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Tigditt (Mostaganem). Les règles du relogement bafouées

Par: Didène Amara

A Tigditt, la loi semble s’éloigner de plus en plus laissant la place à des pratiques parasitant toutes les règles de vie dans ce faubourg. Comme sur toute l’étendue de ce quartier, il n’y a guère la présence de l’Etat, ni par ses structures ni par ses responsables, le mal s’installe et dans toutes ses formes. La morphologie des lieux, ses anciennes habitations et ses complexes labyrinthes ont fait que des demandeurs de logements malveillants, viennent se nicher profitant de la précarité des espaces. A Tigditt plus particulièrement, ce phénomène a pris de l’ampleur générant des situations trop confuses pour la bonne gestion du relogement. Le RHP, au lieu de servir les plus vulnérables, a plutôt servi les promoteurs des bidonvilles érigés en comités de quartiers. Cette qualité, non maîtrisée par les services de contrôle, donne une opportunité en or aux membres des réseaux de spéculer sur les listes des bénéficiaires moyennant, au retour, une rétribution en numéraire. La confiance des autorités aux membres des comités de quartiers, infiltrés dans ces réseaux du relogement, est d’une largesse abusive. Des bénéficiaires qui, quelques fois, n’occupent même l’habitat acquis, le louent ou vendent le pas de porte. Par conséquent, ces familles, à l’origine, viennent vivre quelques mois de ‘’précarité’’ pour s’assurer un capital par un logis. A Tigditt, une telle situation a porté grand préjudice aux familles autochtones de ce faubourg dont les demandes sont bousculées à chaque fois où une baraque s’érige ou un arriviste s’installe sous les escaliers d’une demeure à moitié démolie. Les gens de Tigditt dénoncent fermement cette embrouille qui dure et qui s’érige, inopportunément, en droit mais un droit bafouillé. Des centaines de familles vivent un profond malaise dû à leur pendable situation. Des familles composées, recomposées et décomposées par le loyer, l’insalubrité et la mal vie, espèrent voir bannies ces pratiques hors la loi. Cette dénonciation vient sous forme de pétition adressée au wali dans laquelle ces familles disent avoir retiré leur confiance en ces comités de quartiers autoproclamés. Selon la pétition, elles revendiquent la remise en question de ces éléments qui ne sont même pas dans la légalité par rapport aux propres associations. Des associations qui n’ont ni AG, ni agrément à jour ni aucune légitimité. Les légitimes demandeurs de logement à Tigditt ont tant attendu leur tour pour une vie décente, celle de vivre dans la dignité, mais des pratiques malveillantes ont statué sur leur sort et ont ajourné leur aspiration à un logement.

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