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Soudan. La guerre fait trembler toute la région

Dans la capitale, Khartoum, l’économie tourne au ralenti et des infrastructures ont été détruites dans les combats. Si jamais le conflit dégénère en guerre civile au long cours, les dommages causés à l’économie soudanaise vont rejaillir sur les pays voisins, alerte Moody’s. Dans une note publiée hier lundi, l’agence de notation financière met en garde les banques multilatérales régionales contre le risque d’abaissement de leur note en cas de conflit prolongé, car leurs créances sur le Soudan sont plus ou moins bien protégées.
La Trade and Development Bank, la banque de développement de l’Afrique de l’est, ou encore Afreximbank, basée en Égypte, sont par exemple citées comme les établissements exposés qui pourraient souffrir du conflit. Ces banques régionales sont aussi présentes au Tchad, en Égypte, en Éthiopie et au Soudan du sud, tous les voisins qui pâtiront par ricochet de cette guerre. Le soulèvement de la population contre le régime de Omar el-Béchir a, dans un premier temps, ramener les institutions internationales au chevet des Soudanais. Le FMI, la Banque mondiale, ainsi que les États-Unis ont alors promis des aides se chiffrant à près de 3 milliards de dollars.
Mais quand l’armée évince le Premier ministre de transition et s’empare du pouvoir, il y a trois ans, ces programmes de soutien sont alors suspendus. Les banques régionales deviennent les créanciers du pays pour notamment lui permettre de financer ses importations de nourriture ou de carburant. Le pays a fait sécession en 2011 en raflant au passage l’essentiel des réserves d’hydrocarbures. Le pétrole fournit 95% des revenus de l’État. Or ce pétrole est exporté via l’oléoduc qui traverse le Soudan jusqu’à la mer rouge. Les expéditions du port ont été perturbées quelques jours au début des combats. Une rupture totale de cette route du pétrole serait une catastrophe pour Juba. Mais aussi pour l’État soudanais qui touche les royalties. L’un des objectifs des forces paramilitaires de Hemedti, en guerre contre l’armée régulière du général al-Buhran, est précisément de couper cette route pour assécher le budget de cette armée car elle est le principal bénéficiaire des rentrées fiscales. Le Soudan du Sud va aussi supporter un afflux massif de réfugiés. Ou plutôt le reflux, puisqu’une partie de sa population est installée de l’autre côté de la frontière. La trêve qui a été acceptée hier soir par les deux parties va faciliter l’exode des habitants des zones de conflit. Au Tchad, où 20 000 Soudanais ont déjà trouvé refuge, les prix des denrées de base ont fortement grimpé dans les régions frontalières, rapporte notre correspondant. L’Égypte est aussi l’un des pays d’accueil prisé par les Soudanais.

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