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Une diplomatie purement algérienne

Il se pourrait bien que les gens du «Hirak» et toute l’opposition radicaliste, en guerre ouverte avec le régime, ne partagent pas avec moi cette attitude confiante, en ce qui concerne les performances constatées de la diplomatie algérienne. Je ne parle pas des personnes, mais globalement, de l’institution diplomatique algérienne qui vient de réussir un retour diplomatique algérien triomphal sur la scène internationale…Il y a quelques années, l’Algérie s’est éclipsée de la scène mondiale. Cette situation reflétait bien le marasme politique sur le plan intérieur, où nos ex-hommes d’Etat et nos ex-hommes d’affaires plutôt concentrés sur d’autres préoccupations, – disons le franchement – plus juteuses. Qui penserait en ces grands moments de détresse à vouloir rétablir l’image de l’Algérie dans le concert des nations ? Actuellement, l’Algérie revient avec force pour jouer le rôle qui lui revient de droit, celui d’un Etat phare et une puissance régionale. Dans les conflits qui se sont déclenchés tout autour de ses frontières, l’Algérie avait joué un rôle de premier plan dans le choix des solutions qui étaient généralement pacifiques. Lors de son bref séjour à Alger, le président malien avait tenu à s’attarder sur le rôle de l’Algérie dans l’instauration de la paix et de la stabilité dans son pays. Ce trophée a été offert par le président d’un pays voisin où la situation frôlait, à un certain moment, le chaos total…Maintenant les maliens, toutes races et toutes cultures confondues – africains, berbères, arabes- peuvent, désormais, partager le même sol, sans qu’il y ait la moindre sensibilité contre quiconque… Ce qui distingue cette initiative algérienne, ensuite sa réussite, c’est que d’autres puissances désiraient que les choses soient terminées, autrement. C’est-à-dire, un conflit sans issue. L’Algérie n’accepterait pas qu’elle devienne un pays entouré de toute part par les conflits permanents. Sa propre sécurité et sa propre stabilité en dépendent grandement. La contagion de la violence n’était pas exclue, au cas où cela pourrait durer plus longtemps. En Libye et au Mali, les choses commencent à prendre le chemin de la paix et de la stabilité. Et cette issue honorable pour les deux peuples ayant sombré, pendant des années, dans la violence et ses conséquences néfastes, elle est, également, bénéfique pour l’Algérie, pour des facteurs de proximité géographique… Nous remarquons, par la même occasion, que la diplomatie algérienne donne de la priorité aux questions qui concernent son entourage immédiat. Elle donne, toutefois, peu ou pas du tout d’importance aux questions qui n’ont aucune liaison directe avec ses intérêts vitaux. Donc, la diplomatie algérienne n’est pas là, afin de s’immiscer à tout, juste pour marquer la présence et jouer au justicier de la terre. C’est une diplomatie, qui compte bien ses pas et qui, plutôt encline, à voir dans toute démarche un profit à tirer…

À propos Abdelkader Benabdellah

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