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Réhabilitation des vieux quartiers. Eclairages sur divergences de points de vue

Dans la dernière édition de la page Carrefour de Mostaganem, nous avons publié un article qui traite du sujet de la réhabilitation des vieux quartiers de la ville. Comme nous nous y attendions et même le souhaitions, les réactions n’ont pas manqué de se produire et nous voulons que soient remerciés tous ceux qui ont contribué à alimenter ce débat. Bien évidemment, nous n’espérions pas une adhésion totale au point de vue développé sur ces mêmes colonnes, ce qui aurait été franchement insipide et complètement stérile. Aussi, nous aimerions apporter ci-dessus quelques éclaircissements, non exhaustifs bien entendu, mais plutôt ciblés sur des interventions qui laissent entendre qu’il y a nécessité de faire réhabiliter entièrement les trois quartiers de Tigditt, Tobbana et Derb, qui ne sont pas des moindres à Mostaganem, uniquement par les soins des pouvoirs publics. Pour en venir à l’essentiel, le fait est que penser ou espérer que l’Etat va prendre en charge cette opération dans sa globalité, sans aucun concours des propriétaires des vieilles bâtisses, relève soit d’une vue de l’esprit aggravée par un manque de réalisme évident, soit d’une simple pulsion engendrée par un désir mal dissimulé de s’ériger en porte-flambeau autoproclamé des causes nobles. Certes, le monde va aujourd’hui trop vite pour de telles convictions et désidératas, cernées toutefois beaucoup plus dans le champ individuel que portées par un réel élan collectif et consensuel. En cette occasion, nous franchirons bien le pas pour altérer à notre corps défendant, la ténacité présumée d’un adage assez dominant dans la croyance collective, en osant dire qu’il ne suffit pas de vouloir pour pouvoir ! Pourtant les faits sont là. Ils choquent notre vision et agressent nos sensibilités. Ils narguent notre amour propre et défient nos capacités à réagir. Ils ignorent notre détresse mentale et se moquent de notre tourment depuis des décennies. Les décombres de Derb sont encore là depuis trente ans, et trônent impudemment devant notre affliction. En quoi cela a-t-il affecté le moins du monde les innombrables vagues de responsables qui sont passés à Mostaganem depuis lors ? Et d’ailleurs, au nom de quelle logique devrions-nous attendre encore et indéfiniment une sorte de compassion de leur part ? Quand comprendrons-nous enfin que l’on n’est «jamais mieux servi que par soi-même»? Tous les indicateurs de l’époque que nous vivons s’acharnent à nous rappeler que le temps de l’assistanat dans tous les domaines est bien révolu, et l’état de ruine de nos quartiers dévastés ne constituent de toute évidence aucune priorité pour les autorités, n’en déplaise à celui qui croit toujours en une action salvatrice généralisée de leur part. Qu’a-t-on fait à Sidi Mejdoub, à plateau marine et à couchant-ville pour ne parler que des dernières destructions ? Quant au clivage tradition ou modernisme, eh bien nous déclarons haut et fort que nous optons également pour la seconde alternative. Le souligné témoigne de notre attachement nous aussi à la préservation des monuments emblématiques et de tous les vestiges qui racontent l’histoire de Mostaganem. Ce serait un atout supplémentaire de grande portée pour la valorisation du tourisme et de ses répercussions économiques positives, que nous n’aurons de cesse de soutenir, cela va sans dire. Mais cela ne diminue en rien notre fervente aspiration à voir Mostaganem se transformer en une ville émancipée et développée, dotée de toutes les infrastructures requises: hôpitaux bien équipés, université performante, gare ferroviaire du 21ème et non pas du 19ème siècle, aérodrome opérationnel, lignes maritimes de voyageurs, des complexes touristiques là où ça peut se construire sans impact négatif sur l’environnement tout le long de nos 120 Km de côtes, qui offriraient des milliers d’emplois, et rendraient ainsi l’espoir à nos jeunes qui ne voient pas encore se profiler leur avenir. Nous ne nous offusquerons pas non plus de voir un jour commencer à s’élever des tours d’affaires ou d’habitations, jalonnant le parcours de la façade maritime de la ville qui se dresserait comme un repère depuis l’horizon, si la perspective de leur réalisation devait être l’enclenchement d’un redémarrage socio-économique tous azimuts. Il serait odieusement égoïste à l’égard des générations futures de nous cloîtrer dans le confort actuel du tout petit, tout doux, tout pépère. Si aujourd’hui l’on est incapable de discerner les contours de l’avenir, demain il sera inutile d’envisager de défier les nouveaux temps.

À propos A.Benani

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