Accueil » ACTUALITE » Réunion consultative entre les dirigeants de l’Algérie, Tunisie et Libye. Sécurité, stabilité et développement

Réunion consultative entre les dirigeants de l’Algérie, Tunisie et Libye. Sécurité, stabilité et développement

Rapprochement inédit de trois pays du Maghreb, une nouvelle approche sur le plan régional pour les observateurs. L’Algérie, la Tunisie et la Libye se concertent autour des questions stratégiques liées à la sécurité et à la stabilité dans la région. Les trois pays du Maghreb ont unifié leurs positions. Pour les observateurs des questions d’intérêt géostratégique régional, s’achemine-t-on vers un nouveau bloc maghrébin sans le Maroc, de plus en plus cloué vers l’isolement régional et international, à cause de sa position sur le dossier du Sahara occidental? Le président algérien Tebboune avait déclaré en avril, lors d’une intervention télévisée, que cette initiative n’était dirigée contre aucun Etat ou pays de la région et que la porte était ouverte à tous les pays notamment aux voisins de l’ouest pour adhérer à ce bloc, ce qui met en déroute l’hypothèse véhiculée par certains spécialistes comme quoi le Maroc n’est pas concerné. C’est uniquement un nouveau bloc voire un nouveau cap dans le Maghreb, sans visée ni prétention aucunes. L’Algérie qui garde la porte ouverte au dialogue avec tous ses voisins comme le répète à chaque fois son MAE, M.Attaf, a de quoi gagner et tirer comme bénéfices de son statut de pays interlocuteur, médiateur et régleur des crises. C’est dire combien sont devenus importants les dossiers de la sécurité, la stabilité et le développement pour ces trois pays en question du Maghreb. Pour le moment, le rapprochement entre l’Algérie, la Tunisie et la Libye continue son chemin mais il pourrait prendre de la profondeur voire un nouveau cap. La Tunisie a organisé sur son sol une réunion des dirigeants de trois pays du Maghreb avec l’espoir d’étudier une reconfiguration du Maghreb ou penser à une coalition réduite selon les affinités du moment, pour mieux appréhender l’avenir. N’empêche qu’aux yeux de l’Algérie, ce rapprochement ne vise aucun pays ou Etat de la région, bien au contraire, l’initiative n’était destinée contre aucun pays du Maghreb.
La réponse, on la saura dans le communiqué final sanctionnant la tripartite maghrébine du 22 avril 2024. Cette réunion sera périodique et sera dévouée aux relations bilatérales. Les dirigeants de l’Algérie, de la Tunisie et de la Libye ont souligné, à l’issue de leur 1ère Réunion consultative tenue, lundi à Tunis, la nécessité d’unifier les positions et d’intensifier la concertation et la coordination pour renforcer les facteurs de sécurité, de stabilité et de développement dans la région et accroître sa résilience face aux mutations régionales et aux crises internationales successives. Dans le communiqué final du « Sommet de Tunis », les dirigeants des trois pays frères, à savoir les Présidents M. Abdelmadjid Tebboune, M. Kaïs Saïed et M. Mohamed Younes El-Menfi, réunis au Palais de Carthage, sont convenus de « l’organisation périodique de cette réunion, en alternance entre les trois pays afin de hisser les relations bilatérales privilégiées qui lient chaque pays à l’autre vers une nouvelle étape qualitative axée, au-delà du cadre bilatéral, sur la réflexion et l’action collectives ». Ils ont réaffirmé leur conviction commune quant à « la nécessité d’unifier les positions et d’intensifier la concertation et la coordination pour renforcer les facteurs de sécurité, de stabilité et de développement dans toute la région et accroître sa résilience face aux mutations régionales et aux crises internationales successives d’ampleur dont les répercussions ne peuvent être affrontées par aucun pays individuellement », outre « le besoin urgent pour les trois pays d’avoir une voix audible unifiée et une présence influente et effective dans les différents espaces d’appartenance régionaux et internationaux ». Les dirigeants des trois pays ont mis en avant « leur pleine disponibilité à s’ouvrir à toute volonté politique sincère et crédible qui partage les mêmes priorités communes constructives pour promouvoir et enrichir cette action collective commune et approfondir l’entente et la coopération au service de la sécurité, de la stabilité et du développement dans la région qu’il convient de mettre à l’abri de la politique des axes et des dangers des ingérences étrangères ». Ils ont souligné « l’attachement des trois pays à l’indépendance des décisions nationales, émanant de la volonté de leurs peuples respectifs, leur souci d’établir des relations avec les autres pays et blocs régionaux et internationaux, dans le cadre du respect mutuel et de la non-ingérence dans les affaires intérieures, et leur attachement à un ordre international multipolaire prônant la coopération, la solidarité, la justice et l’équité dans les relations internationales et l’égalité de tous devant le droit international ». Ils ont insisté sur la nécessité « d’étendre cette concertation et cette coordination, au-delà des dossiers politiques, à tous les domaines du développement socioéconomique au profit des peuples des trois pays, en vue de réaliser leurs aspirations légitimes à la stabilité, la prospérité et l’intégration ».
Ils ont également « exprimé leur rejet total des ingérences étrangères dans les affaires libyennes et leur soutien aux efforts visant à parvenir à l’organisation des élections à même de préserver l’unité et l’intégrité territoriale de la Libye et de garantir sa sécurité, sa stabilité et sa prospérité , tout en soulignant le rôle pivot des pays voisins de la Libye en soutien aux autorités libyennes dans le processus de restauration de la stabilité et de la sécurité et dans les efforts de reconstruction ». Le communiqué final « condamne avec force les violations quotidiennes flagrantes, les crimes de guerre et le génocide commis contre le peuple palestinien frère, réitérant l’appel urgent à la communauté internationale pour que soit immédiatement mis fin à l’agression barbare, pour la levée totale du blocus imposé à la bande de Ghaza afin de permettre l’acheminement des aides alimentaires et médicales et la poursuite en justice des dirigeants de l’occupation pour leurs crimes ». Les trois dirigeants ont, à cet égard, affiché « leur soutien constant à la résistance du vaillant peuple palestinien pour le recouvrement de tous ses droits historiques légitimes et l’établissement de son Etat indépendant pleinement souverain avec El-Qods comme capitale, ainsi que leur soutien inconditionnel au droit de l’Etat de Palestine de devenir membre à part entière de l’ONU ». Les dirigeants des trois pays ont également « mis en garde contre le danger des interventions étrangères dans la région sahélo-saharienne et leurs répercussions sur la paix dans les pays de la région et dans le monde » .Ils ont également insisté sur la nécessité pour « l’action arabo-africaine commune d’assumer sa responsabilité et son rôle dans le cadre des efforts onusiens visant à mettre un terme à la souffrance sur le plan humanitaire exacerbée du peuple soudanais frère et à imposer la cessation des hostilités et le renoncement à la violence au profit du dialogue comme moyen pour régler la crise au Soudan, tout en préservant ses capacités, sa sécurité, sa stabilité et son intégrité territoriale ». L’accent a également été mis, dans le document, sur la nécessité « d’approfondir davantage les consultations et l’échange d’analyses, d’évaluations et d’informations sur le phénomène du terrorisme, la traite des êtres humains, le trafic de drogue et le crime organisé, en vue de protéger la région de ces fléaux ».
A la lumière des menaces et des défis auxquels sont confrontés les trois pays du fait des mutations en cours dans la région et dans le monde, et afin de renforcer la coopération et d’activer les efforts conjoints visant à renforcer la capacité de leurs peuples à faire face aux répercussions de la crise économique mondiale, notamment en matière de sécurité hydrique, alimentaire et énergétique, les trois dirigeants sont convenus de « créer des groupes de travail conjoints chargés de coordonner les efforts visant à protéger les frontières communes contre les risques et les conséquences de la migration irrégulière et les autres manifestations du crime organisé ». Ces groupes de travail seront également chargés de « mettre en place une approche participative pour le développement de ces régions. Il a également été convenu de « créer un groupe de travail conjoint chargé d’élaborer des mécanismes permettant de mettre en place des projets et des investissements conjoints d’envergure dans des domaines et secteurs prioritaires, tels que la production de céréales et de fourrage et le dessalement de l’eau de mer, ainsi que d’autres projets et programmes de coopération visant à assurer la sécurité hydrique et alimentaire des trois pays ».

À propos B.HABIB

Laisser une réponse

Votre adresse email ne sera pas publiéeLes champs requis sont surlignés *

*

x

Check Also

Des mégaprojets et des investissements attendent leur finalisation d’ici 2027. L’Algérie bientôt sur le podium des puissances économiques

L’Algérie se métamorphose depuis 2019 ...

Campagne nationale de Pêche du thon rouge. Oran participe avec plus de 116 tonnes et 02 navires thoniers

Pas moins de 116, 4723 ...

Le paysage préélectoral s’installe progressivement. Course à la présidentielle

La décision du Président de ...

Coup d’envoi du Recensement général de l’Agriculture 2024. Le wali insiste sur la sensibilisation autour de l’évènement

C’est sous le thème «données ...

Un décret concernant la construction automobile modifie et complète un précédent, publié au Journal officiel. Et ça repart !

Quelle sera au fait la ...