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Stations de dessalement de l’eau de mer. «Unique solution face aux perturbations»

Régression de la nappe d’eau souterraine, faible pluviométrie, réduction du taux de remplissage des barrages, coupure d’eau dans plusieurs communes due aux disjonctions électriques des ouvrages hydrauliques, retard de certains programmes de stations d’épuration, l’année 2021 n’en a jamais été aussi affectée malgré toutes les réalisations. L’année 2022 qui pointe à l’horizon, sera-t-elle l’exception à la règle? Pour les spécialistes, elle ne dérogera pas à la précédente. «Elle s’annonce plutôt palpitante», confie un cadre de l’hydraulique à Oran. Comment donc parer à cette éventualité et améliorer l’alimentation en eau potable des ménages, entreprises et communes? Des stations de dessalement en arrêt sont à chaque fois remises en service, au moment où le pays mène son branle-bas de combat contre la sécheresse due principalement à son climat aride et au dérèglement climatique. L’Algérie qui compte, selon les dernières statistiques, plus d’une vingtaine de stations de dessalement qui permettent de distribuer 17% d’eau consommée et alimenter plus de 06 millions de personnes, ne veut pas s’en arrêter-là. Le gouvernement est convaincu que la seule solution pour freiner l’impact de la sécheresse réside dans la construction et la généralisation du dessalement. C’est devenu en effet presque une «obsession» de constater qu’au fur et à mesure que la population grandisse et que ses besoins en eau consommable suivent la même tendance, les signes de «stress hydrique» sont évidents et pour lesquels des «politiques générales» en matière d’eau s’imposent. Le ministre de l’Hydraulique, des Ressources en eau et de la sécurité hydrique, Karim Hasni, a affirmé, jeudi à Alger, que la réalisation de stations de dessalement de l’eau de mer était l’unique solution pérenne, à même de venir à bout du problème de perturbations de l’alimentation en eau potable. Répondant à une question du membre du Conseil de la Nation, Abdelkader Moulkhaloua (RND) sur le barrage d’Oued Berkèche à la commune Lahsasna (Ain Temouchent), lors d’une plénière présidée par M.Ahmed Bennai, vice-président du Conseil, M.Hasni a fait savoir que « le recours aux eaux dessalées dans les opérations d’alimentation en eau potable permettra d’affecter les eaux superficielles et souterraines à l’agriculture pour répondre aux besoins des agriculteurs notamment les agriculteurs de la wilaya de Ain Temouchent, étant une wilaya à vocation agricole ». Le ministre a cité, dans ce sens, plusieurs wilayas notamment Ain Temouchent, ayant souffert de perturbations d’alimentation en eau potable en raison des changements climatiques qu’a connus le pays et qui sont à l’origine du recul du taux de pluviométrie, notamment dans les régions Centre et Ouest qui a conduit à la baisse du niveau des eaux au niveau de 22 barrages dans 20 wilayas. Dans le souci de pallier à cette situation, le ministre a fait état de la mise en place de programmes d’urgence reposant essentiellement sur des projets de réalisation d’un grand nombre de forages à travers les wilayas touchées par le déficit hydrique, outre des programmes de réalisation de stations de dessalement de l’eau de mer. Concernant le projet du barrage Berkèche à la commune Lahsasna, M. Hasni a affirmé que l’Agence nationale des barrages et transferts (ANBT) avait établi une étude exhaustive sur ce projet ayant conclu que ce barrage pourrait collecter près de 5,8 m3 dédiés à l’irrigation de plus de 1.000 hectares de terres agricoles. Sur la base de cette étude, les services du secteur ont formulé, à maintes reprises depuis 2015, une demande d’inscription de l’opération de réalisation de ce projet d’un montant de plus de 1,5 Md de DA au sein des différents programmes de développement, a expliqué le ministre, ajoutant que l’inscription de ce projet n’a pas été approuvée par les services concernés, en raison de la situation financière du pays. Enfin, M. Hasni a affirmé que son secteur œuvrait à obtenir l’approbation en vue de la réalisation de ce projet et ce, compte tenu de son importance majeure. Répondant à une question du sénateur Mohamed Khelifa de la même formation politique sur les programmes de réalisation des stations d’épuration des eaux usées à Biskra ainsi que les projets de transfert des eaux depuis le barrage de Beni Haroun vers cette wilaya, M. Hasni a affirmé que les wilayas du Sud, à l’image de Biskra, avaient bénéficié de plusieurs projets pour assurer l’approvisionnement en eau potable, outre des programmes d’assainissement en cours à travers la réalisation des stations d’épuration des eaux usées, en sus de nombreux systèmes d’assainissement en vue de prendre en charge ce problème de manière « effective ». Le ministre a rappelé la réalisation de l’un des projets phares à savoir, la station d’épuration des eaux usées à Biskra ayant accusé un retard en raison des difficultés financières qu’a connues l’entreprise publique chargée de la réalisation : Hydro-aménagement. Le taux d’avancement du projet a atteint les 48% avant l’arrêt des travaux, ce qui a poussé les services de l’ONA à engager les procédures de résiliation du contrat, avant de reprendre les travaux et lancer un nouvel appel d’offres pour régler le problème d’assainissement et préserver l’environnement à cette wilaya. La wilaya de Biskra dispose d’autres réseaux d’assainissement efficaces en matière d’épuration des eaux usées qui sont en exploitation actuellement dont les stations d’épuration à la commune d’El Outaya (opérationnelle) et celle d’El Kantara (en phase expérimentale), a-t-il ajouté. Les services des ressources en eau ont élaboré, de leur côté, plusieurs études pour la réalisation d’une nouvelle station de traitement par lagunage des eaux usées à la commune d’Ourlal qui couvrira 10 communes de Biskra Ouest (étude finalisée), en sus d’une autre étude pour la réalisation des systèmes de traitement par lagunage des eaux usées au niveau des communes de Zeribet El Oued, Ain Zaatout et M’Chounech. Ces projets seront inscrits dans les programmes futurs après mobilisation de l’enveloppe financière par les services concernés, a-t-il souligné. Pour ce qui est du transfert des eaux du barrage de Beni Haroun qui approvisionne déjà six wilayas en eau, vers Biskra, le ministre a fait état d’une étude élaborée en 2019 dans ce sens, affirmant que son secteur œuvrera à « inscrire cette opération dans les programmes à venir ». Par ailleurs, M. Hasni a rappelé également une étude en cours de réalisation pour un projet d’exploitation des eaux souterraines dont regorge la région de Ghardaïa, puis les acheminer vers Biskra, Batna et M’sila.

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