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Soudan: le chaos

Je ne sais guère, par où devrait-je commencer afin de décrire la situation dans ce pays arabe et africain. Lorsque, j’aborde le Soudan, un événement majeur reviendrait à mon esprit: c’est le sommet arabe de Khartoum où les chefs des Etat arabes de l’époque avaient conclu leur conférence par la déclaration des trois non! Non à la réconciliation! Non à la reconnaissance! Non aux négociations avec l’ennemi sioniste. Pourtant, ce Sommet est survenu à quatre mois de la défaite de juin 1967… Effectivement, la défaite a eu réellement lieu sur le champ de bataille, cependant le moral était au beau fixe. Hélas, ce que nous ne devrons pas omettre de rappeler, dans ce même contexte d’idées, est que la République du Soudan, après avoir subi une douloureuse ablation de son très vaste territoire, suite à un complot international bien ourdi depuis les années cinquante où le tiers de la superficie a été amputé, afin de former une nouvelle république bananière où les sociétés multinationales seraient les vraies administratrices de ce pays naissant, vivant aux rythmes d’une permanente guerre civile tribale. Après 12 bonnes années de l’affaire de la séparation, voilà qu’un conflit civil éclate entre hauts responsables du pays, suite à une grave dissidence de l’armée nationale du pays. Et, c’est tout à fait normal, quand un Etat n’a pas été érigé sur de vrais fondements politiques. C’est la conséquence logique, quand il n’y a pas un Etat de droit. Également, quand il n’y a pas de vrais et solides Institutions républicaines, pour dialoguer et prendre des décisions vitales… Et quand l’armée du pays fait des allégeances à d’autres qu’à la patrie, à ses institutions et à sa Constitution, il faudrait s’attendre à ce genre d’aboutissement chaotique. Il n’y a pas de place pour le dialogue, il y aurait donc, certainement de la place pour les armes et à toutes sortes de désolation. Et, c’est ce qui se passe au Soudan depuis pratiquement deux semaines. Le bilan des victimes et des pertes est déjà lourd. Cela m’a rappelé notre situation des débuts des années 1992, quand il y a eu une sévère crise politique. Le grand avantage de l’Algérie et sa grande bénédiction, c’est que l’on avait réussi à maintenir l’unité de l’ANP, en dépit du dangereux séisme politique ayant fortement secouée le pays, ayant constamment exprimé son allégeance à la seule patrie. C’est ce qui avait préservé le pays d’une guerre civile qui aurait été plus destructive par rapport à ce qu’on avait vécu pendant la décennie noire. Personne ne saurait pronostiquer au sujet des aboutissements de la situation au Soudan. Wait and see.

À propos Abdelkader Benabdellah

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