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Un taux de gaspillage d’eau de près de 45% durant l’année en cours. Le casse-tête des fuites !

La “crise” des ressources en eau qui secoue le pays depuis voilà plusieurs années, a posé les jalons d’une nouvelle conception qui s’appuie principalement sur le recours aux ressources d’eau dite “non conventionnelle (ndr exemple du dessalement de l’eau de mer) comme une solution palliative aux temps de disette pluviale. Pas seulement puisque en plus du stress hydrique dont souffre en permanence l’Algérie, il y a le phénomène du gaspillage qui accentue cette crise des ressources hydriques et met en péril les efforts de relance d’un secteur vital aussi stratégique. Maintenant que le stress hydrique et le gaspillage font bon ménage, quelles mesures faudrait-il adopter pour éviter que de tels efforts ne tournent au “fiasco” ? Le ministre des Ressources en eau, Mustapha Kamel Mihoubi, est ambitieux. Il a révélé, lundi à Alger, que le taux de gaspillage d’eau durant l’année en cours avait atteint 45% d’où l’impératif d’élaborer un plan spécial pour lutter contre les fuites et les branchements illégaux au réseau d’eau. Encore que ce taux ne concerne naturellement que les quatre mois de l’année 2021. Autrement dit, il s’agit d’un taux de déperdition d’eau qui est appelé à augmenter si jamais ces mesures n’étaient pas lancées afin d’y remédier. Parmi ces mesures, il est suggéré la pénalisation du délit de branchement illégal d’eau, la création d’une sorte de charte sur l’économie de l’eau ou carrément recourir à des entreprises sous-traitantes pour réhabiliter les réseaux et combattre les branchements illégaux? Le temps n’est nullement à la rigolade. Le phénomène de gaspillage des fuites d’eau est légion et doit être pris très au sérieux par la population. Combien de fois, il n’a pas été constaté des fuites d’eau en plein boulevard et rue dans nos grandes villes! Le laxisme d’une catégorie de la population auquel s’ajoute parfois celui de la commune territorialement compétente ou de l’autorité chargée d’y remédier, s’est avéré un autre facteur accentuant la “crise” d’eau malgré les efforts et la réalisation des centaines d’ouvrages hydrauliques ces dernières années. Invité au Forum de la Radio algérienne, M. Mihoubi a expliqué qu’un programme a été mis en place à cet effet, en coordination avec la Société des Eaux et de l’Assainissement d’Alger et l’Office National de l’assainissement (ONA) visant à recourir à 440 petites et moyennes entreprises pour remédier aux fuites, mettre en place des compteurs et réhabiliter les réseaux ainsi que la gestion technique et technologique. La mise en œuvre de ce programme se fait en coopération avec les départements ministériels des petites et moyennes entreprises et des start-up. Le secteur œuvre à « promulguer des textes législatifs relatifs aux infractions de branchement illégal aux réseaux de distribution dans le cadre de la nouvelle loi sur l’eau devant réduire ces infractions d’une part et la régularisation des situations qui peuvent être régularisées par la mise en place de compteurs et le paiement des factures d’autre part», a précisé le ministre. Dans le même cadre, M. Mihoubi a fait observer que les précipitations en Algérie sont en diminution graduelle depuis vingt ans d’où l’impératif pour le pays de mettre en œuvre une stratégie d’économie d’eau portant des changements à plusieurs niveaux dont le comportement des consommateurs. Le ministre a, à ce propos, évoqué le projet de charte de l’économie de l’eau qui a été récemment soumis à différents départements ministériels pour enrichissement. Affirmant que l’alternative consiste en l’exploitation des stations de dessalement de l’eau de mer, le même responsable a proposé de mettre en place une société algérienne expérimentée pour la réalisation de stations en vue d’éviter la dépendance en la matière et ce, en coopération avec les petites entreprises qui veilleront à la fabrication des équipements et des filtres pour l’épuration des eaux. Il a rappelé que le secteur œuvrait à augmenter le nombre des stations de dessalement à 20 stations vers 2030 dans l’objectif de remplacer les eaux des barrages qui seront destinées à l’agriculture. Le nombre actuel de stations de dessalement de l’eau de mer est de 11 stations dont 10 en service avec une production de 02 millions m3/jour. Selon M. Mihoubi, ces stations alimenteraient les villes côtières sur une profondeur de 100 km y compris les villes de l’intérieur (plus de 20 wilayas). Cela permet parallèlement au transfert des eaux du Sud vers les Hauts Plateaux, d’atteindre une « complémentarité » entre les structures de production d’eau, un dossier qui fait l’objet d’une « étude globale », précise-t-il. Concernant le problème de régularité en matière d’alimentation en eau potable, le ministre a fait état de l’augmentation du nombre des équipes œuvrant à la limitation des coupures et à la préservation des ressources. Par ailleurs, le ministre a indiqué que cinq nouveaux barrages étaient en cours de réalisation et 20 autres en cours d’étude outre des projets de liaison entre les barrages dont le projet du barrage « Kef Eddir », dont l’appel d’offre pour la réalisation du transfert de ses eaux sera lancé la semaine prochaine, ce qui permettra d’alimenter en eau plus de 12 communes dans la wilaya de Tipasa. Le système de barrage comprend 29 transferts dérivant les eaux des barrages qui ont un excédent vers ceux déficients par des opérations de pompage.

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