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Tunisie Kaïs Saïed. promet un nouveau chef du gouvernement

Un nouveau chef du gouvernement va être nommé en Tunisie, où seront maintenues les mesures d’exception décrétées le 25 juillet, a annoncé, lundi, le président tunisien, Kaïs Saïed, lors d’un discours depuis Sidi Bouzid, berceau de la révolte tunisienne de 2011. Le président tunisien, Kaïs Saïed, a fait un pas vers les manifestants qui réclament un retour à « la légitimité » du pouvoir et les demandes de la communauté internationale. Lors d’un discours retransmis par la télévision nationale depuis Sidi Bouzid, berceau de la révolte tunisienne de 2011, le chef de l’Etat a annoncé, lundi 20 septembre, qu’il nommerait un nouveau chef du gouvernement « sur la base de provisions de transition répondant à la volonté du peuple », tout en gardant en place les mesures d’exception qu’il avait décrétées le 25 juillet pour s’arroger les pleins pouvoirs. Kaïs Saïed, dont le discours au siège du gouvernorat de Sidi Bouzid a été interrompu à plusieurs reprises par une foule scandant « ?le peuple veut la dissolution du Parlement », a en outre annoncé qu’il allait faire adopter « une nouvelle loi électorale » sans en dévoiler les contours. Ces annonces laissent envisager le début de préparatifs pour la tenue de nouvelles élections législatives afin de remplacer le Parlement. Il y a huit semaines, le 25 juillet, Kaïs Saïed a limogé le Premier ministre, suspendu les activités du Parlement et s’est arrogé aussi le pouvoir judiciaire, pour un mois renouvelable avant de prolonger ces mesures le 24 août, « jusqu’à nouvel ordre ». Le président tunisien a également évoqué une réforme à venir de la Constitution de 2014 qui a instauré un système hybride, ni présidentiel ni parlementaire, source de conflits récurrents entre les deux pouvoirs. Théoricien du droit, Kaïs Saïed se présente, depuis son élection surprise à une large majorité fin 2019, comme l’interprète ultime de la Constitution. Il s’est appuyé sur son article 80 qui envisage des mesures exceptionnelles en cas de « péril imminent » à la sécurité nationale, pour justifier les décisions prises le 25 juillet. Mais cette réforme ne fait pas l’unanimité. Le parti d’inspiration islamiste Ennahda, principal rival de Kaïs Saïed et qui disposait du plus grand nombre de sièges dans le Parlement gelé, a exprimé « son rejet catégorique » de « toute suspension de l’application de la Constitution » ou « changement du système politique ». Des représentants de la société civile en Tunisie ont dénoncé un recul « clair et net » des libertés depuis que Kaïs Saïed s’est arrogé les pleins pouvoirs. « Les dispositions prévues par la Constitution en matière de droits et de libertés restent en vigueur. Je me suis assuré qu’aucune atteinte ne sera portée aux libertés », a rétorqué Kaïs Saïed. Le président tunisien a profité de ces annonces pour s’en prendre aux politiciens et députés tunisiens qu’il accuse de corruption. « Le Parlement s’est transformé en un marché où les voix se vendent et s’achètent », a-t-il lancé.

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