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Rififi à Hydra

Hydra, dont la comparaison avec le Neuilly d’Alger n’est pas vraiment usurpée, tel un paon bourré d’orgueil, déploie sans décence ni retenue la suffisance et l’opulence qui n’effleurent jamais les rêves les plus osés des modestes gens de Diar el Mahçoul, El Harrach ou Bab el Oued. Perché sur les hauteurs de la capitale, le site hérissé de bâtisses cossues et éblouissant de reflets scintillants projetés par l’eau cristalline des innombrables piscines, toise avec une arrogance jamais dissimulée autant qu’il les maintient à bonne distance, les prétentions naïves et désespérément égalitaristes des algérois d’en bas. Hydra le fief, la stèle et le monument de l’ostentation, de l’apparat et de la gloriole. Là, comme un temple sacré dont le faste le situe aux antipodes de l’esprit des discours enflammés, dédiés naguère aux couches prolétariennes et orientés vers une consommation immodérée pour les besoins des doctrines populistes, trône l’édifice somptueux du parti du FLN. Pas celui de Ben M’hidi, de Boudiaf, de Didouche, de Aït Ahmed, de Ben Bella et d’autres noms illustres de la révolution, mais plutôt celui qui s’en est accaparé le prestigieux sigle, et réussi à illustrer de la façon la plus vile et alimenter à profusion les annales des scandales judiciaires à l’ère du reflux nauséabond qui n’en finit pas de suivre les vingt dernières années de règne de la mafia politico-financière, grâce aux agissements infâmes commis par des fripons de l’acabit des Ould Abbès et autres Saïd Saadani, tout cela à l’ombre d’un système garantissant de facto l’impunité à tout apprenti-servant qui démontrerait sa plus plate vassalité aux maîtres du pouvoir en place. Jeudi dernier on en est arrivé aux mains à l’intérieur même du siège de l’ex parti unique. Un spectacle lamentable donné par des énergumènes qui se réclament fièrement et sans honte des rangs de la première force politique du pays ! Rien que cela. La raison : affrontement musclé entre les pros et les contre le maintien de l’actuel secrétaire général. Ce n’est pas une nouveauté chez ce parti, rappelons-nous la bagarre générale qui a éclaté dans l’enceinte de l’hôtel Aurassi entre les troupes de Saadani et celles de Belkhadem pour le contrôle du leadership d’une session du comité central. Et encore, nous passons sur les batailles rangées qui éclatent à la base au niveau des mouhafadhate à l’occasion de la confection des listes électorales de toutes catégories. Ce n’était plus le débat entre performances intellectuelles, c’était les épreuves des coudes et des gros bras menées par des bandes de “baltaguias“, appelées à la rescousse pour qu’elles entrent vite en scène et livrent une lutte sans merci, pour la mainmise sur une salle de conférence et qui est devenue un théâtre d’hostilités ouvertes ! Voilà la piètre image que ça donne lorsque l’indigence des arguments est suppléée par la force des coups, lorsque la voix intelligente se tait sous la menace de la brutalité toute déchaînée. Que peut-on tirer de bon d’un parti sans cap politique réel, qui n’a en fait jamais été autre chose qu’une machine électorale mise à la disposition des clans jugés forts du moment et bénéficiant, pour ce faire, de moyens matériels et financiers considérables, au mépris de toute règle de neutralité qui devrait être la ligne de conduite intransgressible de toute administration qui se respecte. Pardonnez le glissement incontrôlé vers l’utopie.

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