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Soudan. La pression s’accroît sur les militaires

Menacé par les Etats-Unis de faire l’objet de sanctions, le général putschiste Abdel Fattah al-Burhan a évoqué pour la première fois des conditions pour rendre le pouvoir aux civils, alors que les Comités de résistance ont annoncé un maintien de la mobilisation populaire pour le faire plier. C’est la première fois que le chef de l’armée soudanaise dit publiquement quand et comment les militaires pourraient abandonner le pouvoir, 100 jours après son coup d’Etat du 25 octobre. Justifiant la répression sanglante des manifestations mercredi au Darfour, il a expliqué que la responsabilité de maintenir l’ordre était grande et que c’était la raison pour laquelle le pouvoir ne pouvait être remis «qu’entre des mains de confiance». «Cela ne se produit que dans deux cas: soit par le biais d’élections, soit par le biais d’une charte nationale qui rassemblerait tous les Soudanais», a-t-il déclaré. Il a même insisté, selon le compte rendu de son discours publié par le site d’information Sudan Tribune: «S’ils sont d’accord et s’assoient avec nous, nous sommes prêts à les rejoindre et à dialoguer avec eux. Ils peuvent même décider de nous couper le cou et nous serions prêts à cela. Ce qui compte pour nous, c’est l’accord de tous les Soudanais, après quoi nous leur transférerons le « pouvoir confié » par le biais d’élections ou d’un accord national.» Cette déclaration survient alors que la situation politique semble totalement bloquée. En janvier, la junte militaire a appelé à tenir des élections en juillet 2023, ce que les civils ont immédiatement rejeté. Du reste, les principaux partis politiques et les forces révolutionnaires refusent tout dialogue avec les putschistes. Les Comités de résistance de Khartoum ont même annoncé mercredi que des «marches du million» seraient organisées tous les lundis de février, malgré la violence de la répression, alors qu’une médiation de l’Igad, l’organisation régionale est-africaine, avec le soutien de l’Union africaine, tente toujours de trouver une issue à l’impasse politique dans laquelle se trouve le pays. Malgré la relative prudence avec laquelle la communauté internationale a accueilli le coup d’Etat du 25 octobre, la situation économique se détériore avec l’isolement progressif de la junte. Et la répression, toujours aussi meurtrière, contribue à attiser encore davantage les tensions. Celle-ci a d’ailleurs été une fois de plus condamnée jeudi par Human Rights Watch (HRW) dans un nouveau rapport d’enquête. L’organisation de défense des droits de l’homme a notamment dénoncé le fait que, «enhardis par des années d’impunité et une réponse internationale douce à leur coup d’Etat, les chefs militaires soudanais ont commis de graves crimes contre des civils, sans aucunes conséquences.» De surcroît, des divisions se font jour désormais publiquement au sein des forces de sécurité face à la contestation populaire, notamment entre le chef de la police, le général Kabashi, et chef des Forces de soutien rapide, le général Hemeti, qui se sont affrontés verbalement et n’en font pas mystère. Enfin, les Etats-Unis ont ajouté un cran supplémentaire à la pression, mercredi, en évoquant la possibilité d’adopter des sanctions individuelles contre les hauts gradés soudanais, par la voix de la secrétaire d’Etat adjointe aux Affaires africaines, Molly Phee.

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