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Tunisie. Manifestation contre le coup de force de Kaïs Saïed

Répondant à un appel publié sur les réseaux sociaux, plusieurs centaines de personnes ont manifesté samedi à Tunis pour protester contre le coup de force du président Kaïs Saïed, qui s’est arrogé les pleins pouvoirs le 25 juillet dernier. Des partisans de la coalition Al-Karama, parti ultra-conservateur allié d’Ennahdha, participaient aussi à cette manifestation.
Plusieurs centaines de personnes, dont de nombreux pro-islamistes, ont manifesté, samedi 18 septembre à Tunis, contre le coup de force du président Kaïs Saïed qui s’est arrogé les pleins pouvoirs le 25 juillet, scandant des slogans pour un retour à « la légitimité » du pouvoir. Répondant à un appel publié sur les réseaux sociaux, les manifestants se sont rassemblés sur l’avenue Habib Bourguiba, qui traverse le cœur de la capitale tunisienne, encerclés par un important dispositif sécuritaire, ont constaté des journalistes de l’AFP. Un drone du ministère de l’Intérieur survolait également sur les lieux.
« Le peuple veut faire chuter le coup d’Etat », « Nous voulons la légitimité », « Constitution, liberté et dignité », scandaient les protestataires, parmi lesquels des personnalités du parti d’inspiration islamiste Ennahdha. Des partisans de la coalition Al-Karama, parti ultra-conservateur, allié d’Ennahdha, participaient aussi à cette manifestation, ainsi que quelques figures de gauche. « C’est une manifestation pour montrer qu’il y a des Tunisiens et des Tunisiennes qui refusent le coup d’Etat et les mesures prises par le président Saïed », a indiqué à l’AFP Jawhar Ben Mbarek, un spécialiste en droit constitutionnel et ancien conseiller à la présidence du gouvernement, figure de la gauche tunisienne. Le 25 juillet, Kaïs Saïed a limogé le Premier ministre Hichem Mechichi, suspendu le Parlement et s’est attribué le pouvoir judiciaire pour un mois renouvelable, avant de prolonger ces mesures le 24 août, « jusqu’à nouvel ordre ». Il a depuis évoqué la possibilité d’amender la Constitution, adoptée en 2014 et qui a instauré un système hybride, ni présidentiel ni parlementaire, source de conflits récurrents entre les deux pouvoirs.

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