leurs terres et biens séquestrés par le colonialisme Français, en signe de représailles, et ce, par arrêté signé par Alexis Lambert. Un même sort a été réservé aussi aux biens et terres des Belhaddad et El-Mokrani et autres familles ayant soutenu la révolte de 1871, appelée aussi «la révolution de la Terre». Une révolution qui tracera les sillons de novembre 1954 qui, à son tour, actera l’indépendance de l’Algérie, après un siècle et trente années de domination coloniale. Plus d’un siècle et demi après, l’insurrection de 1971 restera à jamais ce premier acte révolutionnaire et historique qui remet en cause l’ordre colonial. Il convient de rappeler qu’en 2009, les restes des corps de Cheikh Mohand Meziane Belhaddad et son fils Aziez ont été rapatriés du cimetière de Constantine, où il été enterré à sa mort le 29 avril 1874, à Seddouk-Oufella. Le monument, qui compte les tombes de cheikh Belhaddad et de ses deux enfants M’hand et El-Aziz, a été inscrit sur l’inventaire supplémentaire des monuments historiques de la wilaya de Bejaia et compte aussi une bibliothèque et des salles de lecture. Ce lieu de la mémoire et de l’histoire abrite également une de salle d’exposition permanente dédiée à l’insurrection de 1871, appelée communément «la révolution de la terre» de Cheikh Belhaddad, le chef spirituel de la Tarika Errahmania et de sa Zaouïa célèbre de Seddouk. Il convient de rappeler qu’en juillet dernier le Port de Bejaia a été baptisé du nom du Cheikh Belhadad, et ce dans le cadre de la célébration du 61e anniversaire de l’indépendance nationale. Le choix de baptiser ce Port au nom de cette figure de proue du soulèvement populaire de 1871 contre le colonialisme français n’est pas fortuit.

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