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Spéculation et rumeurs derrière le déséquilibre entre l’offre et la demande sur l’huile. Mais où est donc cette pénurie?

«L’huile de table est disponible» rassure d’emblée le ministre du commerce. « Où est cette pénurie » ? s’interroge-t-il. Il est vrai que la polémique sur les dernières augmentations des prix de certains produits stratégiques a bousculé le comportement du citoyen. Ce dernier qui commence peu à peu à se désespérer au vu de la réalité exacerbant le marché de la consommation où les prix se sont emparés d’une «folie» qui ne dit pas son nom, s’est vite mis en tête qu’il lui fallait jouer le jeu. Comment ? Pour être à l’abri d’une pénurie et son corollaire la flambée de prix, il devrait acheter en gros ou en quantités de quoi lui permettre d’éviter la pénurie. Mais il s’est trompé parce qu’en achetant en gros, il peut provoquer un épuisement du stock des magasins d’alimentation générale et faire probablement changer d’avis les grossistes qui, voyant que ce produit s’écoule vite et fait bon marché, augmentent leur marge. Cette pratique ne semble pas épargner l’huile de table très usitée par les ménages. Il y a un autre problème, celui du stockage dans les entrepôts et les frigos détenus par certains opérateurs. Un nouveau phénomène contre lequel l’Etat est en train de mener la guerre. La pression de la demande sur ce produit provoquée par les rumeurs est monnaie courante en Algérie. Depuis les augmentations des prix de certains produits tels les produits agricoles et ceux des viandes blanches, les spéculateurs et leurs alliés les grossistes et les affairistes avides de réaliser des gains juteux sur le dos de l’économie en cette période politiquement stable, font tout pour faire sonner le glas chez le consommateur lui faisant croire une possible pénurie de l’huile de table. Ces rumeurs semblent avoir fait leur effet chez certains citoyens qui n’ont pas lésiné sur le recours au stockage. Un bien amère réalité du marché de la consommation qui fait de plus en plus face à la folie de la spéculation. Le ministre du Commerce et de la Promotion des exportations, Kamel Rezig, a réagi. Il affirme qu’il n’y a aucune pénurie d’huile de table. Il ajoute que la spéculation et les rumeurs étaient derrière le déséquilibre entre l’offre et la demande en raison d’une forte demande par les citoyens sur ce produit de base. Donc, plus besoin au consommateur de stocker ce produit stratégique ce qui pourrait, au fur et à mesure des achats en gros par les ménages de l’huile de table, engendrer un déséquilibre entre l’offre et la demande. Un déséquilibre qui peut à la limite favoriser la création de clans spécialisés dans les produits stratégiques enregistrant une pression de la demande. Le ministre du commerce a démenti les rumeurs répandues faisant état d’une pénurie d’huile de table au niveau des marchés. M.Rezig a expliqué que “cette matière est disponible en quantités suffisantes, mais les rumeurs relayées récemment par les médias sur une éventuelle pénurie, ont incité les citoyens à changer leurs comportements de consommation en stockant l’huile de table, d’où cette pression ayant impacté directement le marché. “A chaque fois qu’une pénurie est enregistrée, de nouvelles quantités sont mises sur le marché pour y remédier”, a-t-il rappelé. Il a ajouté que la crise de l’huile de table provoquée en Ramadhan dernier, avait coûté à l’Etat 13 mds DA d’indemnisations au profit des opérateurs, d’autant que ce qui a été consommé pendant le seul mois de Ramadhan équivaut à la quantité consommée en 5 mois. Actuellement, l’huile vierge est produite dans des usines à Mascara et à Oran, en attendant la mise en service de l’usine de Jijel, qui “permettra la réalisation de l’autosuffisance” de cette matière, a-t-il ajouté. Il a poursuivi que “nous nous dirigeons, progressivement, vers la non-importation de l’huile vierge, qui est actuellement exportée vers la Tunisie et le Sénégal, en attendant l’élargissement de l’activité d’exportation de cette matière, une fois l’autosuffisance atteinte”. Pour rappel, le prix plafonné d’un bidon de 5 litres d’huile alimentaire a été fixé à 650 dinars TTC”, alors que les prix des bouteilles de 2 litres et de 1 litre resteront inchangés à, respectivement, 250 dinars TTC 125 dinars TTC, en vertu d’un décret exécutif publié au journal officiel (JO) 77. Concernant la pomme de terre, dont les prix ont récemment augmenté à 140 Da/kg dans certaines régions du pays, le ministre a expliqué qu’après la levée des mesures de confinement et la réouverture des restaurants et hôtels, des revendeurs “malhonnêtes” ont stocké d’importantes quantités de ce produit à des fins de spéculation, provoquant un déséquilibre entre l’offre et la demande. Pour faire face à cette situation, les instructions du président de la République, Abdelmadjid Tebboune, ont été mises en œuvre à travers les actions du secteur du Commerce, en coopération avec les services de la Gendarmerie nationale, notamment les opérations de “contrôle secret”, effectuées depuis le 25 septembre dernier et concerné plus de 1.000 entrepôts et chambres froides à travers le pays qui se sont soldées par la saisie de plus de 120.000 quintaux (12 millions de kg) de pomme de terre stockée à des fins de spéculation. Cette opération s’est soldée par la découverte de 50 entrepôts de revendeurs exerçant une activité de spéculation dans 11 wilayas. Les dossiers de ces derniers ont été transmis à la justice et se sont soldés par une plainte déposée auprès du procureur de la République. Actuellement, les produits saisis sont en train d’être déstockés dans le cadre d’opérations de vente en détail par l’entreprise de “DICOPA”, une des filiales du groupe public agro-industries “Agrodiv” relevant du ministère de l’industrie, qui a commencé jeudi dernier à vendre de la pomme de terre à un prix réglementé de 50 Da/kg dans des points de vente dans 50 wilayas.

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