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Violences faites aux femmes. Féminicides en Algérie: Des chiffres alarmants

Les femmes sont-elles si vulnérables au point de ne pas échapper aux meurtres ? Qu’est-ce qui fait que la femme est de plus en plus prédisposée à un féminicide ? Est-ce les tabous, l’accumulation de violence, les infidélités et tromperie conjugale, ou encore certaines maladies de comportement ? Les experts sont en tout cas divisés et surtout inquiets. Il n’existe pas de limite ni de barrière aujourd’hui tant tout peut arriver ou basculer d’un jour pour une femme notamment en milieu conjugal. Le silence plombe les causes principales d’un phénomène social devenu a priori complexe et qui a pris des dimensions inquiétantes en Algérie. Certes la violence faite contre les femmes a atteint des proportions dramatiques ces dernières années mais toujours est-il qu’un mystère psychosocial entoure le phénomène tant qu’on ne dévoile pas une intention de tuer réelle chez les auteurs, ce qui explique l’intrigue du meurtre et complique les études pour comprendre ce nouveau mal. Le dernier bilan paraît à des égards affligeant et significatif à la fois. Il s’agit de 228 féminicides enregistrés entre 2019 et 2022 soit en trois ans seulement et ce serait peut-être là le paradoxe d’une société réputée plutôt clémente et disposée socialement. Depuis le 1er janvier 2023, 33 femmes ont été tuées, note encore un rapport accablant publié samedi par Wiame Awres, l’auteure du document de référence de plus de 70 pages. Fait incontestable, la série noire des cas de féminicides ne fait que s’allonger en Algérie tant les chiffres parlent d’eux-mêmes. Ils révèlent un tableau sombre de violences persistantes et soulignent la nécessité d’une action urgente pour protéger les femmes. Le rapport, élaboré dans le cadre du projet «Féminicides Algérie», met en ligne l’extrême difficulté de ce phénomène ravageur. Une analyse des données entre 2020 et 2022 avec un retour sur les cas de 2019, indique que 51% des féminicides sont perpétrés par le partenaire ou l’ex-partenaire des victimes, 37% par des membres de la famille, et 12% par des connaissances ou des personnes inconnues. Les procureurs de la république reçoivent de temps en temps des affaires importantes de féminicides qui demandent un certain temps d’élucidation ou d’enquête et les affaires sont aussi bien mystérieuses que diverses. Qu’est-ce qui fait qu’une femme soit devenue de plus en plus sujet à un meurtre ? Difficile de cerner les raisons mais il faudrait peut-être en venir en appel aux études d’experts, aux psychologues et aux analyses des faits de criminologie. Ce qui est important de dire, c’est que les actes tragiques surviennent fréquemment après des années de violences, de menaces, et parfois même de tentatives de féminicide. Ce qui veut dire que cet acharnement contre une femme est souvent le résultat fatal de la patience, de la retenue insupportable. Un autre facteur milite en faveur de cette thèse. Aussi frappant qu’il soit, le même rapport note que 71% des meurtres commis contre les femmes sont intervenus dans des espaces clos, principalement au domicile conjugal ou familial. Ça résume tout. Les armes, notamment les couteaux et les armes à feu, sont utilisées dans 65% des cas. Les victimes, touchant toutes les tranches d’âge de 5 à 85 ans, soulignent la diversité des femmes exposées à ce fléau. Wiame Awres, lors d’une conférence de presse au siège du Réseau Wassila, a expliqué que ce rapport marque les trois premières années d’études de Féminicides Algérie. Il offre une analyse des mobiles des meurtres et du déroulement de certains procès, mettant en évidence les mécanismes des féminicides en Algérie. Le rapport, bien que préliminaire, sert de base pour comprendre les données quantitatives et propose des pistes de réflexion sur les mesures à prendre pour prévenir ces atrocités.

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